TUMEURS
Les tumeurs apportent une gêne mécanique au fonctionnement de l'appareil urinaire, et nous avons A'upar quelle filiation pathogénique le trouble do la fonction devient la cause, directe ou indirecte, de l'infection urinaire. De là deux groupes de lésions bien différents, consécutifs aux néoplasmes de la vessie : les lésions mécaniques et les lésions infectieuses. Souvent l'affection secondaire est mixte, à la fois d'ordre mécanique et d'ordre infectieux.
1° Lésions mécaniques.
Ce sont la rétention d'urine ; l'hypertrophie des parois vésicales ; la dilatation uretérale et la rétention rénale aseptique, ce que M. Guyon a nommé Vuvonéphrose.
a) RÉTENTION d'urine. — Nous aurons à revenir sur ce sujet en traitant des symptômes des tumeurs ; mais, dès à présent, il est utile d'indiquer qu'on peut observer chez les néoplasiques les mômes variétés de rétention que M. Guyon a décrites chez les prostatiques : la rétention complète, la rétention incomplète sans distension de la vessie et la rétention incomplète avec distension du réservoir. Ces diverses modalités do la rétention d'urine sont le fait de l'obstacle mécanique apporté par le néoplasme à l'écoulement de l'urine ; et les auteurs ont signalé le danger que présentent à cet égard les néoplasmes pédicules situés près du col. Je crois qu'il faut faire intervenir aussi, tout comme chez les prostatiques, l'altération du muscle vésical. La plupart du temps, les tumeurs de la vessie s'observent chez des vieillards ; et, chez eux, l'hypertrophie des parois vésicales, dont nous allons parler, est souvent plutôt une sclérose qu'une h^-pertrophie vraie.
150 LKSIONS DKTF.IIMIm'-.ES I>An I.KS TUMKIMIS
b) IIvi'KUTHoi'iiiE DES p.vuois DE L\ VESSIE. — Eii l'oglc générale los parois de la vessie conservent leur épaisseur normale, mais il n'est pas rare de trouver- ces parois épaissies dans les cas de tumeurs de la vessie. Kiister et Guvon signalent, avec d'antres auteurs, cette particularité que j'ai notée dans plusieurs cas. 11 s'agit, bien entendu, de l'augmeiilation d'épaisseur de la paroi vésicale en dehors du point d'implantation du néoplasme. A la cou|)e microscopique,, on voit alors, conmie le fait reniar([urr M. (niyon. qu'il s'agit plutôt d'un accroissement du tissu conjonctii' interstitiel, que du développement du muscle lui-même. Il y a donc là un i)rocessus analogue à celui ([u'on observe dans la vessie d'un grand nombre de prostatiques, et c'est à lui que sont dues les colonnes qui sillonnent la vessie de certains individus morts do cancer. Il existe pourtant des cas où l'hypertrophie musculaire est réelle, où le muscle vésical est devenu plus puissant, ainsi ([u'ou l'observe chez les rétrécis ; cette hypertropiiie se rencontre surtout chez les individus jeunes.
Je signalerai aussi une lésion [ilus rare, mais tlont témoignent plusieurs observations : c'est un amimissement des parois de la vessie, indépendant de la destrudion (h' tissu d/'lrruiiiu'i' par h' néoplasme.
Ce qu'il faut retenir, au point de vue prati(iue, c'est que, si les néoplasmes n'altèrent en général pas beaucoup la résistance de la vessie à la distension par les licjuides, comme l'a fait rcuuuvpu'r M. Guyon, il pourrait être dangereu.x; cependant de pousser à l'extrême cette distension, en introduisant dans l'intérieur du réservoir, pour faciliter la taille haute, une trop grande ([uantiti'' de liquide.
c) RÉTENTION RÉx.VLE ASEPTIQUE (H j'dronéphroso, uronéphrose). — On trouve signalées dans les auteurs iKùster, obs. 13, Guyon}, fpielqnes observations d'hvdroni'phrose consécutive à des tumeurs de la vessie. M. Guyon indique même que les lésions rénales sont dues surtout à la compression des uretères, qui sont eu.v-mémes très rarement envahis par le néojilasme.