‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 75 sur 128 · EMPLOI DU CYSTOSCOPE POUR LE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

EMPLOI DU CYSTOSCOPE POUR LE TRAITEMENT

rables de la tumeur, qui, à l'examen microscopique, présentèrent le caractère d'unpapillome. Fort de ce diagnostic, Ultzmann fit la taille hypogastriquc et sa surprise fut grande de ne trouver aucune tumeur et seulement quelques petits calculs. Le malade guérit d'ailleurs.

Pour le diagnostic des tumeurs de la vessie, l'endoscopie à lumière externe ne peut rivaliser avec la cystoscopie à lumière interne. Cette dernière est de beaucoup préférable, parce qu'elle donne un champ beaucoup plus vaste et qu'elle permet d'embrasser d'un coup d'œil l'ensemble de la tumeur ; en outre, chez l'homme, le tube endoscopique laisse inexplorée une portion importante de la paroi vésicale que la cystoscopie ordinaire fait bien voir. Lorsque la cystoscopie à lumière interne est applicable, on devra donc toujours lui donner la préférence ; mais il existe des indications précises pour l'application des appareils à lumière externe, ce sont :

1° La trop grande irritabilité de la vessie : lorsque celle-ci ne peut suppoi'ter la distension déterminée par l'injection d'au moins 60 ou 80 grammes de liquide.

2" Le saignement assez abondant pour rendre impossible à obtenir, même avec l'irrigation continue, la transparence et la clarté du milieu vésical.

3° Le volume excessif des tumeurs, qui, remplissant la vessie, ne laissent rien voir avec le cystoscope ordinaire. Mais dans ce cas il vaut mieux se passer de l'endoscopie ; le diagnostic se fait très facilement sans y avoir recours.

4° Enfin chez les femmes on peut, dans presque tous les cas, se servir des cystoscopes à lumière externe.

On A^oit donc que les deux variétés de cystoscopie, à lumière directe et à lumière réfléchie, loin de s'exclure l'une l'autre, présentent chacune leurs indications spéciales, mais, en réalité, la cystoscopie à lumière interne est préférable dans la très grande majorité des cas.

La c;»'sloscopie au point de vue du traîtenient des tumeurs.

Les raisons qui m'ont engagé, pour no pas scinder l'étude de la

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cystoscopic, à ne pas romottro ù un autre chapitre l'étude du diagnostic visuel des tumeurs, me conduisent à donner ici un court résumé du traitement endoseopique des tunu'urs de la vessie.

(îriiufeld il) employa le ])reniier l'eiuloscnpt^ pour extirper une tuiuiMir de la vessie à travers runtlire normal non dilaté. En 1885, cet auteur, en se servant de son endoscope, découvrit chez une {'(■mme une tumeur de la vessie qu'il extirpa en plusieurs séances; cette nudade guérit et bientôt le même auteur réussit à employer le même procédé chez l'homme. Dans son livre, publié en 1889, (îriuifeld donne les observations de deux hommes et de deux femmes à qui il extirpa des tun'icurs à travers le tube endoscopique.

Cette méthode ne s'est pas beaucoup généraliséejusqu'à présent, mais tout récemment Max Nitze (2) vient de publier un important travail sur la chirurgie intra-vésicale au moyen de son cystoscope modifié. Je vais décrire rapidement les procédés de Griinfeld et de .Nitzc et j'émellrai ensuite mon aj)[)réeialion sur ces tentatives o|i(''ratoires.

Extirpation endoscopique des tumeurs vésicales par la méthode de Griinfeld. — En premier lieu il faut, dit (Irûnfeld, trouver la tumeur à l'aide d'un tuhe endoscopique droit ou courbe. Ou dessèche ensuite convenablement avec des tampons d'ouate le champ opératoire, représenté par la fenêtre de l'instrument, et on examine attentivement le néoplasme prolabé dans la lumière du tube. Ou attaque alors la tumeur avec luie anse serre-nœud ou avec des pinces, et on l'extrait par la lumière de l'endoscope. Lorsque la tumeur est molle, on la frotte à plusieurs reprises avec une éponge montée sur une tige et on laisse ensuite les parcelles de la tumeur s'éliminer spontanément avec l'urine par les voies naturelles. Lorsqu'on se sert de l'anse serre-nœud ou des pinces, on peut, dans la même séance, enlever deux ou plusieurs morceaux.

(1) GnuNFELi). Uchcr Cystoscopic. Wion, 1889.

(2) Max Nitze. Anri. des mal. des org. gcii.-iir.. déconibrc 1801.

JIÉTHODES DE GRONFELD ET DE NITZE 267

Le nombre de séances, parfois très considérable, dépend de la grosseur de la tumeur.

Extirpation endoscopique des tumeurs de la vessie par le procédé de Max Nitze. — Les figures 54 et 55 représentent le nouveau cystoscopc-opérateur de Nitze. Cet instrument se compose :

1" D'un cystoscope spécial qui diffère du cystoscope ordinaire par son calibre un peu plus petit, par une tige plus longue, et par l'indépendance de l'oculaire (c) qui, au lieu d'être fixé à la tige, est vissé sur elle et peut ainsi être enlevé.

2° D'un tube cylindrique [a) qui glisse sur la tige du cystoscope, et présente, à son extrémité vésicale, une disposition spéciale pour chaque opération, tandis qu'à son extrémité opposée est adapté le mécanisme qui fait fonctionner l'instrument.

L'appareil, dans son ensemble, ne dépasse pas le n° 23 de la filière Charrière. La fig. 54 représente le cystoscope-opérateur, muni d'une pince à mors tranchants, lorsqu'il est fermé pour être introduit dans Turèthre. Dans cette situation l'élévateur 6, a été poussé en bas et les branches de la pince sont fermées de façon qu'elles se confondent avec la tige du cystoscope.

Lorsque l'instrument a pénétré dans la vessie on voit distinctement les branches de la pince dont on peut régler les mouvements en poussant plus ou moins l'élévateur b (fig. 55).

Rien n'est plus facile,d'après Nitze, que de « saisir les excroissances qui proéminent sur les parois de la vessie, avec les branches tranchantes de la pince, et de les séparer à l'aide de quelques tractions énergiques sur l'élévateur et des mouvements appropriés de tout l'ensemble de l'appareil ». M. Nitze pense que son procédé est surtout indiqué pour opérer les récidives des tumeurs de la vessie : avec le cystoscope-opérateur, on découvre, dès le début, les néoformations, et on peut d'abord les enlever assez complètement, ensuite cautériser énergiquement leur point d'attache. Pour cette dernière partie du traitement, on remplace le tube à pince par un tube spécial, destiné aux cautérisations.

CYSTOSCOPir

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