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Fibres miisculnircs. — 2. Substance rénale

les enfants ou tout au plus, les adolescents; Iloisholt en a cependant rapporté un cas qui concerne un jeune homme de dix-huit ans; Tune de nos observations se rapporte à un homme de 57 ans. La statistique de Taylor donne les résultats suivants sur 144 cas : 20 pour 100 au-dessous de 1 an; 24 pour iOO entre 1 et 2 ans; 17 pour 100 entre 2 et 7) ans; 21 pour 100 entre 5 et 4 ans. 7 fois sur 100, la tumeur est bilatérale. Nous indiquons brièvement que, au point de vue clinique, ces tumeurs se caractérisent par Tabsence assez fréquente des hématuries

et suiioul par leur marche rapide; elles conduisent à la morl beaucoup plus vite que les tumeurs de l'adulte.

Ces tumeurs sont d'ahord incluses dans le rein, puis, par leur croissance progressive, elles arrivent à la capsule qu'elles repoussent et détruisent, au bassinet dans lequel elles poussent des prolongements, aux gros vaisseaux et surtout aux veines qu'elles envahissent. Leur consistance est tantôt molle ou même

Fig. 00. — Adénosarcome du rein.

1. Amas de cellules rondes. — 2. Cavités d'apparence épilliélialc.

comme mucilagineuse, tantôt dure; même dans leurs premiers stades, elles paraissent toujours entourées d'une capsule; c'est, qu'en efîet, elles n'envahissent pas le tissu rénal à proprement parler; elles le refoulent, en atrophiant l'épithélioma.

Au microscope, on y trouve, comme nous l'avons dit, des éléments différents.

Les fibres musculaires striées se présentent sous forme de faisceaux de dimensions très variables; ils sont disséminés çà et Là, mais l'on en trouve assez fréquemmentdes amas disposés autour des images glandulaires, comme le représente la figure 55. La striation est souvent très nette; mais quelquefois aussi il

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est (lifficile de la reconnaître. Voici une figure 50 qui reproduit très exactement une excellente photographie que nous devons à robligeance de M. Grawitz.

Souvent les faisceaux sont fusifonnes et ne sont stries qu'à leur partie moyenne, ou bien on voit une striation Ion-

Fig. oO. — Ad(''nosrircome à filjfes musculaires striées. D'après une piiolographic due à M. Grawilz.

gitudinalc; dans le cas de Manasse, les fibres renfermaient de véritables cylindres de glycogène : il faut probablement alors les rattacher au système musculaire lisse, car Manasse aurait vu des images semblables chez l'embryon à certaines périodes du développement du tissu musculaire lisse. Enfin à côté de ces formes à différenciation avancée, on voit toute les transitions avec des éléments fusifonnes et des cellules rondes que certains auteurs considèrent aussi comme étant de nature musculaire.

Il est à remarquer que les fibres musculaires se rencontrent en divers points de la tumeur; c'est là un fait intéressant, car il

montre que ce tissu ne se développe pas aux dépens d'un noyau unique, mais par des germes multiples et disséminés.

Les fibres musculaires lisses ont été trouvées très habituellement dans ces tumeurs. Comme le fait remarquer Wilms, on n'a jamais eu beaucoup de difficultés à expliquer leur présence. 11 y a, en effet, normalement dans le rein des fibres lisses dans trois zones différentes : la capsule, le bassinet et l'appareil vasculaire. En outre, Jardet et Albarran ont décrit des fibres lisses dans le tissu conjonctif périvasculaire, en dehors des vaisseaux intrarénaux. Mais il ne faut pas oublier que dans nombre de cas à fibres lisses, la tumeur était incluse dans le parenchyme rénal; le tissu contractile ne pouvait dans ces cas provenir ni du bassin, ni de la capsule. Or, il semble que les éléments musculaires pourraient se trouver autour des vaisseaux ou en dehors d'eux; cela est ainsi, et quelquefois les fibres lisses sont nettement indépendantes de l'appareil vasculaire ; par contre, elles sont accompagnées de cellules fusiformes qui leur donneraient naissance'.

On a fréquemment signalé dans ces tumeurs des îlols cartilagineux; Hoisholt, Ribbert, Perthes, Manasse, les ont rencontrés. Il s'agit de cartilage hyalin, en masses généralement peu abondantes. Wilms fait remarquer qu'on les rencontre surtout chez des adolescents (Perthes, 11 ans; Hoisholt, 18 ans), ce qui semblerait indiquer qu'ils ont besoin, pour se développer, d'un laps de temps assez long; les néoplasmes des enfants plus jeunes, à croissance extrêmement rapide, ne leur permettraient peut-être pas de se différencier. Il ne faut pas oublier cependant que Manasse les a rencontrés chez un jeune enfant.

