‹ Les tumeurs du reinChapitre 50 sur 161 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

TUMEURS DU REIN CHEZ L'ENFANT

CHAPlTRi: PREMII-R ÉTIOLOGIE

1" Fréquence. — Les tumeurs du rein sont particulièrement fréquentes chez l'enfant, un peu moins peut-être que chez Fadultc puisque nous n'en avons relevé que 175 cas contre iU) cas de tumeurs chez l'adulte. La fréquence apparaît surtout avec évidence lorsqu'on compare avant quinze ans le nombre des cancers du rein à celui des cancers en général : liirschprung- (Wagner, Ahiss der Nierenchirnrgie , 1895), sur ti9 cas de cancer, trouve 15 fois le rein atteint, et delta Ghiesa ()0 fois sur 140 cas.

2" Age. — Sous les réserves que nous avons faites plus haut (V. p. nous trouvons 1()5 cas dans lesquels l'âge est noté.

Ils nous donnent les résultats suivants :

Nouveau né ....

cas

De

cas

De 1

à 0 mois . . .

cas

De

cas

De 6

mois à I an .

cas

De

ans . .

cas

De 1

cas

De '2

à r> ans. .

cas

ans . .

cas cas

De 5

à 4 ans. . . .

f as

De

Il P

;iiis . .

cas

à r» ans. . . .

cas

De

cas

De 5

à (i ans. . . .

cas

De

ans . .

cas cas

412 TUMEURS DU REIN CHEZ L ENFANT

Soit en groupant par période de trois ans :

De 0 à ans 8'-t cas = 55,00 pour lt)(t

De l à t'i ans i'J cas = t>:),50 pour 100

De 7 à 0 ans ^il cas = hi.70 pour 100

De 10 à \'l ans 7 cas = 4,50 pour 100

De 15 à 1.") ans 0 cas = 5,00 pour 100

Kelynack donne les chiffres suivants :

Au-dessous de 1 :ni . . . l'i

1 an

ans ir.

5 ans 17

Au-dessous de 1 an ... . "2

I an (1

t2 ans (1

i ans fi

ans (>

7 ans 1

S ans 5

5 ans à •) ans 8

7 ans 'l

!0 ans 1

Roberts donne les chiU'res suivants :

Stari', sur cas, en trouve

A'oici la statistique donnée

Pendant la vie embryonnaire 5

Au-dessous de I an. . . . 54

1 an 27

2 ans 111

5 ans 20

i ans 15

i i au-dessous de cinq ans.

par W'alker :

ans 10

tt ans (i

7 ans 5

8 ans 0

!) ans 1

10 à 1 1 ans 0

l!2 à U ans

Taylor trouve '20 poui' 100 des cas au-dessous d'un an, 24 pour 100 entre un et deux ans, 17 pour 100 entre deux et trois ans, '21 poui- 100 entre Irois et quatre ans, soit (il pour 100 au-dessous de trois ans.

Nous avons pensé qu'il pourrait être intéressant de donner les résultats comparés des statistiques les plus importantes. Le nombre total de cas envisagés est de 701, dont un certain nombre, du reste, font double emploi.

KTIOLOGIE.

TUMEURS DU REIN CHEZ L'ENFANT

Bien ([u'ossez notablement ditïerentes, toutes ces statistiques démontrent bien l énorme prédominance des tumeurs du rein dans les trois premières années de la vie; on peut admettre que près des ti-ois quarts des néoplasmes des enfants se montrent avant Vùgc de quatre ans.

En outre, il est à remarquer que nombre de ibis, la tumeur se développe dans les douze premiers mois de la vie; on l'a vue à la naissance. Jacobi et Ivoclier ont rapporté deux cas de sarcome rénal Irouvés chez des Hrlus à terme, Semb un cas chez un mort-né ; ^\'eio•ert un autre cas, bilatéral, chez un nouveauné, Monti chez un enfant de deux mois, Max chez un enfant de un mois et demi ; Ollivier chez un enfant de trois mois. Il y a donc lieu de penser ([ue, dans bien des cas, peut-être dans la majorité, la tumeur prend naissance pondant la vie intra-utérine, surtout si Ton songe que la durée d'évolution de la tumeur est souvent supérieui-e à six mois et peut même dépasseï- un an.

r»" Sexe. — Chez les enfants, la prépondéi-ance du sexe masculin paraît un peu plus prononcée que chez l'adulte. While et Martin indiquent au-dessous de dix ans, 5<S garçons et Ô(S filles. Walker 55 garçons, 51 fdles. Kelynack seul a i-emarqué une fréquence plus grande dans le sexe féminin : ÔG tilles et 50 garçons. Concetti note une pi'édominancc des deux tiers environ pour le sexe masculin. Bruns trouve 17 garçons contre \'2 filles.

Notre statistique personnelle nous donne les résultais suivants : (SO garçons, 55 filles.

Ces chiffres présentent quelque intérêt. On verra plus loin en effet (|ue Birch-Hirschfeld, se basant du reste sur des vues purement théoriques, estimait que les filles étaient plus atteintes que les garçons : nos chiffres sont en contradiction formelle avec ces idées, et l'on voit qu'ils sont confirmés par la plupart des auteurs.

