MARCHE
symptôme isolé ou associé aux autres. Il est à noter du reste que, dans bien des cas, les douleurs initiales sont associées à des hématuries. (Voyez à ce sujet l'étude de chaque sym})tômc en particulier.)
Mais à côté de ce mode de début classique en quelque sorte, il en est qui mettent volontiers sur la voie d'une erreur de diao'uostic. C'est ainsi que, dans une observation de Gangitano, l'alTection débuta par des troubles digestifs et des vomissements ; ce ne l'ut que plusieurs mois après qu'apparut une tumeur abdominale à développement rapide ; il en fut de même dans un cas de Kelynack déjà cité; au reste, ces troubles digestifs initiaux, si fréquents chez l'enfant, se voient de temps à autre chez l'adulte. Dans un cas de Delagenière, le début fut si brusque par les vomissements et les douleurs que l'on fit le diagnostic d'hydronéphrose intermittente.
Dans d'autres circonstances, les douleurs du début de l'affection affectent le caractère de la colique néphrétique et l'on peut alors prendre un rein néoplasique pour un rein calcu- Icux. Enfin, quelquefois les divers œdèmes, dont nous avons déjà signalé la possibilité, sont des signes avant-coureurs ; nous ne citerons à ce sujet que l'observation curieuse de Rowsing dans laquelle un œdème du pied apparut bien avant que l'on put songer au rein.
Nous insistons encore ici sur ce fait important que, quel que soit le premier symptôme qui appelle l'attention du malade, il n'est que trop fréquent de constater au premier examen l'existence d'une tumeur ayant déjà acquis de grandes proportions : il est exceptionnel en clinique d'observer les néoplasmes du l'cin au début de leur évolution.
Le premier symptôme une fois apparu, il arrive fréquemment que l'affection semble demeurer stationnaire de longues années. Il n'est pas exceptionnel de voir ces malades présenter de temps à autre des hématuries, du reste peu abondantes, auxquelles ils n'accordent qu'une importance relative; seulement, si l'on vient à les examiner, on constate l'existence d'une tumeur abdominale dont le développement se fait suivant une rapide progression.il est tout à fait exceptionnel que les hématuries soient assez nombreuses et suffisamment abondantes pour atteindre sérieusement l'état général : nous avons ob-
2b2 TUMEURS DU PARENCHYME RÉNAL CHEZ L'ADULTE.
sorvé un malade qui, alleinl depuis plusieurs mois d'iiéma lune contiiuiollc, sans aucun arrèl, conservait cependant un état général satisfaisant. Les forces, l'appétit, le sommeil, se conservent longtemps et r,„, est bien souvent surpris de la contradiction qui existe entre une l)onne santé apparente et un volumineux néoplasme de l'abdomen. Il est très exceptionnel aussi que l'intensité des douleurs soit suffisante pour troubler le repos.
Si la marche est lente, elle est constamment progressive et 1 on ne rencontre guère ici de ces pseudo-guérisons qui, aill<Mirs, peuvent faire illusion sur le résultat final ; bien qu'irrégulières, comme nous l'avons dit, les hématuries reviennent habituellement avec une périodicité désespérante et la tumeur passe progressivement de l'hypocondre dans le fianc, la fosse diaque, la région ombilicale, refoulant tous les oro-anes autour d'elle.
Les choses restent ainsi en l'état pendant quelques années parfois, puis survient le dégoût des aliments : bamaigrissement ne tarde pas à apparaître et la cachexie s'installe. Nous avons vu que le varicocèle est un signe tardif des néoplasmes rénaux ; comme l'œdème des tuberculeux, il indi(|uc en effet l'approche (les accidents graves. A dater de ce moment, la marche de 1 affection s'accélère et la mort ne tarde pas à arriver. Nous avons cherché à établir une relation entre l'apparition du varicocèle et la date de la mort, mais les observations dans les- (|uelles ce signe est noté ne sont pas assez nombreuses pour donner des indications suffisamment exactes.