‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 27 sur 128 · C.nOUPE ATYPIQUE. ADÉXO-ÉPITHÉLIOME · texte numérisé non relu

C.nOUPE ATYPIQUE. ADÉXO-ÉPITHÉLIOME

cer avait encore besoin d'une démonstration, je pourrais la fournir avec les innombrables transitions que présentent les tumeurs épithéliales de la vessie, mais cette théorie étant à peu près admise aujourd'hui par tous les histologistes, je n'insisterai pas sur ces détails.

Dans l'adéno-épithéliome de la vessie les glandes de la muqueuse normale sont le point de départ de la néoplasie et cette origine glandulaire est facile à déceler lorsqu'on examine attentivement les préparations. En effet, si par places rien ne distingue ces tumeurs des épithéliomas carcinoïdes ordinaires, il existe des portions de la tumeur où l'on peut voir des tubes glandulaires recouverts d'épithélium cylindrique. Dans une même tumeur on observe ainsi les transitions entre l'adénome vrai et l'épitliélioma, et il va sans dire que des transitions analogues existent aussi d'une tumeur à une autre tumeur.

Je citerai comme exemples indiscutables d'épithéliomas adénoïdes les observations publiées à divers titres par Headley Neale, et par Thompson.

Headley Neale (1) décrit une tumeur largement implantée sur les parois latérale gauche et antérieure de la vessie, et qui fut partiellement extirpée par le périnée. Au microscope la tumeur présentait une forme intermédiaire entre l'adénome malin et l'encéphaloïde. Thompson (2) extirpa de la base de la vessie une tumeur molle qui était constituée par des fibres musculaires lisses et de nombreux tubes et crj-ptes tapissées par de l'épithélium cvlindrique. (Examen du D^ Gibbes.)

2" — Tumeurs épitliélîalos kystiques.

A. — Étude macroscopique.

Les kystes de la A-essie étaient déjà signalés par Rokitansky, lorsque Klebs (3) leur donna le nom d'herpès de la vessie sans insister du reste sur leur structure histologique.

(1) Headley Neale. British Med. Journ., mai 1889.

(2) Thompso>'. Tumours of the bladder, p. 106, case n» 13.

(3) Klebs. Handbuch der patliologisclien Anatomie,'p. 698.

02 TUMEURS ÉPITHÉLIALES KYSTIQUES

Cornil et Ranvier (1) ont vu, dans la muqueuse enllaniniée auprès des cancers propagés de l'utérus, des vésicules saillantes formées par des utricules glandulaires remplies de muco-pus. Robert Knox (2) décrit, fort incomplètement d'ailleurs, un cas de soi-disant myôme kystique de la vessie opéré par Liston; la description de Knox est si peu précise que le siège du kyste n'est même pas indiqué. « Une incision fut pratiquée au-dessus du pubis et un corps étranger, ressemblant à im kyste ou à une fausse membrane, s'échappa de la cavité vésicale et je le reçus dans mes mains. » L'auteur dit ensuite qu'il y avait des fibres musculaires dans la paroi et qu'il pense à une épigenèse de fibres musculaires. Ce cas est cité partout (il y a même des auteurs (3), qui croient à deux cas différents de Knox et de Liston) comme un myôme kystique. Il pourrait bien se faire que ce ne fût ni un myôme ni un kvste et tout simplement une cystite pseudo-membraneuse, dans laquelle, comme cela s'est déjà vu, quelques fibres musculaires seraient restées attachées à la fausse membrane.

Silcock (4) a présenté à la Société de pathologie de Londres, des pièces dans lesquelles on voyait des vésicules sur la vessie et sur l'uretère; les plus grandes avaient le volume d'un plomb de chasse et leurs parois étaient formées par des cellules épithéliales.

Litten(5), Chiari 6), et Limbcck (7), dans un bon travail, ont publié des cas analogues. Antal 8) signale aussi les kystes de la vessie, mais ne dit pas les avoir vus; Cahen (9) en donne une observation.

Laboulbène( 10), Vincent (llj(de Lyon)et Segond et Thiercelin (12 donnent des observations de grands kvstes vésicaux.

(1) CoRML et Ranvier. Histologie pathologique, 1884. vol. II, ji. l"i')2.

(2) Robert-Knox. Med. Times and Gaz., 1862, vol. II, \k 104.

(3) Dictionnaire Decliambre, art. Vessie, p. 388.

(4) Silcock. Transact. of tJic Patliol. Soc, mai 1889.

(5) LiTTEN. Virchoiv's Arcli., vol. LXVI, p. 139.

(6) CliURi. Wien. med. Jahrb., 1881, p. 16.

(7) LiMBECK. Zeitsclir. f. Heilhunde, 1887, p. 55. (8| Antal. Loc. cit.

