CHAPITRE PREMIER ÉTIOLOGIE
Nous connaissons peu de chose sur l'étiologie du rein polykystique. C'est une affection de Vâfjc adulte, et on la rencontre surtout vers 40 ou 50 ans, rarement au delà, assez souvent plus
tôt. Au reste, nous avons déjà vu en étudiant la maladie congénitale, que Ton peut trouver tous les intei'uiédiaires depuis la naissance jus([u'à l'Age adulte. 11 faut remarquer avec tous les auteurs qui se sont occupés de cette afTection, que son évolution est extrêmement lente, et que souvent on ne la constate qu'à l autopsie chez un malade mort d'une affection intercurrente. Il est bien certain, par exemple, que les cas observés à '20 ou 25 ans, doivent avoir débuté beaucoup plus tôt, si même ils ne datent pas de la naissance.
Le sexe ne paraît guère avoir d'importance ; cependant nous avons trouvé comme Lejars, Newman, Luzzato, une prépondérance assez marquée du sexe masculin, fait d'autant plus curieux que parmi les cas opérés, nous trouvons 55 femmes et i hommes seulement.
Luzzato a fait un tableau curieux des cas répartis i)ar nationalilés :
Italiens, 10
FraïK-ais, 75
Allemands, 41
Anglais, 69
Américains du nord, 15 Slaves, 8
11 est superflu de l'aire remarquer qu'il s'agit des cas publiés, et que ces chiffres indiquent probablement d'une façon inexacte la répartition du rein polykyslique suivant la nationalité.
Un seul point paraît établi qui rapproche la maladie de l'adulte de celle du nouveau-né, c'est Ycxislcncc possible de ht même affection à diverses générations. Il en était ainsi dans un cas rapporté par Carrez dans sa thèse. La fille, âgée de 27 an^, présentait une augmentation de volume du rein gauch(\ <1 le diagnostic de maladie polykystique fut confirmé par l'incision exploratrice; la mère présentait une doul)le tumeur rénale qui fut examinée par plusieurs médecins et considérée sans hésitation comme une dégénérescence du rein. 11 en était de même dans le cas de Jacob et Davidson : une femme de 50 ans présentait un gros rein; à l'autopsie, on y trouva de nom])reux kystes. Les auteurs ajoutent que la mère avait vraisemblablement un kyste rénal, et que l'on en trouva un autre chez une sœur de la malade. Ces faits sont assurément intéres-
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sauts; ils doivent être rapprocliés dos observations semblables déjà signalées chez le nouveau-né. Ils viennent à l'appui, ainsi que nous le verrons plus loin, de la théorie congénilale, et confirment aussi la similitude des deux afTections chez l'adulte et le nouveau-né. Une autre observation de Hohne est encore Irès curieuse à ce point de vue. Une femme de 49 ans est opérée pour dégénérescence kystique du rein ; or, elle avait eu un enfant mort à l'âge de 9 semaines de maladie des reins, et l'une de ses tilles fut opérée à 20 ans pour un rein polykystique, qui fut extirpé.
Quant aux autres notions étiologiques, elles sont des plus vagues. On a rencontré la maladie kystique chez les goutteux, les rhumatisants, les tuberculeux, etc., sans que rien puisse indiquer une prédisposition bien déterminée. Nous nous bornerons à faire remarquer la coexistence fréquente d'autres kystes; nous y reviendrons plus longuement.