Les diverses formes du tissu conjonctif sont moins intéressantes que les tissus précédents, puisque l'on peut supposer qu'elles prennent leur origine dans les éléments normaux de l'organe.

he tissu graisseux se rencontre sous forme d'amas isolés dans la masse de la tumeur; d'après Wilms il serait plus fréquent qu'on ne l'a dit, puisqu'il l'a rencontré dans toutes les tumeurs qu'il a suffisamment examinées.

1. Dans un cas que nous avons eu l'occasion d'examiner, la néoformation du tissu musculaire lisse était nettement concentrée autour des vaisseaux.

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Il en est de même du tissu claslique signalé depuis longtemps par Brosin et Vogler : fait assez curieux, il ne se colore pas par l'orcéine, ce qui tiendrait à ce que tous les éléments n'ont pas atteint le même degré de développement.

Enfin, on a rencontré dans ces tumeurs les (issus uiuqueiix, fibreux, embryonnaires.

Avant de passera l'étude de l'élément épitliélial qui forme une des caractéristiques de ces tumeurs, nous tenons à rappeler que Busse a trouvé dans un cas des cellules ganglionnaires qu'il considère comme des éléments nerveux; il y a là un fait qui mérite d'être confirmé, car il viendrait encore compliquer singulièrement le problème de l'origine de ces tumeurs rénales.

Il faut réserver une étude spéciale aux formations glandulaires. On peut dire, en effet, que c'est par elles que Birch-Hirsclifeld a pu isoler ce groupe de tumeurs et le séparer des sarcomes. C'est que le tissu épithélial, en effet, n'est pas toujours abondant; il faut souvent le chercher, et ce n'est qu'après l'examen de nombreuses coupes que l'on est en droit d'affirmer son absence et de donner à la tumeur le nom de sarcome en général ou, plus rarement, de lipomyome, etc. C'est un fait sur lequel il faut insister et qu'il faut bien connaître; il est à croire, en effet, que nombre de tumeurs dans lesquelles l'examen microscopique paraît très consciencieux, sont incomplètes sous ce rapport'.

Les formations glandulaires observées dans les tumeurs que nous étudions, présentent cette particularité qu'à côté de formations et de cellules franchement épithéliales, on trouve des cellules rondes, analogues à celles du tissu conjonctif et qu'il est impossible d'isoler des premières. Dans la tumeur de Dôderlein, examinée par Birch-Hirschfeld, il y avait des amas cellulaires dans lesquels éléments ronds et épithéliaux étaient mélangés et donnaient à première vue l'impression d'un sarcome à cellules rondes, mais on voyait des images de transition qui conduisaient insensiblement à des figures glandulaires. On peut dire en somme que l'on rencontre tantôt des amas de cellules rondes qui rappellent absolument le sarcome parvi-

1. Nous rappelons que l'une de nos observations personnelles, dont nous avons donné le dessin plus haut, avait été déjà publiée sous le nom de sarcome après un examen liistologiquc attentif.

cellulaire, taiilôt des formations glandulaires biennettes comme celles que nous avons figurées, tantôt enfin, des groupements dans lesquels ces deux formes se trouvent intimement mélangées. Nous en avons déjà donné un exemple avec la figure 55. En voici un autre emprunté à \\'ilms (fig. 57). On y voit, à côté de

tubes plus ou moins contournés, des amas cellulaires d'éléments ronds qui se différencient très mal des formations tubulaires. On a dit que ces images rappelaient les formes de développement du corps de Wolff. Sans doute, mais si l'on cherche des analogies, on peut les trouver aussi grandes dans le développement du rein définitif; les cellules rondes figurent assez bien le blastème rénal, tandis que les tubes correspondent aux bourgeons urétéraux.

Est-il possible d'aller plus loin dans cette étude qui se borne pour le moment à être purement objective et d'indiquer les relations qui unissent l'une à l'autre ces deux variétés d'éléments? Birch-IIirschfeld a défendu l'idée que le processus glandulaire était primitif et que les amas des cellules rondes en dérivaient. S'il en était autrement, pense-t-il, il faudrait admettre une évolution pseudoadénomateuse d'un sarcome à cellules rondes.

