CURE RADICALE. PROCEDE DE GDYON
redouter l'hémorrhagie que pourrait déterminer la section au bistouri ; ou bien encore le siège du néoplasme rend très difficile la manière de faire que nous venons d'exposer. C'est à ces cas surtout que convient l'anse galvanique, très souvent employée avec un plein succès par M. Guyon. La tumeur étant saisie avec les pinces, on passe autour de son pédicule l'anse de platine qu'on serre lentement de manière à bien la mettre en contact avec la tumeur ; lorsque ce résultat est atteint, on établit le courant qui détermine l'incandescence du platine. L'anse galvanique est passée au-dessus ou au-dessous des pinces qui attirent la tumeur, suivant que la largeur du pédicule et la traction qu'on doit exercer sur la tumeur font craindre ou non la perforation totale de la paroi de la vessie.
Dans certains cas, lorsque la tumeur peut être facilement attirée avec la pince et que son pédicule se détache bien, il est très commode de se servir du thermocautère pour en pratiquer la section. M. Guyon emploie très souvent ce moyen dont il a bien démontré la parfaite innocuité.
Lorsque, par l'un quelconque des procédés indiqués, la tumeur est extirpée, on fait très soigneusement l'hémostase de la vessie, en ne craignant pas, s'il le faut, d'employer le thermocautère pour l'assurer. On examine encore une fois toute la surface de la muqueuse pour voir si quelque petite tumeur n'a pas échappé à l'exploration et au traitement et on procède alors à la fermeture et au drainage de la vessie.
On commence par suturer en bas la plaie vésicale avec un seul plan de sutures dont les points séparés sont distants les uns des autres d'un centimètre ; avant que la fermeture de la plaie soit très avancée, on introduit dans la vessie la portion recourbée des tubessiphons de Guyon de manière à ce que leur extrémité affleure le trigone. Les tubes étant en place, on finit la suture de la vessie au-dessous et au-dessus du point de passage des tubes, de manière à ce que ceux-ci soient serrés dans la boutonnière qui représente à ce moment ce qui reste de la plaie vésicale.
Les tubes-siphon dont je parle sont deux gros tubes en caoutchouc qui furent employés d'abord par M. Périer et que M. Guyon