TRAITEMENT PALLIATIF DES TUMEURS DE LA VESSIE
(les malades, en ayant soin d'indiquer si cette survie correspond à la i;-u(''rison n'^elle des malades ou s'il y a eu récidive ou mort dans un d(''lai plus ou moins éloigni''.
Malgrr le détail de cette statistique je m'empresse de dire que, à mon avis, elle ne signifie pas grand'chose, comme d'ailleurs toutes les statistiques chirurgicales qui ont trait à des résultats opératoires. Eu efTet, ([uelque nombreuses cpie soient les divisions établies, on ne peut jamais additionner que des cas dissemblables. Souvent encore les observations sont publiées peu de temps après l'opération et des malades passent pour être guéris qui sont morts deux ou trois mois après l'acte opératoire ; j'ai pourtant compté dans la colonne des morts tous les malades qui n'ont pas survécu au moins trois mois à l'opération. D'un autre côté on ne peut juger d'après les statistiques de la gravité d'une opération par rapport aux autres, parce que ces différentes opérations ne sont pas appliquées à des cas semblables : c'est ainsi par exemple que la résection partielle de la vessie de dehors en dedans a été surtout appliquée à de très gros néoplasmes, tandis que la résection de dedans en dehors n'a été employée que dans les cas les plus simples.
Malgré toutes ces imperfections inhérentes à toute statisticjue je transcris ici celle que j'ai établie.
Statistique des résultats opératoires obtenus par la taille hypogastriqne sans résection de la vessie, suivant la nature de la tumeur et l'âge des malades.
/GuL'i'is 18
\ t 1 (le 6 iiiuis
De 20 ;'i 50 ans. Récidives 3
2 de 1 à 2 ans.
Morts »
Polîmes bénins. , , „ . .
o^ ■ ■ 1 ( Guens lo
^ . .y . ( De 50 à G5 ans. Récidives 4 - J»^ ^ -' - ='"^-
9 ■■^^"•'vt^s. \ Kec-idn os ^ j 2 de 3 à 4 ans.
3 morts. | \ Morts 3
; Guéris 3
Plus de 65 ans. ) r^^jj;,.^., 2 Les 2 de 1 à 2 ans.
/ Morts »
SÏATISÏIQUIL DES HESULTATS OPEIÎATOIRES
/ Guéris 7
De 20 à 57 ans. / Récidives 10 (
( \ Morts 10
/ Guéris 10
Cancers.
23 guéris. / 31 récidives- 43 morts.
1 à 3 mois 4
3 à 6 mois 4
6 mois 1 an. . . . 1
1 an 2 ans 1
1 à 3 mois 5
3 à 6 mois 4
De 50 à 65 ans. j Récidives 17 ,' 6 mois 1 an . . . 1
1 / 1 an 2 ans 5
3 ans 4 ans.
\ Morts 25
( Guéris (5
65 ans et au delà. < Récidives 4 •
Morts 8
3 mois
6 mois 1 ai!
Ces deux premiers tableaux nous enseignent le résultat opératoire de la taille hypogastrique sans résection de la vessie, et, en les consultant, on se rend compte de la gravité plus grande de l'opération dans les cancers (43 morts sur 97 opérés) que dans les polypes bénins (3 morts sur 48 opérés). Ce résultat, si différent pour les deux variétés de néoplasmes épithéliaux, montre bien que la taille hypogastrique en elle-même ne présente guère de dangers et que ceux-ci sont inhérents à la maladie pour laquelle on opère et non à l'acte opératoire. Je dirai même, contrairement à ce que montre la statistique, que dans les cas d'épithélioma, alors même que la tumeur est très considérable, la mort ne doit pas toujours être imputée à l'opération. Un bon nombre des mauvais résultats que j'enregistre sont dus à la profonde anémie du malade, à des tentatives peu prudentes dans les cas qui ne sont justiciables que du traitement palliatif, ou encore à la défectuosité de la technique opératoire.
Un facteur dans la gravité opératoire qu'on néglige, je pense, un peu trop, est la longueur de l'acte opératoire. Il ne faut pas oublier en effet que les malades que nous opérons pour tumeur de la vessie sont souvent très épuisés par la perte de sang ou par l'infection urinaire et que nous devons nous efforcer de les tenir sous le chloroforme le moins longtemps possible. Sans tout sacrifier à la vitesse
ALEARRAX.
