‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 51 sur 128 · INCRUSTATION CALCAIRE DES TUMEURS · texte numérisé non relu

INCRUSTATION CALCAIRE DES TUMEURS

M. Guyon a bien démontré que ce n'est pas à l'ulcération, mais bien à la congestion, qu'il faut attribuer presque toujours les hématuries syniptomatiques dos tumeurs.

L'ulcération a été vue sur des tumeurs malignes et très rarement sur des tumeurs bénignes. J'ai déjà cité le niyôme pur extirpé par Volkmann qui présentait une ulcération de la grandeur d'une pièce d'un franc. Parmi les tumeurs malignes, les épithéliomas surtout sont exposés à s'ulcérer, tout particulièrement ceux qui présentent la structure carcinoïde ou réticulée. Les bords de l'ulcération sont serpigineux, irréguliers, généralement un peu surélevés; le plus souvent on voit, sur les contours de la tumeur, la muqueuse soulevée par une iniiltration sous-muqueuse du néoplasme, et la membrane se termine brusquement par un bord déchiqueté qui limite la tumeur. Le fond des ulcérations est rarement déprimé, et, presque toujours, on voit une masse fongueuse déchiquetée, avec des lambeaux anfractueux plus ou moins détachés de la masse néoplasique

Il est très rare c[ue les ulcérations des tumeurs de la vessie arrivent à déterminer mxe perforation de l'organe. J\L Guyon n'a vu qu'une seule fois la perforation primitive de la vessie, et c'est dans la cavité péritonéale que l'ouverture s'était faite. J'ai vu deux fois la perforation primitive de la vessie (obs. 26 et 56). Dans le premier cas elle siégeait sur la paroi antérieure et donna lieu à une péritonite adhésive ; chez le second malade la perforation eut lieu sur la paroi postérieure de la vessie.

C. Incrustation calcaire des tumeurs. — Cette incrustation est signalée par les auteurs les plus anciens, qui, tous, insistent sur ce point. Les modernes en parlent moins, mais on trouve encore, dans la littérature médicale contemporaine, des observations dans lesquelles l'incrustation calcaire est signalée.

Tantôt on ne voit que des dépôts plus ou moins abondants à la surface des tumeurs ; tantôt, surtout dans les néoplasmes villcux, on se trouve en présence de véritables pétrifications (1). On signale

(1) NiCAiSE. .Soc. de chir., 4 juillet 1888.

ALBARRAX. IQ

MAT.Anil'S DKS TfMF.lIRS VKSICALF.S

(les tumeurs complùLcnienl incrustées, ressemblant ;i des calculs (obs. 208), et on a décrit de vrais calculs, dont le noyau, organisé, se trouve constitué par un frai^mcut du néoplasme détaché (1).

S'il est intéressant de connaître l'existence de ces faits, il faut avouer que les incrustations des tumeurs pouvant donner lieu à des erreurs de diagnostic sont ('xtn''nieniciit rari's. Je n'ai jamais vu l'incrustation totale d'une tumeur, et, si j'en juge d'après mon expérience pcrsoiuiolle, rincrustation calcaire ])arlii'lli' elle-même serait rare ; je ne l'ai guère observée que deux fois. On pourrait attribuer cette rareté des incrustations calcaires aux dévelo])pements des soins antisepticpies dans le traitement de i'inreclinn uiinaire. En elfet, M. (îuyon professe que «le meilleur moyen d'empéciier la récidive des calculs dans les vessies infectées est un bon traitement antiseptique local ». Mais mon maître fait nbserver ([ue la rareté des concrétions calcaires dans les tumeurs était déjà une Ac^rilé clinique, comme elle l'est aujiiurd'liui, avant la pi'riode antisepli([ue.

J'ai rangé les incrustations des tumeurs dans le groupe des lésions microbiennes, parce ([ue ces dépôts de sels terreux ne se Voient que chez les malades dont les urines sont infectées. Ces dépôts résultent de la fermentation ammoniacale de l'urée, produite par des micro-organismes variés. Voici comment se font ces incrustations qui peuvent être dues à des carbonates, à tles phosphates, à des urates ou à des oxalatos.

On admet que les sels terreux se déposent dans l'urine, hii'siiuo celle-ci devient alcaline, et il en est de même pour la préci})itation de l'nrate d'ammoniaque. Or, plusieurs des micro-organismes qui vivent dans la vessii^ infectée sont capaljles de décomposer l'urée, en donnant naissance à la formation de carbonate d'ammoniaque : c'est ainsi que la bactérie pyogéne urinaire (2), cause si fréquente de

(1) DiCKiNsoN. Soc. imhl. de. Londres, niar.s 1890.

(2) IjCS conimunicalions rcccnlcs (décenil)rc 1891) faites à In SociiHé de l>iologic ])ar MM. Acliard et Renault, Relilaud, Krogius, etc.. tendent à faire admettre que la liactérie pyogéne urinaire est identique au bncillus coli conmiuno. M. lîouchard avait vu cette bactérie dans les urines et M. Clado, dans sa tlièse, en lit une lionne élude, mais sans lui attriliuer aucun vô\q dans l'infeilioii urinaire. Eu 1.SS8, M. Italie et aïoi nous di'niontrAmes le rôle pré-

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