Babinsky, Rev. de neurol., 1901, p
IL Chesneau (Chir. Ophtalm ., 1901, et Rev. de neurol., 1902, p. oOI).
4. Adamkiewicz, La soi-disant papille étranglée, et sa videur comme si?ne d’augmentation de la pression intracrânienne {Zed. fur ldi n. Médian 1S99 Bd XXVIII, p. 28, et Rev. neurol., 1890, p. 112).- L’auteur allemand attribue les .Itérions' papillaires ù l'action trophique des centres ner.eux de l’organe de la vision. Il propose d’appeler désormais « la Stauungspapille . névrite optique neuroparalytique, ou papille œdémateuse.
papille : s’il y a eu stase veineuse, il ne s’est agi que d’un phénomène transitoire, sans importance.
Enfin, les faits cliniques sur lesquels nous appellerons bientôt l’attention laissent prise au doute : car, parfois, ces troubles papillaires manquent dans les grosses tumeurs des hémisphères, les plus capables de produire des phénomènes de compression; et au contraire, dans quelques cas, s’accusent, alors qu’il s’agit de très petites tumeurs.
2° Théorie toxi-infectieuse.
La théorie toxi-infectieuse repose sur ce fait expérimental que : si, par les compressions artificielles exercées sur le cerveau, on ne peut reproduire, chez les animaux, l’œdème papillaire tel qu’il est en clinique, celui-ci survient facilement, au contraire, si l’on pratique dans le crâne des injections infectieuses.
Leber, au Congrès de Londres, en 1881, fit remarquer que la tuberculose méningienne s’accompagne d’œdème cérébral, d’hydropisie ventriculaire, et d’œdème papillaire, comme les néoplasmes encéphaliques, et émit l’idée que, sans doute, dans ce dernier cas, les lésions observées dans l’œil avaient aussi leur origine dans des germes infectieux, transportés avec le liquide céphalo-rachidien jusque dans les gaines optiques.
En 1887, Deutschmann recherche expérimentalement la réalité de cette hypothèse, par des injections intracrâniennes de pus tuberculeux : trois semaines après, il vit se déclarer un gonflement papillaire, qui, après un laps de temps égal, se termina par une névrite atrophique. — Parinaud avait déjà fait cette démonstration.
Mais, en est-il de même dans les tumeurs? Deutschmann prétend que le liquide céphalo-rachidien charrie jusque dans les gaines optiques des bactéries et des toxines, mais il oublie de nous dire quelles espèces bactériennes produisent les tumeurs; il néglige de nous en déceler la présence dans les gaines du nerf ou dans la papille. Les névrites optiques, qu’il produit dans ses expériences, ont une évolution aiguë, aboutissent en quelques semaines à l’atrophie : l’œdème papillaire des néoplasmes met un temps considérable avant de produire de tels effets, et souvent même n’occasionne pas d’altérations profondes. — Comment, d’ailleurs, avec la théorie bactérienne, engendrant l’inflammation et la sclérose, expliquer la guérison spontanée, et les effets heureux et rapides des trépanations décompressives?
On a répondu que celles-ci, comme la laparotomie dans la péritonite tuberculeuse, empêcheraient l’évolution des germes.
Rochon-Duvigneaud fait observer que les tumeurs intraocu-
laires ne produisent pas la papilli te, alors qu’elle survient presque constamment dans les tubercules ou les gommes des procès ciliaires, où elle s’accompagne d’exsudats inflammatoires abondants. Pourquoi les tumeurs de l’œil auraient-elles seules le privilège de n’avoir pas de bactéries?
Nous savons, d’autre part, d’après les importantes recherches d’Elschenig, qui a examiné, à ce point de vue, 21 cas de tumeurs cérébrales, que, dans tous les cas, sauf un, il a rencontré des lésions de névrite optique, caractérisées surtout par des foyers diffus, un maximum de sclérose, au niveau du canal orbitaire. Ces névrites sont, selon lui, le résultat de l’irritation produite par la pénétration du liquide céphalo-rachidien infectieux ou irritant (Théorie chimique de Leber) h
Sourdille oppose les' résultats de ses recherches, très précises : dans la plupart des cas de Stauungspapüle qu’il a examinés histologiquement, il a purement et simplement constaté, comme a/tération prédominante, la distension œdémateuse ; lorsque les lésions sont anciennes, on trouve une multiplication très marquée des cellules névrogliques des faisceaux du nerf, mais jamais les infiltrations leucocytaires , qui sont le caractère spécifique des infections. Or, ces scléroses névrogliques sont le résultat d’un tassement de la névroglie, causé par l’atrophie des éléments nobles, des tubes nerveux, dont la myéline a disparu; ils se voient dans tous les cas de dégénérescence des faisceaux nerveux.
Malgré ces objections, importantes d’ailleurs, la théorie microbienne ou toxi-infeclieuse des tumeurs cérébrales ne nous semble pas à rejeter entièrement : nous montrerons, plus loin, qu’elle joue parfois un rôle important, dans les effets à distance, produits par les néoplasmes, et dans les phénomènes secondaires.
3° Théorie de T œdème papillaire par rétention lymphatique due à l'œdème cérébral.
