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CHAPITRE II

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Nous avons dù, afin de faire un exposé complet, étudier dans un même cliapitrc l'anatomie patliologique des tumeurs de l'adulte et celle des tumeurs de l'enfant. (V. p. 102.) Bien qu'assez différentes en efl'et, il nous a paru qu'il y avait avantage à procéder ainsi. Nous devons donc nous borner actuellement à rappeler somnuiirement les principales notions histologiques et patliogéniques développées plus haut.

On admet généralement que les tumeurs de l'enfant sont des sarcomes; en réalité, il n'en est pas ainsi d'ordinaire, ou du moins, il ne s'agit pas de sarcomes purs : l'un de nous a publié un cas très intéressant à ce point de vue; une tumeur antérieurement examinée par un bistologiste compétent et considérée d'abord comme sarcome, fut soumise à un nouvel examen qui permit de se rendre compte qu'il s'agissait en réalité d'une tumeur mixte.

C'est qu'en effet les tumeurs de l'enfant sont généralement des tumeurs mixtes dans lesquelles, il est vrai, le tissu conjonctif embryonnaire (ou tout au moins un tissu morphologiquement semblable) se trouve prédominant, mais où l'on peut trouver des éléments absolument distincts.

Macroscopiquement, les cancers de l'enfant ressemblent assez à de véritables cancers; ils peuvent prendre des proportions énormes et détruire toute la substance rénale. Lorsqu'on les examine au début, ce qui est rare, il est aisé de constater en général qu'ils sont limités du côté du rein par une capsule fibreuse. A leur surface se présentent souvent des bosselures, molles généralement, et renfermant quelquefois, comme les tumeurs de l'adulte, des noyaux hémorragiques plus ou moins abondants. A la coupe, cependant, elles présentent plutôt l'aspect sarcomateux : au lieu d'être divisée par des travées fdjreuses, la tumeur forme une sorte de masse sans consistance, dans laquelle le doigt pénètre avec la plus grande facilité.

Au microscope, on voit, comme nous l'avons dit, que le tissu

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coiijonctir embryonnaire domino : il i)eut même exister seul et Fon a alors un véritable sarcome; mais il est ordinairement condjiné à d'autres tissus qui donnent au néoplasme sa véritable signification de tumeur mixte ou adénosarcome. Cette dernière appellation a ravanlage d'attirer l'attention sur les formations épitliéliales, adénoïdes, disposées en cavités irrégulières ou tubulaires et qui constituent l'une des particularités les plus curieuses de ces sortes de tumeurs. Quels sont les rapports respectifs de ces deux sortes de cellules, emlu-yonnaires et épithéliales? Bircb-Hirschfeld avait émis l'idée que les premières proviennent des secondes; nous pensons plutôt avec Wilms que le processus est inverse. 11 s'agirait là de modifications analogues h celles qui transforment en éléments épithéliaux les cellules en apparence conjonctivo-embryonnaires du corps de Wolff ou du rein définitif peu avancé dans son développement.

A côté de ces éléments, cellules rondes et épithéliales, qui sont fondamentaux, il en est bien d'autres : des fil)res musculaires striées d'abord, groupées en faisceaux ou disséminées dans les différentes régions de la tumeur; elles forment parfois comme une capsule contractile autour d'un kyste. Les fibres musculaires lisses sont encore plus fréquentes : on les a rattachées soit à la capsule fibreuse qui en contient normalement, soit aux vaisseaux; il est probable cependant qu'il s'agit encore d'éléments anormalement inclus dans le rein.

On a rencontré aussi dans ces tumeurs des noyaux cartilagineux hyalins, surtout dans les observations qui concernent des malades relativement âgés, 11 et 18 ans. Enfin, on y voit toujours du tissu conjonctif sous ses différentes formes, du tissu fasciculé, de la graisse, des fibres élastiques, du tissu muqueux.

Tels sont les caractères généraux des tumeurs du rein que l'on rencontre habituellement chez les enfants : ce sont soit des sarcomes, soit plus fréquemment peut-être des tumeurs mixtes. Ne peut-on trouver aussi chez eux les types néoplasiques de l'adulte? Si nous nous en rapportons aux titres des observations, nous voyons mentionnés des carcinomes, des strumes, etc.; mais, d'une part, ces tumeurs sont rares comparativement aux sarcomes ou aux tumeurs mixtes, et d'autre part

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les examens liistologiqiics ne sont pas à l'abri de toute critique. Nous ne voulons pas nier qu'on puisse rencontrer chez l'enfant (les tumeurs autres que des sarcomes ou des adénosarcomes, mais nous estimons du moins qu'elles doivent être chez lui absolument exceptionnelles. Voici, du reste, ces réserves faites, les chiffres fournis par notre statistique (nous mettons de côté les tumeurs qualifiées angiosarcomes, endothéliomes etc., qui rentrent dans la catégorie des sarcomes) :

Sur nos 170 cas, nous trouvons seulement 4 adénomes, 7 carcinomes ou épithéliomes, 2 adénocarcinomes, i strumes ou hypernépliromes.

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