‹ Les Tumeurs Du Ligament Rond De L'UtérusChapitre 34 sur 38 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

(Einaunr, 1930.)

Femme de 28 ans. On porte le diagnostic de tumeur de l'ovaire.

Il s'agissait d’un fibromyome de la portion intra-abdominale du ligament rond droit.

I y avait, au sein de la tumeur, une cavité pseudo-kystique, vraisemblablement due à une dégénérescence hémorragique centrale. La tumeur présentait des variations de volume correspondant aux périodes menstruelles, pendant lesquelles la douleur inguinale, irradiée vers l’hypocondre droit, subissait une accentuation. Il y avait aussi des troubles gastriques et intestinaux.

L'ablation de la tumeur, toujours indiquée, fut heureusement pratiquée par laparotomie médiane.

OBsERvATION XXII.

(Micaon et Comre, 1928.)

Femme de 27 ans. Elle est soignée depuis deux ans pour un syndrome faisant penser à de l’appendicite chronique : douleurs abdo-

minales, vagues sans crise véritable, constipation habituelle, céphalée postprandiale avec nausées, et soüffre au coït.

L'examen confirme l'hypothèse d’appendicite chronique. En ellet, la palpation de la fosse iliaque droite est douloureuse et révèle l'existence d’une masse mobile, du volume d’une prune, sur la nature exacte de laquelle on ne peut se prononcer (cæcum, ovaire droit ?). En outre, l’utérus semble asymétrique et porte un petit noyau sur la corne droite (fibrome, adénomyome ?). Un deuxième examen, pratiqué dix jours plus tard, après l’évacuation intestinale, confirme les données recueillies la première fois. On décide d'intervenir pour enlever l’appendice et de pratiquer une incision de Pfannenstiel pour vérifier l’appareil génital.

Intervention le 31 janvier 1927. On trouve :

1° Péricolite membraneuse à point de départ cæco-appendiculaire. Des voiles finement vasculaires et nettement délimités engainent et immobilisent le cæcum et le côlon ascendant. On les sectionne, on les résèque. Le cæcum semble alors libéré et retrouve sa forme. Appendicectomie. N

2° L’utérus est sain, il est antéfléchi, et cette antéflexion exagérée donnait vraisemblablement la sensation d’asymétrie, ayant fait croire à un noyau sur la corne droite. Les cornes et les ovaires sont sains. Il y a dans le Douglas un peu de liquide séreux. A Ja naissance du ligament rond gauche, sous le péritoine vésical, existe une greffe endométriale très nette, le péritoine ést, à ce niveau, froncé, et au centre de la collerette ainsi formée sont piusieurs petites formations kystiques noirâtres qui truflent le péritoine et font une légère saillie. Le plus volumineux de ces kystes a les dimensions d’une grosse tête d’épingle en verre. Cinq à six plus petits l’entourent comme des satellites. On résèque pour l'examen histologique.

Examen histologique. — L'aspect, à la coupe, est caractéristique: Les kystes sont arrondis et remplis de petits caillots noirâtres. Au microscope, le stroma de la tumeur est composé de petits faisceaux musculaires lisses, LOUpés en tous sens et séparés entre eux par des bandes de collagène. Dans ce collagène serpentent de nombreux

capillaires qui, pour la plupart, contiennent du sang et souvent des

mg

polynucléaires; çà et là, dans le stroma, on voit des infiltrations leucocytaires qui, souvent, s'organisent .en petits nodules lymphoïdes. En certains points il existe un œdème interstitiel, voire même des hémorragies assez localisées, avec, au pourtour, des cellules macrophagiques chargées de pigments ocres. Enfin, dans ce tissu de soutien conjonctivo-musculaire, s’isolent des kystes de toutes dimensions, de toutes formes, dont la lumière est en général vide. Ils sont bordés par des assises de cellules cylindriques. La rangée cellulaire repose sur une basale au-dessous de laquelle s'étend toujours une couche plus ou moins dense de stroma cytogène formant un véritable manchon continu ou discontinu qui -sépare les microkystes du tissu fondamental.

IT. — Diagnostic.

Nous avons vu, en étudiant la symptomatologie, que les adénomyomes intra-abdominaux du ligament rond n’ont pas de personnalité propre. Nous n’aurons jamais, en pratique, à en poser le diagnostic.

Mais nous pouvons avoir à faire celui de fibrome du ligament rond. Il est difficile, et rarement posé. Il n’est pourtant pas impossible.

Le fibrome du ligament rond étant indépendant de l'utérus, qui n'est modifié ni dans son volume, ni dans sa forme, le toucher vaginal doit faire éliminer de suite le diagnostic de tumeur de l'utérus. Mais il peut être impossible de dire où se trouve placé le corps de l’utérus par rapport à la tumeur. On croira alors à un fibrome utérin. Le diagnostic sera fait à l'opération. (Docteur Petit, de Niort.)

L'indépendance de l'utérus, constatée, permet d’affirmer l’origine annexielle de la tumeur.

Un pyosalpynx ne ressemble guère à un fibrome, et pourtant l'erreur à pu être faite par Bohler, par suite de l’existence d'une blennorragie antérieure, Il existait d’ailieurs en même temps deux petits hydrosalpynx.

in pratique, il s’agit surtout de distinguer le fibrome du

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