On peut lui répondre, avec Hertwig : La différenciation dans un blastème n'est que la révélation, à nos yeux, de la structure d'une masse cellulaire qui n'était demeurée confuse jusque là que grâce à l'insuffisance de nos moyens d'exploration. 11 ne s'agit donc pas de l'évolution pseudoadénomateuse d'un sarcome à cellules rondes, mais de la transformation normale d'éléments épithéliaux qui conservent encore une forme arrondie.

Wllms, qui a bien étudié toute cette question, pense au

Fig. 57. — D'après Wilms. Die Miacligeschwiilste der Nietv, pl. I, 11g. i. Coupe de tumeur mixte rappelant le rein embryonnaire.

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conlrairc, que les formations glandulaires sont des phases d'évolution progressive des amas de cellules rondes. 11 fait remarquer, en effet, que dans les parties jeunes de la tumeur, à la périphérie, on trouve surtout cette dernière forme, bien plus fréquemment que les formes épithéliales adultes. En outre, il a remarqué que dans un noyau aberrant d'une tumeur mixte du rein, on ne rencontrait pas de processus glandulaire vrai, mais seulement des groupements assez réguliers de cellules rondes. C'est, au contraire, dans les territoires plus âgés que l'on voit progressivement se différencier les figures tubulées que l'on ne rencontre guère à l'état d'adénome pur que dans les parties les plus avancées en développement. Il nous paraît donc que Topinion de Wilms est la plus vraisemblable; encore faudrait-il démontrer que ces cellules rondes sont des éléments épithéliaux très jeunes. Nous reviendrons plus tard sur cette question ; niais nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître que nous nous heurtons là encore à l'une des multiples inconnues que présente le problème complexe de la patliogénie des tumeurs du rein.

Cette question, qui appartient plutôt à la pathologie générale des tumeurs, ne mériterait pas un chapitre distinct, si certains auteurs, en Allemagne surtout, n'avaient essayé, dans ces dernières années, de faire de la présence du glycogène une caractéristique des néoplasmes rénaux et même de certaines de leurs variétés'.

Nous conmiencerons donc par donner quelques brèves notions générales sur cette substance et sur sa recherche.

Le glycogène est un sucre de constitution mal d(Tinie jusqu'à présent; on le range dans le groupe des hydrates de carbone, à côté des matières amylacé>es.

1. Consulter, sur la glycogcnèse dans les tumeurs en général, les diverses publications de Brault et, en particulier, Le pronostic des taineurs basé sur la recherche du (jlycoghie, brochure de rOKuvre médicochirurgicale De la production du glycogène dans les tissus qui avoisinent les tumeurs. Arch. gên. de méd., janvier \m.

TUMEURS DU PARENCHYxME RÉNAL CHEZ L'ADULTE.

On rochcrche le glycogène par divers procédés ; le plus commode est le suivant dont nous empruntons la description à Brault : 11 est basé sur la coloration intense communiquée par l'iode à cette substance. 11 faut, en effet, une métbode décoloration spéciale, bors laquelle on peut bien reconnaître l'existence de blocs bomogènes, mais sans pouvoir les identifier ; cela explique que les relations bistologiqucs ordinaires n'en fassent pas mention.

Il faut aussi savoir que le glycogène est très instable ; il disparaît facilement sur les pièces d'autopsie prises vingt-quatre heures ou plus après la mort; il faut donc faire les autopsies après douze ou quinze heures au maximum; il va sans dire que les pièces opératoires sont préférables encore. Enfin, cette substance se dissout dans l'eau, pas toujours complètement, assez cependant pour que l'on puisse la reconnaître; il est donc utile de fixer le tissu à examiner non avec un liquide aqueux (Mûller, etc.), mais avec l'alcool; même la fixation faite, il faut éviter de passer les coupes dans l'eau. Cependant Ilildebrand dit avoir obtenu de bonnes fixations avec la solution aqueuse de sublimé.