I" Côté. — Très ordinairement, chez l'adulte, les tumeurs du rein sont unilatérales. Il n'en est pas de même de l'enfant chez lequel la bilatéralité n'est pas rare. Tl nous suffira de signaler à cet égard les observations de Gairdner, Ilansen, Cohnheim W eigert, Landsberger et (>olmheim, Meckel, dans le(pielles des tumeurs se sont dévclop})ées sur les deux reins. Il est à remar-

ÉTIOLOGIE.

quer en outre que bien des pièces proviennent de néplirectomies et que la mort, qui ne tarde malheureusement guère, n'a pas loujours été suivie d'autopsie, de sorte que des tumeurs bilatérales ont pu passer inaperçues. Nous pensons donc qu'il faut considérer les tumeurs de l'enfant comme atteignant assez fréquemment les deux reins. Dans notre statistique qui comprend l")7 observations dans lesquelles le côté est indiqué, nous avons trouvé la bilatéralilé signalée quatre fois : dans l'an des cas, dû à Napier, il s'agissait d'un enfant de treize mois dont la mort survint un mois a|)rès la constatation de la tumeur et qui présenta une hématurie ; la seconde observation de Hox, concerne un enfant de onze mois qui mourut très l'apidement de cachexie avec albuminurie; la tumeur atteignait les deux reins, mais paraissait avoir complètement détruit le rein droit. Dans le cas de ^^'artllin, il s'agissait d'un rhabdomyosarcome bilatéral; enlin pour le malade de Fislier, il s'agissait d'une découverte d'autopsie.

11 faut avoir soin du reste de distinguer les cas de bilatéralité véritable, de ceux dans lesquels un foyer rénal primitif a provoqué la formation de métastases du côté opposé ; on verra plus loin que nous avons rencontré six fois des cas de ce genre. Nous pensons qu'il en est peut-être de même pour la statisti- (pie de Ivelynack qui, sur 118 cas, trouve 12 tumeurs bilatérales et pour celle de Walker qui en trouve 10 sur 145.

En ce qui concerne le côté le plus i'réquemment atteint, notre statisti([ue nous fournit 61) cas développés sur le rein gauche et 65 sur le rein droit.

Il est curieux de voir que les chiffres de Hohrer sontanalogues aux nôtres (18 fois à gauclie, 14 à droite) ; mêmes i-ésultats encore [H)ur \\'alker qui trouve 75 fois la tumeur à gauche et 68 à droite. La différence en faveur du côté gauche est peu prononcée.

5" Siège. — Nous avons d(\jà vu ([>. 5(>) que sur 19 cas dans lesquels le début est indiqué, \:2 fois le néoplasme siégeait sur le pôle inférieur, i fois sur le pôle supérieur, 5 fois sur la [)artie moyenne de l'organe.

6" Race, hérédité. — Rappelons, en ce qui concerne la race, que Geddings et Ferréol ont décrit chacun un cas de cancer

TUMEURS DU REIN CHEZ LENFANT

rrn;il chez iiii pelil nègre, cl en ce qui concerne riiéi'édiir» (qu'elle esl noléc h fois sur nos \17) cas.

7" Traumatisme. — Nous l'avons nolé seulemenl 2 fois; niais W alker sur \ VI observalions l a ii'ouvé 50 fois sous forme (le cbules, cou[)s de pietl, coups de [)oini>-, sauls lirusques, elTorls de mouvements.

Tumeurs réuales dans les encéphalopathies tubéreuses de l'enfance. — A l aulopsie des idiots dont rencéj)balopatbie olfre le lype de la sclérose bypertropliique tubéreuse étudiée par Bourneville et Brissaud, Ricbardière, etc., on trouve dans les reins des tumeurs blanc jaunûtre, demi-molles, du volume d'une noisette ou d'une noix, d'une forme conique à la coupe, et parfois accompagnées de petits kystes.

La nature de ces tumeurs n'est pas bien connue. Il est probable qu'elle est analogue à celle des tubérosités qui caractérisent la sclérose bypertropbique de cette variété d'encé|dialopathie. Le processus de la sclérose cérébrale bypertropbique. rapporté jadis (1(S(S0) par Bourneville et Brissaud à une variété d'inllammation cbronique, précoce, avec prolifération intense de la névroglie, est actuellement considéré par certains bistologistes (Ilartlegen, Ziegler, etc.) comme une sorlc «l affcction néoplasique : il s'agirait de neurogliomes disséminés dans Tencépbale. Les études plus récentes d'Obertbiir (Congrès de Grenoble, 1902) démontrent que ces productions tubéreuses sont des néoplasies purement gliomateuscs sans participation des cellules nerveuses.

Des examens liistologiques seraient nécessaires pour éclairer la nature de ces tumeurs rénales et préciser leurs rapports avec les lubérosités gliomateuscs de l'encépbale. 11 est probable, d'après Dupré, qu'il s'agit de productions métastatiques. Ces tumeurs rénales n'ont })as d'bistoire clinique connue.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

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