‹ Les tumeurs du reinChapitre 26 sur 161 · cas. Douleur, 1"' symptôme 'M · texte numérisé non relu

cas. Douleur, 1"' symptôme 'M

seule '-^

seule 50

avec hématurie . 10

avec tumeur. . . 5

seule 14

avec hématurie avec tumeur. .

seule

avec'lîémalurie avec tumeur. .

seule

avec hématurie avec tumeur. .

Dans le cours de la maladie, la douleur, avec des caractères variables, est assez fréquente : sur 505 cas, nous la trouvons notée 154 fois, soit dans une proportion de 44 pour 100. Le tableau suivant indique les différences qui existent à ce point de vue dans les différentes variétés de tumeurs rénales.

Douleur

Douleur

Douleur

Cas avec

Douleur

et

el

Ilémalurie

Douleur

seule

Ilémalurie

Tumeur

Tumeur

Adénomes ....

cas. 6

l^pithéliomas. . .

liypernéphromes .

Sarcomes

Tumeurs diverses.

Ce tableau montre que le symptôme douleur est à peu près aussi fréquent quelle que soit la variété histologique de la tumeur ; il montre aussi combien sont rares les cas où la douleur constitue à elle seule tout le cadre symptomatique.

La douleur est donc un signe inconstant mais qui n'est pas à négligei- et qui indiquera parfois le côté atteint bien avant que les signes physiques ne viennent confirmer le diagnostic.

Son intensité est variable, modérée d'ordinaire; cependant, elle peut être extrêmement violente : le malade de Wagner était affecté de névralgies très douloureuses, analogues aux névralgies lombo-abdominales ; celui de Péan avait été obligé, par l'intensité des symptômes douloureux, à s'aliter pendant

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plusieurs mois; dans le cas de Brault, les douleurs amenèrent la mort par épuisement. Tout cela n'est cependant pas la règle et il n'est point rare d observer des malades atteints de tumeurs volumineuses du rein cl (|ui n'ont jamais ressenti de vraies douleurs. Tout au plus se plaignent-ils d'une pesanteur dans l'abdomen et dans la région lombaire.

Au reste, les caractères de ces phénomènes douloureux, très variables en eux-mêmes, semblent bien indiquer que l'origine n'en est pas unique.

Ils siègeut Irès habituellement dans la région rénale et 1 hypocondre : c'est ordinairement une douleur sourde, spontanée; la marche, les mouvements, les secousses, l'exploration et même la pression exercée sur la tumeur ne les provoquent ni ne les augmentent; mais les malades sont sujets à desexacerbations très douloureuses, de véritables crises qui peuvent s'irradier, soit vers le thorax, soit dans l'abdomen ou le testicule, soit dans la fesse et la cuisse du côté atteint. La propagation dans la région rachidienne doit faire penser à un envahissement des vertèbres par le néoplasme. Ces crises douloureuses n'ont aucun rapport avec les mouvements et surviennent aussi bien la nuit que le jour. Ces caractères les distinguent nettement de celles que l'on observe dans la lithiase rénale.

Il est probable que les causes en sont multiples. Comme dans tous les cancers, les phénomènes névralgiques avec irradiations sont dus vraisemblablement à des compressions nerveuses. Il est possible aussi, comme le pense Heresco, que la simple distension d'un kyste hématique, la congestion même de l'organe les provoquent. On peut les observer aussi au cas d'obstruction de l'urelère par un caillot : il s'agit alors de véritables coliques néphrétiques dues en partie à la migration du corps étranger, en partie à la distension du bassinet et de l'uretère. Il en était certainement ainsi dans un cas d'Albarran ; les crises douloureuses se reproduisaient tous les quatre ou cinq jours et précédaient toujours l'hématurie; l'opération suivie d'examen inicroscopi(iue démontra qu'il s'agissait d'un épithéliome à cellules claires. Ce sont là, du reste, des faits sur lesquels M. Guyon a depuis longtemps appelé l'attention. Il a fait remarquer que les douleurs des néoplasiques surviennent non seulement avant, mais encore pendant l'hématurie, ce qui

SYMPTOMES

prouve l)icn qu elles sont dues à l'expulsion des caillots. On trouvera plusieurs exemples de ce genre dans nos tableaux d'observation.

En dehors des irradiations que nous avons indiquées, la douleur du cancer peut se localiser en des régions plus ou moins éloignées du rein. On l'observe quelquefois à l'hypogastre, soit qu'il s'agisse d'une cystite due au cathétérisme, soit qu'elle résulte simplement d'une irradiation de la douleur rénale. Les douleurs pourraient même être si exactement localisées à la vessie qu'on les aurait quelquefois rattachées à une lésion vésicale. Enfin, il ne faut pas oublier que lorsque l'hématurie est abondante, elle délermine la formation de caillots dans la vessie : les mictions peuvent dans ces cas devenir extrêmement douloureuses, et il peut être difficile de savoir si l'on a affaire à une lésion de la vessie ou des reins.

Il arrive que ces phénomènes douloureux ne sont pas localisés à l'appareil urinaire ; parfois, comme dans le cas de Griffon et Dartigues, une douleur épigastrique n'est que l'expression symptoma tique d'une généralisation stomacale ou œsophagienne. Mais on voit aussi se produire des crises gastralgiques, cl'une intensité parfois très pénible, difficiles à expliquer et créant une symptomatologie des plus troublantes. Kelynack, par exemple, rapporte un cas (22*2) dans lequel les douleurs, accompagnées de vomissements, apparurent plusieurs années avant que l'attention fût attirée du côté du rein ; il en fut de même pour un malade de Delagenière et l'on porta, dans ce cas, le diagnostic d'hydronéphrose intermittente. On a signalé aussi dans quelques cas l'existence de douleurs, parfois très intenses, à caractère névralgique, siégeant dans le testicule (obs. de Nitze, Swift). Enfin, il faut noter encore une observation de Kelynack dans laquelle l'affection débuta par une céphalalgie persistante.

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