On prend donc des fragments de mince épaisseur, 2 à 5""", aussi larges que l'on voudra; on les immerge pendant vingt-quatre heures dans l'alcool à 90 ou 95*^ ou mieux dans l'alcool absolu. Puis on fait des coupes directement ou après inclusion dans le collodion, ce qui n'a pas d'inconvénient, l'éther ne dissolvant pas le glycogène. Les préparations doivent être reçues dans l'alcool, bien entendu; on étale, on fixe sur la lame de verre par demi-dessiccation et on recouvre du réactif suivant : Eau, 50 à 40 gr., iodure de potassium 10, iode 1, solution de gomme sirupeuse 200 (la gomme est destinée à s'opposer à la dissolution du glycogène dans l'eau). Le lendemain on remet une légère couche gommeuse et on recouvre d'une lamelle lutée. On peut alors examiner et on voit le glycogène sous la forme de plaques intracellulaires d'une coloration brun acajou, se détachant sur un fond jaunâtre uniforme.

Le procédé que nous venons de donner est le plus simple et le plus pratique. Lubarsch en indique un autre dérivé de la méthode de Weigert :

Colorer les coupes 2 minutes dans la solution anilinée de

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violet de gentiane en cliauffant légèrement; lavera l'eau, passer au liquide de Gram, dessécher avec du papier filtre, décolorer à Taniline ou au xylol-aniline, monter dans le baume. Les gouttes de glycogène ont une coloration intense qui varie du bleu au violet. Lubarscli reconnaît que le procédé est délicat dans son application.

Lubarscli indique encore le procédé suivant imité de Sanfelice. 11 emploie une solution dliématoxyline iodée ainsi faite :

Hématoxyline vieille de Delafield. 10'"

Liquide de Gram 10"

Eau distillée 5'"

(Solution à conserver à Tabri de la lumière.)

Colorer les coupes 5 minutes, laver 1 ou 2 fois dans l'alcool absolu, éclaircir au xylol, et monter dans le baume. Cette méthode donne de bonnes colorations cellulaires, mais on voit en somme que, comme la précédente, elle est basée sur l'action de l'iode sur le glycogène.

On peut encore (Hildebrand) recbercher le glycogène en faisant macérer des fragments de la tumeur dans un mélange de salive et d'eau; on recherche chimiquement le glucose dans le liquide décanté.

Lorsqu'on examine les tissus glycogénés traités ]:)ar une des méthodes iodées que nous venons d'indiquer, on voit le glycogène répandu dans les éléments épithéliaux sous forme de gouttes plus ou moins volumineuses; certains auteurs pensent qu'il n'a d'autre forme que celle de l'élément cellulaire, et qu'il est dissous uniformément dans tout le corps proloplasmique ; mais au microscope, il apparaît sous forme de boule ou môme assez fréquemment sous forme de croissants à pointes effilées ; il ne siège ni dans le noyau des cellules épithéliales, ni dans le tissu conjonctif.

Ces préliminaires un peu longs nous étaient indispensables pour aborder l'étude du glycogène dans les tumeurs uuilignes du rein.

On l'y rencontre, en effet, fréquemment, aussi souvent presque qu'on a pris la peine de le rechercher.

Brault dit : « Les masses cellulaires sont avides de glyco-

TUMEUltS DU ItEIN. O

TUMEURS DU PARENCHYME RÉNAL CHEZ L'aDULTE.

gène;riode y détermine une réaction violente surtout appréciable à la péripliérie des bourgeons, au contact de la substance rénale respectée. — On sait qu'en augmentant de volume, les épitbéliomas du rein arrivent jusque sous la capsule épaissie. Dans cette zone d'induration, on trouve des tubes déformés et des glomérules complètement fibreux; très souvent les veines et les lympliatiques, plus souvent les veines de la capsule contiennent, même à grande dislance, des bourgeons cancéreux formés de cellules épithéliales obstruant complètement leur cavité. L'iode communique à ces amas cellulaires la leinle acajou caractéristique et comme ces tbromboses cancéreuses sont complètement isolées dans un tissu dont la coloration est uniforme, elles font une tache qui attire immédiatement Tattention. »

On trouve donc du glycogène dans beaucoup de tumeurs du rein, ce n'est pas douteux. Est-il possible de savoir à quelle variété liistologique répondent les néoplasmes à glycogène? D'une façon générale, Brault l'a rencontré dans toutes les tumeurs à marche rapide quelle que fût leur origine, sarcomes, épithéliomes, etc. Il est rationnel de penser qu'il en est ainsi dans le rein. C'est en etTet ce qui arrive. Driessen en trouve en abondance dans ses endothéliomes : c'est lui, dit-il, qui donne aux éléments cellulaires de ces tumeurs cet aspect épithélioïde, ces contours nets, ce contenu clair, vitreux, réfringent, qui font que l'on a quelque peine à leur refuser l'origine épithéliale. C'est un glycogène absolument semblable, dit-il, à celui du foie; c'est aussi celui qu'il a trouvé dans ses endothéliomes des os; il disparaît, comme partout ailleurs, par la mort des cellules et on ne le retrouve pas dans les parties nécrosées de la tumeur ; il affecte dans ces tumeurs la forme en demi-lune.

