EMPLOI PRATIQUE DU CYSTOSCOPE
se vider complètement, de manière à éviter l'hématurie terminale. Ce lavage à la sonde molle suffit lorsqu'il n'y a pas de caillots dans la A^essie ; lorsqu'au contraire il en existe, il est bon de faire le lavage avec la sonde de la lithotritie jusqu'à en enlever le plus possible de la vessie; on introduit alors le cystoscope et l'on pratique l'irrigation continue. En procédant ainsi on arrive presque toujours à A-oir assez bien, alors même que la vessie contient encore quelques caillots, car le courant du liquide les déplace. 11 m'est arrivé pourtant, avec l'instrument de Nitze et avec celui de M. Boisseau du Rocher, de ne pouvoir examiner la vessie chez des individus ayant une forte hématurie. A ce sujet M. Nitze m'écrit (décembre 1891) que même dans les cas les plus défavorables, il a toujours obtenu des images, peu claires il est vrai, mais suffisantes pour établir le diagnostic.
Les néoplasmes très volumineux rendent parfois difficiles à remplir les conditions d'un bon examen cystoscopique : quantité suffisante de liquide injecté dans la vessie, transparence du milieu. Mais on a exagéré en disant que le cystoscope ne laisse voir queles petites tumeurs. M. Nitze m'écrit qu'avec son irrigateur il a pu voir des tumeurs grosses comme le poing et tout dernièrement encore j'ai examiné à Nécker un énorme néoplasme, remplissant presque toute la vessie, que j'ai très bien vu et fait voir aux élèves du service. Il n'en est pas moins vrai qu'un tel examen n'est pas toujours facile et qu'il est alors parfaitement inutile de s'y obstiner. C'est en effet un mode d'exploration assez gênant pour le malade, et qui devient, dans l'espèce, absolument inutile au diagnostic. En effet ces gros néoplasmes présentent les symptômes cliniques les plus nets et on peut très bien les sentir par la palpation combinée au toucher rectal.
Je viens de passer en revue les conditions nécessaires à l'emploi de la cystoscopie : je dois dire encore quelques mots au sujet des précautions à prendre avec les instruments avant de les employer. Ces précautions concernent l'antisepsie et le bon fonctionnement des appareils.
L'asepsie de l'instrument est facile à obtenir avec le mégalos-
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cope; il suffit de le mettre à l'étuve. Avec le cystoscope de Nitze, qui ne supporte pas rétuve, il faut se servir d'eau phéniquée à 5 0/0, dans laquelle ou laisse treuqx'r l'iuslruuient une ou deux lieures avant Texamen ; il est utile d'injecter l'eau phéniquée dans le système irrigateur, pour que toutes les parties de l'appareil soient chirurgicalement propres.
Avant d'introduire le cystoscopc dans l'urétlue, un lave l'instrument avec de l'eau boriqucc et on s'assure de son bon fonctionnement. A cet égard, il faut savoir que toutes les hunpes n'ont pas la même résistance et que, si on ne veut pas les brûler trop facilement, il est bon de les essayer en augmentant graduellement l'intensité du courant, afin de fixer le degré d'intensité convenable à l'instrument que l'on possède. Les hunpes de Nitze marchent bien on général avec 6 ou 7 volts.
Manufl o|ii-raloirc.
On commence par laver doucement la vessie avec de l'eau buriquée, en se servant d'une sonde molle, jusqu'à ce ([m: le liquide revienne parfaitement clair ; on injecte alors 150 grammes do liquide et la sonde est retirée. Nitze recommande aussi d'injecter à travers un peu d'ouate de l'air stérilisé dans la vessie. La bulle d'air surnage dans le liquide vésical et sert de point de repère dans l'examen (fig. 40). Cette petite mano'uvre, dont je me passe toujours, me parait d'une utilité très secondaire.
Si le malade a une hématurie avec caillots on dél)arrasse la vessie de ceux-ci avec une sonde mi'tallique munie d'yeux très larges. Si la vessie est irritable, ou injecte dans son intérieur une faible dose decocaïne dissoute dans le liquide (5 à 10 centigrammes) et on attend trois ou quatre minutes avant de commencer l'examen ; ou bien-encore on fait une piqûre sous-cutanée de morphine 10 minutes avant l'examen.
La sonde qui a servi pour le lavage, ainsi que l'endoscope luimême, ne doivent pas être graissés avec de l'huile, car les gouttes dliuile ([ui restent dans la vessie gênent au moment de l'examen.