TUMEURS RU LOBULE PARIÉTAL SUPERIEUR
lui faisaient demander à son médecin de redresser sa jambe, « qu on lui avait tordue, prétendait-il ». En outre, bien qu il n’existât pas le moindre degré de parésie, le sens musculaire était totalement perdu, à tel point que le malade ne savait plus où se trouvait sa jambe, lorsque, lui ayant fermé les yeux, on la déplaçait. 11 mourut eu état de mal, et on trouva un petit tubercule, du volume d’un pois, dans le pied de P *, tout près de son insertion à Pa '.
A propos de la symptomotologie générale des tumeurs encéphaliques, nous avons indiqué que, d’après beaucoup d’auteurs,
.Fig. lli. — Tubercule solitaire du lobule pariétal supérieur droit (Magalhaès Lemos).
la zone sensitive corticale, dépasse nettement en arrière la zone motrice , et, en particulier, s’étend sur le lobule pariétal supérieur (Nothnagel, Flechsig, Bechterew, Raymond, etc.). D’autre parts à propos des néoplasmes de la zone rolandique. nous avon, établi un tableau des cas de tumeurs des lobules pariétaux, ayant produit des troubles de la sensibilité.
A ces phénomènes moteurs des membres, à ces troubles de la sensibilité superficielle et profonde, peuvent se joindre, dans quelques cas, des troubles de l'incoordination, de la titubation, qui font penser, au moins transitoirement, à une altération cérébelleuse. — Il en était ainsi dans une observation de Raymond, où
I. Magclliafcs Lemos ( Iconograph ., Salpêtrière, 1898, p, 20).
TUMEURS DU LOBE PARIÉTAL
chez une jeune femme âgée de vingt-deux ans, on trouva un kyste pathologique volumineux du centre ovale, probablement d’origine tuberculeuse, ayant détruit le tiers supérieur de Fa, Pa, et tout le lobule pariétal supérieur (fig. 115, 116). Il y eût, en définitive, une hémiplégie avec contracture des membres gauches, une hypoesthésie correspondante, et une atrophie des nerfs optiques, surtout du côté droit. Cette dernière lésion s’expliquait par l’hydropisie ventriculaire très accentuée. Il n’y eût jamais de convulsions. Mais le fait, qui nous intéresse, consistait en ce que,
Fig. 115. — Kyste pathologique, probablement d'origine tuberculeuse, occupant la partie supérieure de Fa, Pu, et ayant détruit tout le lobule pariétal supérieur. Phénomènes d'ataxie cérébelleuse (Raymond).
pendant une longue période du début (l’évolution avait duré dix-huit mois), il y eut de la titubation , de Y incoordination motrice du membre inférieur surtout , très accusée', dès que la malade essayait de marcher, la jambe gauche était projetée dans tous les sens. Ce phénomène était si prononcé que, parmi diverses hypothèses, Raymond émit celle de l’existence d’une tumeur cérébelleuse, voisine de la face inférieure du cervelet, et comprimant les faisceaux moteurs et sensitifs, dans la traversée de la protubérance, près de son bord supérieur. De violentes névralgies sus-orbitaires avaient coexisté au début, et semblaient indiquer une compression de la Ve paire, voisine du siège supposé du néoplasme. En réalité, l’autopsie établit que l’hypothèse d’une lésion du centre ovale, dans la partie de la région motrice correspondant au membre inférieur ou aux fibres qui en partent, était la seule véritable. Comme nous l’avons d’ailleurs indiqué, la titubation, l’incoordination
TUMEURS DU LOBULE PARIÉTAL SUPÉRIEUR
motrice peuvent s’observer dans les tumeurs de la région rolandique, su rtout dans la partie qui correspond aux centres des membres inférieurs : il est rare, d’ailleurs, qu’elles soient aussi prononcées, aussi persistantes, que dans les cas de tumeurs du cervelet1.
Fig. 116. — Coupe horizontale et antéro-postérieure du kyste précédent, passant par BB'. (Raymond). — Th, couche optique; — VI, ventricule latéral, dont on voit la corne sphénoïdale Vs, très dilatée ; — CI, Capsule interne, — Fj, F2, F3. circonvolutions frontales ; — R, scissure de Rolando ; o, scissure de Sylvius; — Tj, première temporale; — P2, P2 deuxième lobule pariétal.
En résumé : les tumeurs du lobule pariétal supérieur s’annoncent par des troubles de la sensibilité superficielle, et surtout. profonde, et quelquefois par des monoplégies des membres