Hildebrand l'a retrouvé également dans les tumeurs qu'il considère comme des endothéliomes et que nous avons discutées précédemment ; il se trouvait exclusivement dans le protoplasma cellulaire et nullement dans le tissu conjonctif. Askanazy en a rencontré dans des tumeurs analogues. Nous avons vu antérieurement que Manasse en avait trouvé en très grande quantité dans des rhabdomyosarcomes du rein; certaines cellules musculaires encore reconnaissables en contenaient une véritable réserve; il en a vu aussi dans des adé-

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nomes, des carcinomes, en somme, dit-il, dans toutes les tumeurs du rein non fixées dans le Mùller. D'autre part, Lubarsch, examinant trois fibromes de la substance corticale et deux de la substance médullaire, ne trouve pas de matière amylacée; il n'en rencontre pas davantage dans trois adénomes corticaux, dans un myofibrome de la corticale, dans deux sarcomes, dans un gros carcinome. 11 en trouve, au contraire, dans un myoliposarcome et Langhans dans des sarcomes.

Brault dit que le glycogène se rencontre en abondance dans tous les sarcomes du rein récemment opérés.

Toutes ces considérations n'auraient qu'un intérêt des plus restreints, si l'on n'avait essayé de les rattacher à la pathogénie des tumeurs du rein.

C'est Lubarsch surtout qui a essayé d'établir que la présence du glycogène dans certains néoplasmes démontrait leur origine surrénale, en partant de l'idée de Langhans, Askanazy et bien d'autres, que les tumeurs à glycogène sont d'origine embryonnaire. Est-il nécessaire de faire remarquer que le glycogène se rencontre dans bien d'autres tumeurs qui ne sont nullement de nature congénitale ni même développées aux dépens d'un organe à glycogène (car un argument de Lubarsch est que les tumeurs malignes du rein tirent leur glycogène du noyau surrénal qui leur a donné naissance et qui en renferme normalement) ? Nous ne pensons pas qu'il soit possible encore, à l'heure actuelle, de défendre des idées aussi absolues.

Hildebrand, trouvant du glycogène dans ses trois endothéliomes et ne le retrouvant pas dans six cas de sarcomes et carcinomes, pense trouver dans la matière amylacée une caractéristique des endothéliomes; il fait des recherches qui lui montrent naturellement que bien des tumeurs du même genre, développées sur d'autres tissus, renferment du i>-lycogène.' Mais ces recherches sont évidemment trop restreintes; il eût lallu faire l'épreuve inverse et examiner des tumeurs malignes non angioblastiques; on aurait vu alors que la forme histologique du néoplasme n'a que peu d'influence sur sa teneur en glycogène.

Quelle est donc la signification du glycogène dans les tumeurs du rein? Ce qu'elle est probablement dans les autres

néoplasmes. Il est vraisemblable qu'il s'agit non d'un produit de dégénérescence cellulaire ou de subinvolution de substances protoplasmiques incomplèlementélaborées, mais plutôt, comme le pense Brault, d'une sorte de réserve alimentaire destinée à fournir à la reproduction d'une cellule en état d'activité intense.

En eiïet, tandis que la plupart des tissus du fœtus renferment en abondance du glycogène analogue à celui des tumeurs, on n'en trouve chez l'adulte, dit Brault, que dans le foie et les muscles, avec intermittences d'ailleurs et plus constamment dans les cartilages et les fibrocartilagcs; quoi qu'en dise Lubarscli, on n'en trouve pas toujours dans les capsules surrénales. Qu'une tumeur vienne à se développer rapidement sur un organe et que cet organe renferme ou non préalaldement du glycogène, cela n'a pas d'importance. On voit immédiatement la substance amylacée apparaître, et elle apparaît non seulement dans les éléments de la tumeur elle-même, mais dans les revêtements pavimenteux stratifiés les plus voisins : on en voit en grandes masses dans l'épiderme, dans les glandes sébacées, les glandes sudoripares. On peut considérer que le glycogène est un élément tenu en réserve dans les cellules pour leur développement ultérieur; il doit donc être d'autant plus abondant que la tumeur présente un développement plus rapide. « Le coefficient glycogénique d'une tumeur, dit Brault, indique son degré de malignité. »

