CONCLUSIONS
Si, après ces longues discussions, nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur la patliogénie des différentes variétés des tumeurs rénales que nous avons décrites, il nous semble que dans l'état actuel de nos connaissances, on peut considérer trois grands groupes de faits.
Le premier groupe comprend les adénomes tubulaires et papillaires et l'épithélioma carcinoïde avec la forme de ti-ansition constituée par Tadénocarcinome. Toutes ces tumeurs naissent soit des débris embryonnaires pararénaux, soit de l'épithélium des canalicules adultes.
Le second groupe comprend d'un côté les pseudolipomes bénins de Grawitz ainsi qu'un certain nombre d'adénomes alvéolaires et, d'un autre côté, les hypernéphromes malins qui englobent en grande partie les épithéliomas à cellules claires. Toutes ces tumeurs à évolution bénigne ou maligne peuvent provenir des débris capsulaires. Il est possible d'ailleurs qu'un certain nombre de cancers à cellures claires aient leur point de départ dans les canalicules rénaux.
Le troisième groupe comprend les sarcomes, les lipomes, les angiosarcomes vrais, originaires des tissus mésodermiques du rein.
Le quatrième groupe, enfin, les tumeurs mixtes émanées de germes embryonnaires.
Nous avons terminé ce que nous avions à dire de l'anatomie pathologique et de la patliogénie des tumeurs du rein; nous nous sommes proposé d'exposer et de discuter impartialement toutes les opinions; si l'on trouve cet exposé bien long.
PATHOGÉNIE
il faut se souvenir des nombreuses dinicuUés que nous avons rencontrées à chaque instant, des longues discussions, des doctrines dont beaucoup renferment une part de vérité, dont le plus grand nombre ont été démesurément généralisées. Nous avons fait notre possible pour les ramener à d'équitables prol)ortions, nous souvenant de la phrase de Virchow, si vraie d'une vérité générale, mais qui s'applique plus spécialement peut-être aux tumeurs du rein :
« Comme toujours, Texclusivisme conduit à ne voir qu'un seul côté des choses et aboutit à Terreur. Chacun considère ses recherches comme les plus démonstratives et, au lieu de se demander si un autre n'aurait pas eu une vision exacte, tient pour fausses les idées qui ne concordent pas avec les siennes'. »
1. Nous remercions MM. Grawitz et Beneke qui ont bien voulu nous communiquer leurs idées actuelles sur les tumeurs du rein.