CHAPITRE IV
SYMPTOMES
On vient de voir que Tanalomie pathologique des tumeurs malignes du rein s'est trouvée profondément moditiée par les travaux parus en ces dernières années. Les cadres se sont précisés, les espèces se sont créées: l'étude histologique surtout a largement bénéficié des recherches entreprises principalement dans le sens pathogénique. Quant à la pathogénie elle-même, si elle ne nous a cerles pas fourni de notions solidement assises, indiscutables, nous lui devons des aperçus ingénieux et fort intéressants.
Pendant que nos connaissances anatomiques subissaient ces profondes transformations, tandis que la thérapeutique s'engageait dans une voie plus hardie et tendait vers les interventions précoces, les seules qui aient donné des résultats appréciables, nos connaissances cliniques, bien étabhes depuis longtemps, demeuraient quelque peu stationnaires : à part quelques points de détail, tels que l'étude comparée de la sécrétion des deux reins, on peut dire que le tableau symptomatique ne se différencie pas profondément de ce qu'il était il y a quelques années.
Il resterait cependant une œuvre à accomplir; il serait intéressant et utile de superposer les types cliniques, bien connus depuis longtemps, aux espèces anatomiques que nous avons déterminées. Un pareil travail est encore impossible à l'heure qu'il est, en admettant qu'il puisse être fait un jour. Les variétés anatomiques en effet ne sont point encore établies sur des bases suffisamment solides : ce qui le démontre bien, ce sont les curieux résultats que l'on obtient lorsqu'on tente une statistique; on ne tarde pas à se rendre compte que le nombre des cas de chaque espèce varie dans des proportions considérables suivant les auteurs. Tel chirurgien n'a vu que des carcinomes, tel anatomo-pathologiste n'a rencontré que des strumes surré-
224 TUMEURS DU PARENCIIY.ME RÉNAL CPIEZ L'ADUETE.
nales. Ici aulrc n'a observé que des angiosarcoiiics. 11 est trop évidciiL qu'il ne faut voir là (jue le résultat de l'exclusivisme naturel à chaque théorie. Essayer dans ces conditions d'établir la concordance entre l'anatoniie et la clinique, c'esl se livrer à un Iravail frappé d'avance de stérilité. Il y aurait cependant ti^rand intérêt à résoudre ce pi'oblème : le diagnostic de h\ variété anatomique donnerait au chirurgien de précieuses indications et les interventions y gagneraient certainement eh précision. Dans l'impossibilité où nous sommes de donner des l'ègles précises, nous nous bornerons, en étudiant le diagnostic, à fournir les bases fragiles sur lesquelles on peut édilier un diagnostic différentiel bien vague, nous contentant, dans ce chapitre de sémiologie, de donner une classilication essenliellement clinique.
La première qui se présente à l'esprit est naturellement la division en tumeurs primitives et tumeurs secondaires. Ainsi que nous l'avons fait jusqu'ici, nous laisserons ces dernières de côté et nous n'en parlerons qu'occasionnellement; nous aurons donc en vue les tumeurs primitives du rein.
S'il est un point sur lequel l'anatoniie pathologique concorde avec la clinique, c'est certainement en ce qui concerne l'âge des malades. Nous avons montré, dans un précédent chapitre, que les tumeurs du rein se rencontrent aux âges extrêmes de la vie, dans la première enfance et vers la cinquantième année; nous avons vu aussi que l'histologie pathologique a distingué depuis longtemps les tumeurs spéciales à chacune de ces deux périodes : on trouve, en effet, dans tous les livres classiques, cette notion que les tumeurs des enfants sont des sarcomes, tandis que celles des adultes sont des carcinomes. Or, les travaux les plus récents, s'ils ont profondément modifié nos connaissances histologiques, n'en ont pas moins maintenu cette distinction fondamentale. Nos conceptions cliniques la corroborent parfaitement; nous verrons en effet plus loin que la symptomatologie des tumeurs de l'enfant, en dehors de la notion d'âge, est très notablement dilférente de celle des tumeurs de l'adulte. Il y a donc lieu, à tous égards, d'en faire une étude particulière; nous leur consacrerons plus tard un chapitre spécial, nous bornant, pour le moment, aux Lumeurs malignes du rein chez Vadulle.
SYMPTOMES
Nous commencerons par exposer l'élude de chaque symptôme en particulier el, dans une seconde partie, nous grouperons les divers symptômes en formes cliniques distinctes.
Les signes des tumeurs du rein se divisent en :
^. , . I Hématurie,
bi2:nes pliysiques . .
^ I 1 umeur.
! Douleurs, Caractères de l'urine, troubles de la miction, Troubles de compression, \ Symptômes accessoires.
Signes généraux.
Nous commencerons par les plus importants, les signes physiques.