On ne peut s'empêcher cependant de faire remarquer que l'on trouve du glycogène dans les tissus épidermiques qui avoisinent une tumeur et qui ne doivent pas présenter une suractivité formative excessive, que l'on en rencontre aussi dans la peau avoisinant non seulement des tumeurs malignes, mais aussi des tumeurs bénignes et même des produits simplement inflammatoires. D'autre part, Hildebrand, Lubarsch, pour le cas particulier des tumeurs du rein, en ont trouvé aussi dans des néoplasics bénignes. Il semble donc que tout ne soit pas encore connu sur la signification de cette substance et sur l'interprétation de ses proportions relatives dans les diverses tumeurs.

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De même qu'on a cherché à fah^e du glycogène ha suhsUance caractéristique de certaines tumeurs, on a essayé aussi d etabhr le même fait pour la lécithine.

La lécithine est une combinaison ammoniacale phosphoree.

Oii la trouve en abondance dans le règne animal et végétal. Voici, d'après Gatti, le procédé indiqué par Hope Seyler pour sa recherche : on prend 90 grammes de la tumeur; on la malaxe et on répuise par l'alcool pendant 7 heures au bain-marie; on décante et on épuise de nouveau 5 fois par 400 centimètres cubes d'alcool pendant 7 heures chaque fois, toujours au bainmarie. On fdtre ces 4 liquides et on évapore le filtratum jusqu'à consistance sirupeuse. On neutralise par l'acide acétique et on épuise de nouveau la masse obtenue par un mélange à parties égales d'alcool et d'éther. On réduit de nouveau à consistance sirupeuse. On épuise cette masse 4 fois par 100 centimètres cubes d'éther sulfurique chaque fois pendant 6 jours; on filtre et on évapore de nouveau.

On étend alors la masse de 200 centimètres cubes d'eau de baryte et on porte à Fébullition pendant 1 heure : la lécithine se décompose en acide phosphoglycérique, acide stéarique et choline. On fait passer pendant 2 jours un courant d'acide carbonique pour se débarrasser de la baryte et on filtre. L'acide phosphoglycérique contenu dans le filtratum est insoluble dans l'alcool. On le précipite donc par l'alcool, on décante et on ajoute par précaution de l'alcool au liquide décanté. Au bout de 2 jours, on filtre : le précipité retient l'acide phosphoglycérique.

On le dissout dans un litre d'eau et on ajoute du chlorhydrate d'ammoniaque et delà mixture magnésienne [Magnesiamixlur). On précipite ainsi le phosphore de l'acide phosphoglycérique à l'état de phosphate ammoniaco-magnésien. On filtre, on traite le filtratum par une nouvelle quantité de réactif magnésien jusqu'à ce qu'on n'ait plus de précipité. On a maintenant sur le filtre tout le phosphate ammoniaco-magnésien. On lave ce précipité à l'ammoniaque jusqu'à ce que le liquide de

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lavage ne se trouble plus par addition de nitrate d'argent et d acide azotique.

On sèche le fdtre (4 heures à 100") et on recueille le précipité que Ion pèse. On multiplie par 7/2705 le poids de phosphate ainsi obtenu et on a le poids de lécithine contenue dans 1)0 grammes de la tumeur.

Gatti a trouvé dans son observation 5^4735 de lécithine pour 100. Il compare ce résultat à la proportion de 0,50 pour 100 trouvée par Hope Seyler dans un néoplasme en choufleur développé à loriflce d un trajet fistuleux du bras. 11 fait remarquer d'autre part qu'Alexander en a trouvé 2,40 pour 100 dans la partie corticale de la capsule surrénale et 4,50 pour 100 dans la partie médullaire. Or, les autres tissus de leconomie en contiennent beaucoup moins, sauf le cerveau qui en renferme environ 5 pour 100 dans la substance grise et 1,50 pour 100 dans la substance blanche. Alexander n'en a trouvé que 0 55 à 0,/0 pour 100 dans le sang desséché, 0,50 pour 100 dans la bile, etc. Or, Gatti considère la tumeur comme développée aux dépens des germes surrénaux. Il estime donc qu'il y a là un nouveau caractère important de ce genre de tumeurs Tout ce que l'on en peut dire, nous semble-t-il, au moins pour le moment, c'est que ce point de diagnostic histologique appelle de nouvelles recherches.

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