CURE RADICALE. PROCÉDÉ DE GUYON
On procède ensuite à la fermeture de la paroi abdominale, que jNI. Guyon pratique /?«/■ étages solidaires les uns des autres. Les muscles forment un premier étage de sutures perdues au catgut ; l'aponévrose antérieure des muscles droits en forme au besoin un second; le troisième plan est constitué parla peau et toute la couche, sous-cutanée qui est suturée au crin de Florence. Ces points de suture espacés d'environ deux centimètres saisissent très largement et au-ssi profondément qu'il est nécessaire toutes les couches qui séparent l'aponévrose de la peau et l'aponévrose elle-même. Pour que ces différents plans de suture soit solidaires les uns des autres, il faut en effet avoir soin, en pratiquant chacun d'eux, de faire parcourir à l'aiguille une faible épaisseur des tissus du plan sous-jacent; l'avantage de cette solidarité établie entre les plans de suture est de prévenir la formation de petits clapiers entre les différents étages de la suture et de donner à celle-ci une grande solidité ; quelques points superficiels intermédiaires aux anses profondes sont encore nécessaires ; ils se font aussi avec le crin.
La plaie est ainsi fermée dans toute sa longueur au-dessus des tubes-siphons qui sortent de la vessie ; au-dessous des tubes, on ne ferme pas l'angle inférieur de la plaie. Cet angle déclive de l'incision doit être drainé par un petit tube à drainage, ou mieux encore par une mince lanière de gaze iodoformée qui plonge dans la cavité de Retzius. Les tubes-siphon sont eux-mêmes fixés à la peau par deux crins de Florence lâchement noués. Il est de règle, avant de panser le malade, de s'assurer encore de leur bon fonctionnement.
11 ne reste plus qu'à faire un pansement iodoformé et ouaté, légèrement compressif, soutenu par un double spica et qui laisse passer à l'extérieur les deux tubes-siphons. La plaie est recouverte de gaze iodoformée ; un petit rouleau de gaze est placé au-dessous des tubes, pour qu'ils ne compriment pas l'angle inférieur de la plaie, et la verge elle-même, qui reste cachée dans le pansement, est entourée de gaze iodoformée et d'ouate.
Il n'est pas rare, surtout chez les individus gras et chez ceux dont les reins sont très malades, d'observer des accidents d'intoxication iodoformique. Il ne faut donc pas abuser de l'iodoforme dans
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la taille hypop^astriquo et l'on se trouvera bien, h cet. égard, de placer, comme nous le faisons souvent, au-dessus d'une première et mince couche de gaze iodorormre, plusieurs morceaux chiironncs de gaze salolée.
Soins consécutifs. — Ces soins sont presque toujours extrêmement simples. Le malade est couché sur le dos, dans son lit garni d'un matelas d'eau et, entre ses cuisses, on place un urinai (pii contient un peu de suhlimé au millième et dans lequel plongent les extrémités des tubes-siphons. On s'assure, de temps en temps, du l)on fonctionnement du siphon ; et, toutes les 3 ou 4 heures, on fait, avec grande douceur, un petit lavage de la vessie en se servant de préférence du tube qu'on a marqué d'une encoche ; parfois cependant, on voit dans la journée ou le lendemain, que l'autre tube fonctionne mieux. La plus ou moins grande fréquence des lavages doit être réglée d'après l'abondance du saignement de la vessie et d'après l'interruption que des caillots peuvent apporter au fonctionnement des tubes. Dans presque tous les cas, le fonctionnement du drainage est si régulier que le pansement n'est même pas mouillé et que l'on peut faire le premier pansement du 4" au G" jour. A ce premier pansement, on retire les tubes; et, suivant l'état de la plaie, on enlève ou non, en partie ou en totalité, les sutures, mais il est toujours nécessaire d'enlever dès lors les points profonds. En retirant les tubes, on place dans la vessie, parle cnnal de l'urèthrc, une sonde molle en caoutchouc, qui doit rester à demeure.
Dans quelques cas, dès le premier jour, la sonde fonctionne bien et il ne s'écoule plus de liquide par la plaie hypogastrique ; presque toujours, du 10* au 12* jour après l'opération la jilaievésicale est fermée ; et, lorsqu'on injecte 20 ou 30 gr. de liqiiide dans la vessie on voit que celle-ci commence à faire réservoir. La plaie de la paroi abdominale, à l'ouverture de son angle inférieur, est en général complètement fermée vers le 20" jour. Dans ([uelques cas, la gu(''rison est encore plus rapide et j'ai vu M. Guyon obtenir dos réunions une fois en 12 jours, une autre fois en 15 jours. Il est rare ([u'unc fistule