402 THAiTi'MKNr PAii.iATir Dts TUMEiiis ni; I.A VI.SSIE
on peut ne pas li'op |iniloiinor une (i|)('Tati(iii aussi l)ien r(''<^'li''C (juo l'est aujourd'hui la laillc liv|)ooaslri(|U(\
Un fait intéressant, qui ressort de nos tableaux, est la grande fréquence des récidives. Sur 54 cancéreux survivants, 31 ont vu la récidive survenir dans un di'dai (|ui n"a (h'^passi' 2 nu .'! ans (|Ue dans 2 observations, et même dans la classe des polypes bénins nous voyons 9 récidives sur 45 survivants. Or ces récidives des ]iolyi>es se font pres(pie toujours sous forme d'épitliélioma siégeant à l'endroit même un se trouvait li'polvpe primitif. Parfois c'est dans une autre partie de la \essii' (pie la iiuuvelle fumeur s'est développée.
Ces deuxdill'érentes variétés derécidive dans les tumeurs bénignes ont le plus grand intérêt. La récidive sur j)laco nous enseigne combien, ])Our être elllcace, doit ê'tre large notre interxention. Je rappelle encore à ce sujet ce (pu; j'ai montré dans l'anatomie pathologique, savoir la greffe épithéliale se faisant dans les points où le polvjjc touche à la nuKpiense \ésicale, et je (h'duirai comme conséquence qu'il faut extirper largement, bien au delà du pédicule, la muqueuse vésicale aux alentours d'uiu' tumeur polypeuse de la vessie. Quant à la récidive se faisant dans une autre portion de la muc|ueuse vésicale, elle doit nous engager à pratiquer soigneusement l'examen de toute la sui'face interne de la vessie et à extirper tous les points suspects.
La fréquence, la rapidité des récidives doivent nous engager de plus en plus à pratiquer des opérations radicales et à avoir recours, autant que possil)le, à la résection partielle, voire même à la résection totale de la vessie. Nous préciserons plus loin les cas où, à notre sens, il faudrait employer la résection de la vessie, mais il n'est pas sans intérêt de comparer de suite la résection partielle de la vessie à l'extirpation ordinaire des tumeurs au double point de vue de la gravité opératoire et de la récidive du néoplasme.
Itésii liais compares de la résection partielle de la cessie et de la taille hypogastrique sans résection. — La résection partielle de la vessie a été em|iloyée dans trois cas de tumeur bénigne, et tous trois ont guéri sans récidive. Sur 16 cancers opérés par cette méthode 8 sont morts, 5 ont guéri et 3 ont récidivé.
STATISTIQUE DES HESULTATS OPEllATOUlES
La proportion des morts est à peu de chose près analogue à celle de la taille simple pour cancer, c'est-à-dire que la moitié des opérés ont succombé. Si nous écartons des 8 survi^'ants un cas où la récidive est due à ce que la résection n'a été faite que pour un des néoplasmes alors que les tumeurs étaient multiples (voir obs. 20, tableau des résections), nous trouA^ons 2 récidives sur 7 opérations, soit 28 0/0, tandis que sur 54 cancéreux survivant à la taille ordinaire 31 ont vu leur tumeur récidiver, soit une proportion de 57 0/0. Si donc nous comparons la résection partielle de la vessie à la taille hypogastrique ordinaire pour tumeurs de la vessie, nous voyons :
1" Que les deux opérations présentent une gravité à peu près semblable.
2" Qu'api'ès la résection la proportion de récidives est de 280/0 tandis qu'après la taille simple elle est de 570/0.
Je ne fais pas de comparaison avec la résection totale de la vessie parce que le nombre des opérations de cette dernière catégorie qui ont été pratiquées est encore trop restreint.
Survie des malades opérés. — Le tableau ci-joint résume la survie des malades opérés dont l'observation est consignée dans ce livre. J'ai éliminé toutes les survies inférieures à 6 mois de durée. On y remarque que 10 opérés de polype bénin étaient encore bien portants plus d'un an après l'opération, et que 3 d'entre eux avaient même dépassé une période de 4 années. Nous sommes donc en droit de prétendre qu'un certain nombre de ces malades peuvent guérir définitivement.
Temps de survie après l'opération, sans résection de la vessie.
Polypes bénins. .
Terminés \>M'
! G mois à 1 an, 1 1 an à 2 ans . .
{ 2 ans à 3 ans. .
I 4 ans à 5 ans.
V 7 ans
thaitumkm l'AiMAiir i)i;s ti'.mi;iiis di, i.a vkssiic
Terminus par
Cancers
G mois à 1 ;iii
1 au à '2 ans
2 ans à 3 ans.
iiiicinivE