‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 68 sur 128 · EMPLOI PRATIQUE DU CYSTOSCOPE · texte numérisé non relu

EMPLOI PRATIQUE DU CYSTOSCOPE

de la vessie et retarder un peu l'examen. Lorsqu'on n'a pas le loisir d'attendre, ou lorsque la cystite ne s'améliore pas, on peut employer une solution de cocaïne pour diminuer l'excitabilité de la vessie. Nitze pratique d'habitude tous ses examens en injectant dans la vessie et dans tout l'urèthre 50 c. c. d'une solution de cocaïne à 2 0/0 ; la moitié à peu près du liquide est injectée dans la vessie avec une sonde molle, et, en retirant la sonde, on laisse tomber une partie de l'injection d'abord dans l'urèthre postérieur, puis dans l'urèthre antérieur. Pendant 5 minutes on laisse la solution de cocaïne dans la vessie et on la remplace ensuite par 150 c. c. de solution phéniquée à 1/2 0/0. Souvent j'ai employé ce procédé avec un bon résultat; mais jamais je n'injecte la cocaïne si la vessie est tolérante, et surtout je crois qu'on ne doit, sous aucun prétexte, introduire dans la vessie une quantité de cocaïne supérieure à 5 ou 10 centigr. de la substance active. Je ne partage pas en effet l'optimisme de Fenwick au sujet de la cocaïne, parce que j'ai vu à plusieurs reprises, à la suite d'injections vésicales, des accidents assez sérieux d'empoisonnement et qu'une fois j'ai observé un cas de mort. C'était chez un calculeux à A'essie irritable à qui j'avais injecté une soixantaine de grammes de la solution à 1 0/0 de chlorhydrate de cocaïne dont nous nous servions alors couramment dans le service ; je venais à peine de retirer la sonde quand les premiers accidents commencèrent. Le malade me dit qu'il se sentait défaillir ; j'introduisis immédiatement une sonde dans la vessie pour évacuer le liquide toxique et pratiquer un large lavage à l'eau boriquée : en moins de deux minutes, pendant que je lavais la vessie, survinrent des convulsions, de la cyanose et, en moins d'un quart d'heure, le malade mourut malgré tous les efforts que nous finies, à plusieurs, pour le sauver (injection de caféine, inhalations d'oxygène, etc.). Je garderai toujours le souvenir de ce cas malheureux qui porte en lui un grand enseignement : il nous apprend que de petites doses de cocaïne injectées dans la vessie malade peuvent être absorbées avec la même rapidité que par injection sous-cutanée, et qu'il faut se méfier de ce médicament. Je ne sais au juste quelle quantité de poison mon malade absorba, mais cette quantité était nécessai-

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renient très petite, car la sonile me permit d'évacuer une fpiantité lie ii(pii(le qui paraissait égale à celle rpie j'avais injectée.

Lorsque la vessie est trop inloli'rantc pour qu'on puisse, même après une cocaïnisation légère, prati(pier la cystoscopie, il faut, si l'examen est nécessaire, avoir recours à une injection sous-cutaui'C lie morpliino ri Mrs rai rniciil à \:\ clilornluruiisalion. Dans ces circonstauci-s mi |Miiin;nl utilisi'i-, jr nois, a\rc a\antage, l'anestlu''-

sic (Ir i-iiiirir (luiM'C (pic^ p|-()MP(pii> le liroilUlir <l'i'l 11 vie.

La troisième coiulilion nécessaire poui' j)ratiipu r l'exiniien eniloscopiquc est la transparence du milieu vésical.

Dans les cas les jiliis rr(''(pieuls il sullil, rlirz les néoiilasiques, do clioisir une ]irMi(i(lr iiilcr-lH'ui:ituiiqu(' [lour a])pliquer le cystoseope. L'i'xauirn piul ainrs rire f^iil. conuiie le conseille Fenwick, dans rui'ino même, si ce liipiiilc csl clair, nu mieux en injectant un liquide transparent après bien avoir lavi' la vissii;. Nous (unpioyons d'iuil)itude l'eau l)ori([uée à 'i U (I nu la snlulion di- sulfate de soude à .'^ 0;0 recommandée par Buickardt. .\il/.e reeouunande une solution phéniquée à 1/2 0/0.

Lorsque la vessie est très sali', el surlniil lorsqu'elle saigne, l'examen endoscopique est dillii-ilr. il peut uiruu' devenir tout à fait impossible si l'hématurie est très alinndaulr l'I ipud ipu' soit l'instrunu'ut qu'on emploie. Il est lai-e d'ailleurs, depuis l'emploi des instruuH'uts irrigatours, ipir l'rxauieu soit tout à fait impossible ; une lu'nnatiu'ie nu)yeiuie n'riiqu'Tlii' jiliis l'cxaiiiru cvstoscopique. J'insiste sur ce point ipii est mal connu chez nous. Xos auteurs les plus récents disent encore que l'hématurie empêche les examens cvstoscopiques. Cela était jiisir lorsqu'on se servait des aniirns cystoscopcs, mais les appareils irrigateurs permelleut un très hou examen pendant riii'iuaturie. .le ne cduiple plus les cas dans lesquels j'ai fait avec succès l'examen de la vessie ]ieiiilaiit qu'elle saignait abondar.inient.

Lorsqu'on se propose de faire l'examen visuel de la vessie jiendant une période hénuiturique il est nécessaire de laver l'organe en se servant d'une sonde de Néiaton. Ou doit avoir soin pendant ce lavage, comme le recommande Nitze. de ne ianuiis laisser la vessie

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