Parinaud en est l’auteur1 2, et il a été suivi par Rochon-Duvigneaud et Sourdille.
Ayant constaté que les injections colorées (bleu de Prusse), faites dans le crâne des lapins, pénètrent dans les ventricules cérébraux, dans les espaces sous-arachnoïdiens, et dans les gaines des nerfs optiques, mais ne produisent pas l’œdème de la papille, il a pensé que celui-ci devait avoir une autre cause que Thyper-
1. Elschenig, Uber die palhologische Anatomie und Palhogenese des Sogenanten Stauungspapille (Von Græfe, Arch., XII, 2, p. 1 19, 293 et Rev. gén. d’Ophlalm., 1895, p. 498).
2. Parinaud, Thèse Paris, 4 877, et Annales d'oculistique, 1879 et 1S95.
tension. Il l’étudia, plus spécialement, dans la méningite tuberculeuse, et dans les tumeurs cérébrales : dans 14 cas de méningite tuberculeuse et 1 cas de tumeur cérébrale, où il rencontra
MM
Fig. 2. — Coupe transversale du nerf optique et de ses gaines, fortement dilatées par l’oedème sous-arachnoïdien (Rochon-Duvigneaud); — p. m., pie mère; — t. s. ai-., tissu réticulé sous-arachnoïdien, siège de l'œdème; — ai-, arachnoïde, refoulée par les' clous de la dure-mère (p. <1. m.). qu'elle revêt comme d'une gaine isolante; — cl. m., dure-mère; — f. u., faisceaux nerveux périphériques du nerf optique, dans lesquels là disparition presque complété de la myéline est révélée par l’absence de coloration noire.
Le nerf est fortement diminué de volume, par suite de l'atrophie incomplète, mais prononcée, de ses éléments nerveux. Bien que les faisceaux centraux du nerf optique renferment encore assez do myéline, pour avoir conservé la coloration noire caractéristique, il s en faut que toutes leurs libres nerveuses soient conservées.
l’œdème papillaire, il trouva, en môme temps, de l’hydropisie ventriculaire, et de l’œdème sous-arachnoïdien; au contraire, dans 5 cas (4 méningites, 1 tumeur) où l’œdème pupillaire était absent, il n’existait pas d’hydrocéphalie. Il vit, dans celait, une relation de cause a ellèt, et admit que l’œdème de la papille est lié à
la coexistence de l’œdème cérébral. Sur le mécanisme même de
l’œdème papillaire, il est peu explicite : il rejette l’hypertension, comme un facteur non indispensable, puisque dans les tumeurs de l’orbite, on observe de yD l’œdème papillaire, et 2 cependant le liquide eéc phalo- rachidien n’intervient pas. Le nerf optique, dit-il, est une dépendance du cerveau; V œdème cérébral, produit une gêne lymphatique, qui s'étend jusqu’au nerf'. Il y a œdème du nerf, parce qu’il y a œdème du cerveau. L’atrophie, qui survient dans la seconde phase (névrite optique), est analogue à la phase atrophique et scléreuse, qu’on observe dans les membres, à la suite des œdèmes d’origine cardiaque ou rénale. Point n’est besoin de faire intervenir l’action microbienne : la stagnation du sérum est la cause irritante.
Ainsi que le fait remarquer Rochon-Duvigneaud,
t'j„ 3, Coupe longitudinale du nerf optique, avec dilatation de ses gaines (Rochon-Duvigneaud); — p. m., la pie-mèi-R optique épaissie, par suite de la rétraction atrophique du nerf. (, s. ar., tissu sous-arachnoïdien dilaté par l'œdème; — ar, la gaine arachnoï-
dienne, fine membrane conjonctive d’un tissu dense et résistant, a surface externe lisse, glissant sur la gaine durole, h surface interne donnant insertion au tissu réticulé sous-arachnoïdien, ici développé et. révélé par l'œdème, et allant d'autre part se continuer avec la pie-mère. On voit que l’arachnoïde est refoulée, de place en place, par des colonnes conjonctives en forme de cloua, qui, émanées de la dure-mère, dépriment l’arachnoïde pour aller se fusionner avec la pie-mère. Elles jouent lerèle de point de suture , assurant 1 homogénéité du système feuilleté des gaines optiques. L’arachnoïde, en se fusionnant avec la pie-mère au niveau de la lame criblée, ferme, en ce point, l’espace sous-arachnoïdien, et constitue un véritable cul-de-sac ferme.
d. 7 n., çaine séparée de l’arachnoïde par un espace virtuel, et nullement tapissée à sa face profonde, par un feuillet spécial, qui représenterait le feuillet pariétal de l’arachnoïde ; — s. c. I , sclérotique ; — ch, choroïde; — r, rétine ; — a, artère centrale, dont la gaine conjonctive est sclérosée ; — p, le tissu papillaire épaissi ; — I. c., lame criblée —cl., cloison conjonctive, séparant les faisceaux du nerf optique; — /'. n., fibres nerveuses.
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le glaucome, qui est lui-même lié à des hypertensions et à des rétentions de liquides, produit des altérations scléreuses dans l’excavation de la papille, des synéchies dans la chambre antérieure, et il n’est pas de nature microbienne. L’œdème de la