‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 50 sur 128 · LÉSIONS MICROBIENNES · texte numérisé non relu

LÉSIONS MICROBIENNES

greffe sur la première. C'est ainsi que l'on a vu des myômes vésicaux subir à leur surface la dégénérescence cancéreuse (cas de Virchow) ou à la fois cancéreuse et sarcomateuse (cas de Billroth- Gussenbauer).

Thompson, frappé de ces transformations des tumeurs de la vessie, a créé une classe de tumeurs du type de transition. Il n'y aurait guère d'objection théorique à faire à cette tentative ; mais si l'on examine avec soin les belles planches de l'auteur anglais, on est forcé de conclure, non pas à l'existence d'un type de transition, mais bien à une infdtration lymphoïde des tumeurs par le fait de l'inflammation de leur tissu. Si on tenait à conserver la classe de tumeurs établie jDar Thompson, il faudrait, laissant de côté les descriptions de l'auteur anglais, la reconstituer à nouveau, en y comprenant notamment les épithéliomas adénoïdes, et ces épithéliomas lobules, anciennes tumeurs typiques, que relie encore à la vessie un pédicule non envahi par la dégénérescence atypique.

2" Lésions microbiennes.

Je n'insisterai pas sur les lésions directes déterminées par l'invasion microbienne des tumeurs de la vessie. Ces faits ne s'éloignent pas de la description des lésions microbiennes des autres néoplasmes, étudiées par le professeur Verneuil et par Glado. Je dirai seulementque, dans lavessie, les lésions infectieuses sont fréquentes. Pendant un temps, parfois fort long, les tumeurs évoluent à l'état aseptique, le sphincter membraneux de l'urèthre constituant, comme l'a démontré M. Guyon (1), une barrière suffisante au passage spontané de la plupart des micro-organismes. Un jour, par l'action mécanique du néoplasme, l'incontinence peut s'établir, et dès lors la voie est ouverte, plus ou moins large, à l'invasion microbienne. D'autres fois, presque toujours, c'est à un cathétérisme malpropre qu'il faut attribuer l'infection. Peut-être encore doit-on faire intervenir, dans certains cas d'interprétation obscure, une infection générale avec localisation secondaire dans la vessie néoplasique.

(1) Guyon. Acad. des sciences, 1889.

144 MALADIES DES TUMEUllS

Par (jUL'lquc voio que l(;s iniero organismes soient arrivés dans la vessie, ils y trouvent des conditions d'appropriation du milieu, qui favorisent leur pullulation. En effet, nous verrons bientôt que la rétention plus ou moins complète des urines n'est pas rare, chez 1('8 iK'oplasicpies vésicaux. Or. nous avons démontré ailleurs, M. tluyon (i) et moi, que la stagnation de l'urine joue un rôle prépondérant parmi les causes qui favorisent le développement des infections urinaircs. Une autre condition qui fait de l'urine un bon milieu de culture, c'est le mélange, au liquide contenu dans la vessie, du sang et des fragments détachés de la tumeur.

Signalons enfin les anfractuosités de la tumeur, qui permettent le développement de colonies prospères.

Bientôt je dirai quelles sont les lésions banales déterminées dans l'appareil urinairo par l'infection consécutive aux tumeurs de la vessie. Quant à la tumeur elle-même, elle peut présenter trois variétés de lésions infectieuses : 1" riiiilanunation ; 2" l'ulcération ; 3" l'incrustation calcaire.

A. iNrL.vMM.vTioN. — On peut observer dans les tumeurs de la vessie les différents degrés de l'inflammation, depuis la simple infiltration leucocytique, commune même dans les petites tumeurs typiques pédiculées, jusqu'à la suppuration en foyers qu'on ne voit guère que dans les grands épithéliomas. Souvent j'ai fait, par la méthode de Weigert, des colorations de micro-organismes, sur les coupes des tumeurs vésicalcs, et j'y ai vu une prodigieuse quantité de coques et de bâtonnets. J'ai constaté aussi, dans les tumeurs épitliéliales non ulcérées, l'absence des micro-organismes.

B. Ulcération. — Il est possible, il est probable même, que deux processus interviennent simultanément dans l'ulcération des tumeurs : les lésions nutritives d'une part, l'invasion microbienne d'autre part. Quoi qu'il en soit, l'ulcération n'est pas chose commune dans les tumeurs de la vessie considérées en général, et

(1) GuYOX et Albaiuian. Arc/ià'es de médecine c.rpérinientale, IS'JO.

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