CURE RADICALE. PROCEDE DE GUYON
chaque côté ; au besoin les parois latérales de la vessie sont reibulées par des écarteurs, minces et assez longs, qu'on place dans sa cavité. C'est alors le moment de placer le malade, si on ne l'a déjà fait, dans la position inclinée de Trendelenburg ; puis avec une lampe électrique, on examine soigneusement toute la cavité de la vessie que les aides ont soin de bien éponger. A ce moment de l'opération on peut, avec avantage dans certains cas, retirer le ballon de Petersen ; parfois au contraire il est préférable de le conserver encore. Le seul critérium à cet égard est la facilité plus ou moins grande avec laquelle on manœuvre dans la vessie, suivant que le bas-fond est ou non soulevé par le ballon rectal ; mais toujours, avant la fin de l'opération, on devra le retirer.
Dès qu'on a reconnu la tumeur, on procède à son extirpation. Avec les doigts de la main gauche on entoure le pédicule de la tumeur, et se guidant sur eux, on place, avec la main droite, une pince qui étreint ce pédicule. Souvent avec la première pince on n'arrive pas à bien saisir comme il faut le pédicule tout au ras de la muqueuse ; en pareille occurrence, on se sert de la première pince pour attirer et soulever un peu la tumeur, ce qui permet de mieux placer une seconde pince sous la première. Parfois encore, la base de la tumeur est trop large et on est obligé de placer au même niveau deux pinces, se regardant par leur concavité, qui arrivent à saisir ensemble un faisceau de tissus trop large pour être étreint dans les mors d'une seule pince.
FiG. 58. — Pinces de Guyon pour les tumeurs de la. vessie.
Pour saisir ainsi les tumeurs de la vessie, M. Guyon a fait construire des pinces coudées à pression représentées dans la figure 58 ; la branche coudée de ces pinces forme avec leur branche droite un angle obtus ou même droit, et cette branche est toujours
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assez courte pour que, dans la vessie, on puisse, armé de cet instrument, manœuvrer avec aisance.
Lorsque la tumeur est bien saisie ])nr les pinces, on se rend compte exactement des rapports que sa base d'imjilanfation présente avec la paroi, et, suivant les cas, on agit d'une manière différente. Si la tumeur est pédiculée, si, même avec une base assez large, elle est pédiculisable par la traction et se trouve placée partout ailleurs que sur la face antérieure du col, on peut l'extirper au bistouri. Cette ablation est facile en incisant la muqueuse tout autour du pédicule et en disséquant ensuite la muqueuse de la musculeuse, soit au bistouri soit aux ciseaux; presque toujours alors se produit un saignement en nappe fort abondant ; mais la suture au catgut des bords de la muqueuse incisée rend l'hémostase facile, et ce n'est que dans des cas exceptionnels que l'on a besoin d'avoir recours à une ligature artérielle.
La suture de la muqueuse vésicale offre parfois des diflicultés, surtout lorsque le néoplasme est situé près du col. Dans ces cas nous employons avec grand avantage les aiguilles plates de Hagedorn (jui ont la double qualité de présenter une courbure commode; et un ciias très large. Lorsque la plaie de la muqueuse vésicale doit être un peu grande, je me suis bien trouvé de sectionner d'abord une partie du pédicule et de suturer de suite la muqueuse avant d'en sectionner de nouvelles portions ; en procédant ainsi, par sutures progressives, on est beaucoup moins gêné par le saignement de la plaie. Pour que la suture soit hémostatique, on doit enfoncer l'aiguille assez loin des bords de la plaie, et si, par hasard, un premier plan ne sullit jias à arrêter le saignement, on peut placer plus profondément un second plan de sutures qu'on noue au-dessus du premier ; je me suis bien trouvé de ce procédé chez le malade de l'observation 40. Dans un cas, M. Guyon ne pouvait se rendre maître de l'hémorrhagie et, comme nous ne réussissions pas à faire la ligature, ^I. Guvon laissa une pince à demeure, qui fut retirée, sans accident, 48 heures après. M. Bazy a laissé, lui aussi, des pinces à demeure dans la vessie.
Dans certains cas. la largeur d'implantation du néoplasme fait