‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 99 sur 128 · RÉSECTION DE LA VESSIE. EXPERIENCES · texte numérisé non relu

RÉSECTION DE LA VESSIE. EXPERIENCES

ne me paraît devoir être pratiquée que lorsque, par le cystoscope, on a reconnu l'existence d'une tumeur unique, bien pédiculée, facilement accessible et qu'on a l'espoir d'extirper largement et complètement. Pour mon compte, je préférerais très rarement cette opération à la taille hypogastrique qui, pratiquée pour une tumeur présentant les conditions que je viens d'énumérer, serait extrêmement simple et, tout en donnant de plus sérieuses garanties pour l'avenir, ne présenterait en elle-même aucune gravité.

2° Résection de la vessie.

L'expérimentation démontra d'abord la possibilité de l'extirpation partielle de la vessie chez les animaux ; d'autres expérimentateurs nous apprirent ensuite que les animaux peuvent vivre lorsqu'on leur enlève complètement le réservoir de l'urine, mais les résultats étaient forts différents suivant le point où l'on fixait les uretères. Aujourd'hui la résection partielle aussi bien que l'extirpation totale de la vessie sont sorties du domaine expérimental et déjà sont nombreuses les opérations qui ont été pratiquées sur l'homme.

Pour mieux exposer l'état actuel de la question, je dirai d'abord brièvement ce que l'expérimentation nous a appris au sujet de la résection partielle ou totale de la vessie et j'exposerai ensuite séparément les procédés employés chez l'homme, dans la résection partielle et dans l'extirpation totale de la vessie.

1" Expériences sur la résection de la vessie.

En même temps que Vincent (1), de Lyon, démontrait expérimentalement les avantages de la cystorrhaphie dans les plaies intrapéritonéales de la vessie, Gluck et A. Zell (2) extirpaient avec succès la vessie et la prostate sur des chiens. Ces derniers auteurs démontrèrent, qu'il fallait, pour la réussite de l'opération, que les

(1) Vincent. Rev. de c//î>., juin et juillet 1881.

(2) Gluck et Zell. Strickers mecl. Jahrb., octobre 1881.

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uretères fussent greff('S. non dans le rectum, mais abouchés à la paroi abdominale ou à l'urcthre. Les animaux chez lesquels ils avaient fixé les uretères au rectum moururent d'inliltration d'urine ou d'cpanchement de matières fécales dans l'abdomen. Gluck et Zell n'ont jamais pratiqué sur l'homme la résection de la vessie ; mais ils ont démontré, sur le cadavre, qu'on peut enlever la totalité du réservoir sans blesser le péritoine, et que les uretères peuvent être fixés aune boutonnière uréthrale semblable à celle de l'uréthrotomie externe.

Fischer (1) enleva, sur 8 chiens, des portions considérables de la vessie ; 5 animaux guérirent.

Snamenski (2) lit plusieurs séries d'expériences. Dans une première série il extirpa en partie la paroi antérieure de la vessie et tous les animaux vécurent ; les résultats furent aussi favorables dans la seconde série d'animaux, à qui il extirpa la totalité de la paroi vésicale antérieure.

Dans une troisième série enfin, l'auteur constata qu'en enlevant les 2/3 de la vessie, le animaux pouvaient encore vivre ; mais que, quand ces limites étaient dépassées la mort survenait par péritonite. Un seul chien vécut 16 jours, quoique ayant subi une extirpation très étendue du réservoir; à l'autopsie on constata (jue la cavité de la vessie pouvait contenir une noix, que les deux uretères et les bassinets étaient dilatés, et que les reins étaient atrophiés : ces lésions expliquaient bien la mort de l'animal par urémie. Bardenheuer (3) avait essayé de conserver des chiens en greffant un des uretères dans le rectum, mais tous les animaux finissaient par succomber à la dilatation uretérale et à la pyonéphrose.

Novaro (4) essaya de faire, en deux séances différentes, d'abord la greffe des uretères dans le rectum et ensuite l'extirpation de la vessie. Cet expérimentateur pratiquait sur l'abdomen une incision

(1) Fischer. Arc/i. f. Idin. C/iir., vol. XXVIII, p. 730.

(2) Snamenski. Centr. f. Cliir., 1884, 31.

(.3) Bardemieueii, cité par Poussox. Aiin. des mal. des org. 1889, p. 215.

(4) Novaro. Bull, iiicd., 1887, p. 185.

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