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D. — DIAGNOSTIC DE L'ÉTAT DU REIN DU COTÉ OPPOSÉ

Jusqu'aux travaux d'Albarran, les chirurgiens ne se sont guère préoccupés, tlans le cancer du rein, que du diagnostic de l'existence du rein du côlé opposé. Nous avons vu qu'il l'aul en outre connaître le fonctionnement de ce rein qui peut être atteint de lésions assez graves pour contre-indiquer toute tentative. Il est donc indispensalde d'avoir recours aux moyens de diagnostic capables de nous renseigner sur ces lésions.

Nous avons vu, en étudiant les différents moyens d'exploration, que la cystoscopie simple, la phonendoscopie et l'incision exploratrice, peuvent renseigner plus ou moins exaclement sur l'existence des deux reins. Ces moyens sont insuffisants.

Certains auteurs prétendent que l'examen du mode d'élimiiinlion du bleu de méthylène, après injection sous-cutanée de cette substance (procédé d'Achard et (^astaigne) ou l'étude de la glycosurie artificielle provoquée par l'injection de phlori- (f/.ine, peuvent nous indiquer avec précision l'état des deux l'cins. Nous croyons ces examens utiles, mais non décisifs. Albarran et Bernard ont démontré que dans l'étude de l'élimination du bleu de méthylène, il faut [)ius tenir compte de l'in- {(Misité de l'élimination que du moment de l'api^arition du bleu dans les urines. Or, le rein malade sécrétant de l'urine peu colorée qui se mélange dans la vessie à l'urine plus bleue du j'cin sain, alTaiblit l'intensité de la coloration de l'urine totale. D'un autre côté, si, comme cela peut se voii' notamment dans les sarcomes, une portion du rein malade est saine, l'urine éliminée pourra avoir des caractères normaux alors même C|ue les deux reins seraient malades.

En réalilc, l épreuve du bleu ou celle de la phloridzine peuvent démontrer, lors(iue l'élimination est très mauvaise, que les deux reins sont malades. Une élimination bonne ne démontre pas ([u\m des deux reins est sain; de même une élimination médiocre ne prouve rien. Une observation d'Albai-ran le démontre : il s'agit d'un gros rein tuberculeux avec lièvre et une capacité vésicale de \:2 centimètres cubes, ne permettant pas d'appliquer aucun procédé de séparation des urines. L'élimination du bleu de méthylène commença dans les délais voulus et acquit une bonne intensité : sur cette indication, le rein qui présentait de nombreuses et vastes cavernes et n'avait qu'un uretère fut extirpé; or, ce malade mourut d'anurie le onzième jour, parce qu'il avait un rein unique comme le démontra l'autopsie, l^este, en somme, pour établir le diagnostic de l'état des deux reins, à étudier leur fonctionnement en recueillant séparément les urines sécrétées par chacun des deux organes : ces urines seront étudiées au point de vue chimique, histologique et bactériologique. Nous avons longuement décrit les procédés qui permettent de recueillir séparément les urines des deux reins et nous aurons à revenir sur l'importance de l'étude des deux urines (h-oile et gauche en étudiant le pronostic opératoire. (Voir paoes 299 et 585.

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