‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 96 sur 128 · APPRÉCIATION DES PROCÉDÉS DE DRAINAGE ET DE SUTURE · texte numérisé non relu

APPRÉCIATION DES PROCÉDÉS DE DRAINAGE ET DE SUTURE

jamais il n'a vu la désunion de la suture. Pourtant les auteurs n'ont pas pris les précautions que nous recommandons pour la sonde à demeure.

J'ai déjà dit plus haut que la cystite n'empêche pas la réunion de la vessie ; on ne s'en étonnera point si l'on réfléchit au caractère relativement superficiel des inflammations ordinaires de la vessie. Aussi je pense que la cystite ne doit être tenue pour une contreindication de la réunion primitive, que lorsqu'il s'agit de lésions très étendues qui envahissent la couche musculaire ; il A^audrait mieux alors avoir recours à la réunion secondaire.

Si la cystite et l'épuisement des malades par l'hématurie ne peuvent compromettre le succès de l'opération, il est, en revanche, une condition indispensable pour le succès ; c'est une bonne et complète hémostase de la vessie ; la formation de caillots intra-vésicaux pourrait, en effet, s'opposer au fonctionnement régulier de la sonde et, par là, compromettre la réunion. La présence des caillots suffit, en effet, à perdre le succès de l'opération : il y a donc là une contreindication réelle, mais dont il dépend en grande partie du chirurgien d'éviter les dangers.

Notre maître M. Guyon, qui a beaucoup encouragé mes tentatives dans cette voie, me faisait observer que le chirurgien trouvera les éléments nécessaires de l'indication du mode de réunion, dans l'étude du siège et du mode d'implantation de la tumeur. Il faut en effet, pour que la formation des caillots ne soit pas à craindre, qu'on puisse, une fois la tumeur enlevée, suturer complètement son point d'implantation. Lorsque la tumeur est insérée aux parois de la vessie par un pédicule mince, il est toujours possible de faire une exérèse complète dans quelque point de la vessie que siège le néoplasme, et la suture hémostatique est facile.

Alors même que les tumeurs sont multiples, si elles se présentent avec ce mode d'implantation, il est également possible de les enlever tout en assurant l'hémostase. Les conditions sont cependant alors moins simples, il se peut qu'il devienne difficile de réaliser l'hémostase : de plus, comme les pédicules sont très habituellement vasculaires, il faut, même pour les petites tumeurs, se mettre en garde contre les hémorrhasries.

362 thaitiîment. cunK nAmcAi.E

Lorsque les tumeurs do la vessie, quoique sessiles, ne présentent pas une large l)aso «rimplautaliou, la paroi est souvent envahie au delà de la muqueuse ; pourtant la résection de la paroi est possible comme nous le dirons bientôt. Dans ces conditions on n'aura pas à craindre riicmorrliagie si les surfaces cruentées peuvent être réunies ])ar la suture; et la réunimi ]irinutivo totali^ de la vessie et de la paroi nous parait alors légiiinu'.

Dans les cas où la tumeur envaliit profondément la paroi, l'opération palliative, c'est-à-dire celle dont l'indication se tire des symptômes dont on ne peut atténuer autrement la gravite, est seule de mise; alors la suture du point d'implantation ne peut être faite et la réunion primitive serait dangereuse.

En résume donc, il me semble que dans cette question de la réunion primitive après la taille hypogastrique pour tumeurs de la vessie on peut conclure :

1° Que la cystite, lorsqu'elle n'atteint pas profondément les parois de la A-essie ; que l'âge avancé du malade ou son épuisement par les hématuries n'empêchent pas la réussite de la réunion primitive.

2° Qu'il n'est pas besoin d'appliquer à la vessie des procédés compliqués de suture.

3" Qu'il est toujours prudent de laisser une sonde à demeure et que cette pratique ne présente aucun inconvénient.

4° Qu'on ne doit pas essayer la réunion primitive lorsqu'on n'a pu faire ime bonne hémostase.

Extirpation des tumeurs de la vessie par les voies naturelles.

Je serai très bref en ce qui concerne l'extirpation des tumeurs de la vessie à travers l'urèthre, que je décris ici parce que ces procédés ont pour but, comme les précédents, d'enlever la tumeur sans extirper toute l'épaisseur de la paroi vésicale.

Chez l'homme. Griinfold réussit à extirper une petite tumeur de la vessie en se servant de son cystoscope à lumière externe (voir p. 266). Antal s'est servi du cystoscope de Nitze pour reconnaître la tumeur, il a ensuite injecté dans la vessie 1.^)0 ou 200 gr. d'eau boii-

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