‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 52 sur 128 · INCRUSTATION CALCAIUE DES TUMEURS · texte numérisé non relu

INCRUSTATION CALCAIUE DES TUMEURS

l'infection iirinaire, produit cette décomposition lorsqu'on la cultive sur l'urine stérilisée ; le licjuide devient alors d'abord neutre, puis, lentement, alcalin, et on voit alors des sels se déposer au fond du vase.

Avec M. Halle nous avons Aa'irifié sur de vieilles cultures examinées au microscope la présence de cristaux qui sont probablement des phosphates, mais au sujet desquels nous n'avons pas encore fait de recherches chimiques.

On voit ainsi que les micro-organismes sont la vraie cause des incrustations des néoplasmes comme des calculs dits secondaires, qu'on pourrait nommer calculs infectieux. Nous revenons ainsi à la vieille théorie du catarrhe lithogène de Meckel, modifiée ; une hypothèse pathogénique analogue a d'ailleurs été admise dans sa belle thèse par E. Dupré (1) pour certains calculs biliaires.

Au sujet des incrustations urinaires, la seule objection théorique qu'on puisse faire à cette hypothèse, est ce fait clinique, sur lequel nous avons insisté M. Halle et moi (2), que les urines de ces malades infectés sont presque toujours acides ou neutres à l'émission. jNIais on pourrait expliquer cette contradiction apparente. Chez les malades qui ne vident pas complètement leur vessie, il reste toujours une certaine quantité d'urine, fort petite, qui devenant alcaline sous l'influence des microbes laisse déposer les sels ; puis, l'urine arrivant du rein délaye et dilue ce liquide, et le rend acide ou neutre ; et c'est cette dernière réaction que l'on

pondérant de ce bacille dans l'infection des urinaires. Moi-môme j'indiquai alors le rôle infectieux du microbe en dehors de l'appareil urinaire (pleurésie^ phlegmon du ligament large et, avec Widal, fièvre puerpérale). Dans ma thèse (1889), je démontrai qu'il existe plusieurs autres variétés d'infection urinaire par le streptocoque, des staphylocoques, etc. L'identité de la bactérie pyogène urinaire et du coli-bacille me paraît probable, mais non encore absolument démontrée, car il existe de petites différences dans certaines cultures ; peut-être s'agit-il de simples modifications subies par le microbe vivant dans l'appareil urinaire. Je tiens à faire remarquer, quel que soit le nom qu'en définitive ce micro-organisme doive porter, que son action prépondérante dans l'infection urinaire, telle que Halle et moi nous l'avons établie, se trouve confirmée par les travaux que je viens de citer.

(1) E. Dupré. Les infections biliaires. Th. Paris, 1891.

(2) Albarran et Halle. Acad. de médecine, août 1888.

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constate au moment de l'émission. Cette théorie me paiiiît toiilirméo par un fait que j'ai souvent remarqué : lorsqu'on sonde un de ces malades, on voit souvent (jne ii^s dernières parties d(^ l'urine évacuée ont une réaction moins acide que les premières, ou même que l'uriuf^ du début de la miction étant neutre, le dépôt mucopurulent du has-l'und. ([ui sort le dernier, pri'senle une réaetion alcaline.

Apres ce que je viens de dire au sujet des incruslaliims, je n'ai pas besoin d'insister longuenu'nt sur la coexistence des calculs et dos tiimeiu'S de la vessie. Il est en eflet facile de comprendre ([u'il existe deux grandes variétés de calculs qui peuvent coexister avec les tumeurs de la vessie ; ce sont les calculs primitifs, presque toujours uriqucs, qu'on pourrait nommer ascp/iqiics, et les calculs secondaires, presque toujours p]H)spliati([ues, ([u"on pcnit caractéi'iser, du nom cV in fecliciix . Le calcul asepticpu;, quelle que .soit sa nature, n'a pas de rapport direct avec l'existence de la tumeur ; il se forme chez un néoplasique comme il se serait formé chez le môme individu s'il est graveleux, alors même que le néoplasme n'eût pas existé. Le calcul infectieux au contraire est une consécpience de la tumeur, parce que celle-ci a été la cause premi(''re ou le prétexte de l'infection de l'urine.

\'II. LÉSIONS SECONDAIRES DÉTERMINÉES PAR l'eXISTENCE DES

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