VARIÉTÉS ET CARACTÈRES DES TROUBLES MOTEURS
Ces paralysies s’expliquent aisément par la compression qu’exercent les tumeurs volumineuses sur les irradiations motrices de la capsule interne, ainsi qu’on peut très bien le constater sur la figure de Ballet, où l’hémisphère entier a subi un aplatissement considérable 1 (voir fig. 82).
i) Variétés et caractères des troubles moteurs dans les
TUMEURS DU LOBE FRONTAL
La déduction qui s'impose, à la suite de cette étude sur la localisation des tumeurs dans les lobes frontaux, c’est que les troubles moteurs y sont beaucoup plus fréquents qu'on ne le suppose communément-, qu’ils y apparaissent sous de nombreux aspects, tantôt sous la forme convulsive, tantôt sous la forme parétique, ou même paralytique.
Ces troubles moteurs sont les uns spéciaux à la région frontale (tronc, tète, cou, yeux, etc.); les autres sont le résultat d’une action de voisinage sur la région motrice, ou sur la capsule interne .
Les caractères les plus généraux qui peuvent aider à les différencier des troubles moteurs propres à la zone rolandique tiennent à ce que, dans nombre de cas, ils sont tardifs, — variables, — intermittents, — moins accentués, que dans les lésions de la région motrice.
Ils sont, dans nombre de cas, accompagnés ou précédés de troubles psychiques importants, sur lesquels nous devons maintenant insister quelque peu.
j) Troubles psychiques.
Les troubles psychiques des tumeurs frontales apparaissent sous trois aspects : tantôt ils ne sont que l’épanouissement et l'exaltation des phénomènes du syndrome-, — tantôt ils s’établissent à l’état de psychoses vraies ; — tantôt ils offrent des particularités caractéristiques.
1° Torpeur cérébrale.
Dans le premier cas il s’agit uniquement de la diminution lente et progressive de toutes les fonctions cérébrales : intelli-
1. Dupré et Devaux, Endolhéliome du volume d’un œuf, du poids de 110 or (IconoQr. cle la Salp., 1901, p. 13); Ceslan et Lejonne (fieu, de neural.. 1001, p. 816); Ballet cl Dclille ( Iconogr . Salp., 1902, p. 207); O. d’Alloco (lieu. de. neuroL, 1902, p. 861). — Voir aussi Cuylils (Bull. Soc. med. ment. Beloiaue fév. 1P03). ‘ ’
DU H ET
TUMEURS DES LOBES FRONTAUX
gence, mouvement, sensibilité; c’est la torpeur cérébrale , propre à toutes les tumeurs, que nous avons décrite à propos du syndrome (voir fig. 83).
La diminution de l'intelligence se traduit, ordinairement, par la perte progressive de la mémoire, de l’attention, par la lenteur des
Fig. 83. — Torpeur cérébrale (Raymond).
conceptions, la lourdeur de la pensée, la lenteur de la parole, l’apathie, l’indiflérence, et un état d’obnubilation et de somnolence ; en même temps survient un affaiblissement des sensations, des impressions émotives, et une faiblesse croissante des mouvements. L’observation de Dupré et Devaux est un bel exemple des troubles psychiques, dans les néoplasies cérébrales, en même temps que de leur marche rapide; et quelques traits particuliers paraissent propres aux tumeurs du lobe frontal ou voisines : « Le malade, calme et inactif, passe scs journées dans une attitude d’indifférence, de torpeur, d’hébétude, dont on ne