Brissaud, Leçons cliniques, t. II, P
de la bouche, de la langue, et quelquefois des masticateurs. — Pour les autres, c’est le cap, et la partie postérieure de l1 , quelquefois ïinsula, qui sont en question; et il existe des troubles du langage. — Dans nombre de cas, les altérations néoplasiques envahissent simultanément les deux régions.
1° Centres de la face. — Région des caps et des opercules.
Les observations de tumeurs n’intéressant que les centres faciaux sont rares; le plus souvent, le bras est en même temps atteint. Ce fait montre, une fois de plus, la grande extension corticale du centre brachial.
Martinez Vargas, cité par Brissaud, observa un cas de paralysie faciale avec paralysie de la langue, chez un enfant de quatorze ans, pour un tubercule de l’opercule rolandique gauche1.
Le cas de Mac Ewen, relaté dans la thèse d’Auvray, est aussi un exemple de localisation exacte : il s’agissait d’un jeune homme de vingt-deux ans, ayant jusqu’à cent accès dans les vingt-quatre heures de convulsions épileptiformes, limités aux muscles de la moitié droite de la face et au peaucier du même côté. On fit l’ablation d’un kyste, gros comme une noisette, logé dans la substance grise et blanche de la partie inférieure de la frontale ascendante; guérison2.
Dans une de ses cliniques, Raymond relate l’histoire d’une femme de trente-neuf ans, qui, pendant un certain temps, ressentit des tiraillements dans la langue, dans la face, eut la parole embarrassée, fut atteinte d’une paralysie faciale gauche des plus nettes, avec la langue fortement déviée à droite, tandis que la salive s'écoulait par la commissure gauche, en abondance; il diagnostiqua une tumeur localisée dans les centres facmux, près de ceux du bras (à cause de certains phénomènes inhibitoires dans le membre supérieur). A l’autopsie, on trouva précisément un gliome situé dans la région operculaire, au-dessous de l’extrémité de la scissure rolandique (voir fig. 107, 108).
L’enfant de dix ans et demi, opéré par Reynier, longtemps avant l’intervention, eut des sensations de picotements autour de la bouche, accompagnées de pâleur de la région, puis des picote-
1. Dans les. néoplasmes de cette région, on n’observe guère de paralysies pseudo-bulbaires (labio-glosso-laryngée cérébrale), parce que, pour les' produire, les lésions doivent être bilatérales-, mais certains symptômes indiqués, tels que les accès de rire et de pleurs spasmodiques, la tendance au larmoiement, la perte de la salive, et les troubles de la parole et de la déglutition, sont sous la dépendance de lésions analogues.