(9) Cahen. Virclwiv's Arch., 1888, p. 468.

(10) Lauollbéne. youveaux éléments d'anat. patliol. , p. 779. m) Vincent. Lyon médical, 1889.

(12) Second et Thiercelin. Congrus français do Lhir.,1891..1/(«. des mal. des org. gén.-iir., 1891, p. 341.

ÉTUDE MACROSCOPIQUE 93

Presque toujours les kystes de la vessie sont petits et multiples ; on en rencontre quelques-uns au niveau du trigone et du bas-fond et souvent dans l'intérieur des uretères, comme dans le cas n° 1 de Limbeck. Ce même auteur cite un cas où les kystes étaient limités au bassinet et aux uretères, et pour ma part j'ai vu, dans le service de mon maître Le Dentu, en 1887, un cas de kystes multiples très nombreux au niveau du bassinet, plus espacés dans l'uretère et très rares au niveau de la portion inférieure de la vessie où il n'y en avait que trois.

Dans certains cas, les kystes s'étendent à presque toute la surface de la vessie, comme chez cet homme de 42 ans que Bardenheuer opéra et dont l'observation a été rapportée par Cahen. Ce sont sans doute ces petits kystes disséminés que Cruveilhier (1) avait pris pour les glandes de la vessie.

Le volume des kystes est le plus souvent celui d'une tête d'épingle, d'un grain de plomb ; quelques-uns atteignent la grosseur d'un petit pois et semblent se pédiculiser. Parfois ils ont l'apparence des œufs de caviar, dit Limbeck, et Litten compare aussi à des œufs do poisson les kystes qu'il observa chez une femme de 75 ans. La surface de ces petits kystes est lisse, brillante, distendue ; leur contenu est limpide ou trouble, de consistance visqueuse. Limbeck signale, dans le contenn du kyste de son observation n" 1, la présence de carbonates calcaires.

On a décrit aussi des kystes plus gros de la vessie. Le professeur Laboulbène en représente un de la grosseur d'un grain de groseille qui était inséré sur lebas-fond de la vessie, un peu à droite delà ligne médiane. Vincent (de Lyon) a rencontré un kyste vésical, saillant à la vulve, qui se rompit pendant l'examen ; le kyste fut alors attiré au dehors et son pédicule sectionné au thermocautère.

MM. Segond et Thiercelin ont présenté au dernier Congrès français de chirurgie un cas très remarquable de kyste de la vessie. Il s'agit d'une femme chez laquelle M. Segond avait constaté, outre les lésions des annexes, une tumeur arrondie dure, mobile,

(1) Cruveilhier. Traité d'Analomie, vol. II.

O'j TUMEURS KPITHKLIALF.S KYSTIQUES

(l(int les mouvements, semblant se communicincr à l'utt'Tus, autorisaient le diagnostic de myôme utrrin pédiculisé . L'utérus et les annexes ayant été enlevés par la voie vaginale, M. Segond constaf a que la tumeur était formée [nxv un kyste à contenu séreux situé dans l'épaisseur de la paroi vésicale, et inclus dans la couche musculaire de la vessie. Le kyste fut extirpé et l'examen liistologiquo lit voir que la paroi du kyste était une simple membrane conjonctive.

Cette observation est remarquable par le volume et par le siège insolite du kyste. Toutes les observations de kystes vésicaux que j'ai lues montrent que la tumeur se développe du côté de la cavité vésicale, ce qui se comprend bien puisqu'elles naissent de l'épithélium ou des glandes de la muqueuse. Dans le cas de M. Segond le kyste s'étant développé en dehors de la vessie et non dans l'intérieur de la cavité vésicale, je pense qu'on peut lui supposer une origine extra-vésicalc ; le kyste, en se développant, aurait pénétré dans la paroi de la vessie en dissociant les fibres musculaires.

Cette explication me paraît d'autant plus plausible qu'on connaît ]iliisieurs exemples de kystes séreux rétro-vésicaux, fort bien étudiés par English (1), qui les croit développés aux dépens des débris embryonnaires des conduits de Millier et de l'organe de Wolff.

B. — Élude microscopique.

Nous ne possédons pas de renseignements sur la structure des grands kystes. Au sujet des petits kystes, j'ai pu voir, en étudiant dans le service de mon maître M. Le Dentu, le cas auquel j'ai déjà fait allusion, l'exactitude de la description donnée par Limbeck et par Calien. Ces petits kystes siègent dans le derme muqueux ou dans la sous-muqueuse; en sorte que, sur luie coupe comprenant toute l'épaisseur de la paroi vésicale, la portion l)ombée du kyste, celle qui fait relief dans l'intérieur de la vessie, parait revêtue d'une dou-

(1) English, citù par Umicii-IIiiiscufeld. llandh. dcr pntli. Anal., vol. II, p. 735.

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