SIMILITUDE DU REIN POLYKYSTIOUE CHEZ LE NOUVEAU NÉ ET CHEZ L'ADULTE
Virchow nvait depuis longtemps défendu l'idée que le rein polykystique de Tadulle était analogue à celui du nouveau-né. 11 y voyait cependant une objection considérable : l'absence du rein polykystique à une certaine époque de la vie, de l'enfance à l'âge adulte. En vérité, cette objection n'a pas perdu toute valeur. Les observations de tumeur kystique vers 5, 10, 15 ans, existent, mais elles sont encore peu nombi-euses. Or, si l'on admet que la maladie de l'adulte a dél)uté dans l'enfance et qu'elle a progressé lentement et sans menacer la vie de l'individu, on ne comprend pas bien pourquoi elle reste presque constamment silencieuse pendant une vingtaine d'années. Il semble que ce genre de tumeurs, qui est souvent une découverte d'autopsie, devrait se rencontrer avec une égale fréquence dans les autopsies d'enfants et d'adultes. Or, il n'en est pas ainsi et cette constatation ne manque pas d'une certaine importance. Mais il ne faut pas oublier que bon nombre d'affections néoplasiques d'origine congénitale restent pendant de longues années à l'état de simples gei'mes inclus, dont le développement, quelque tardif qu'il soit, n'en reste pas moins rattaché par ses origines à la période foetale.
Nous venons de formuler la principale objection à l'identité de la maladie aux deux âges de la vie; elle n'est pas décisive; peut-être, au reste, son importance diminuera-t-elle à mesure que les faits seront mieux connus.
Il faut ajouter encore que, peut-être, tous les reins kystiques de l'adulte ne sont pas semblables : l'on a vu, en effet, à ce sujet, l'opinion de Virchow qui les divise en pauci- et miiltiloculaires et ne considère pas ces deux variétés comme ayant une origine commune. Cependant, il ne nous paraît pas encore établi que les idées de Virchow reposent sur une base inattaquable, et c'est là assurément un point qui demande de nouvelles études.
REIX POLYKYSTIQUE CHEZ L'ADULTE.
Eiilin. dernière objection à la doctr ine de runicité, il est certain que les reins polykystiques de l'adulte ne coïncident à peu près jamais avec ces malformations si fréquentes chez lenfant. 11 en est qui ne sont pas conq)ali]jIes avec l'existence, mais beaucoup, au contraire, ne la menacent en aucune façon : il semble donc qu'elles devraient se retrouver h VC\ge adulte, ce <iu(' l'on ne constate pas d'ordinaire.
A côté de ces objections, il est bien d'autres arguments qui sont tout en faveur de l'origine congénitale du rein polykystique de l'adulte et qui nous paraissent devoir emporter la conviction. Ces arguments reposent sur la constatation des nombreuses similitudes de structure et d'évolution.
Tout d'abord la bilatéralité fréquente, mais non constante chez l'enfant comme chez l'adulte : ce caractère est d'autant plus important qu'il est plus rare, ainsi que nous l'avons déjà vu, en cas de néoplasmes rénaux ; nous ne l'avons guère rencontré en effet que dans les tumeurs mixtes qui sont précisément des tumeurs congénitales.
Les reins polykystiques peuvent se rencontrer à diverses générations; nous en avons trouvé plusieurs exemples bien nets: l'observation de Carrez : mère 45 ans, fille '21 ans; celle de Jacob et Davidson: fille 50 ans, mère morte vrnisemblablcment d'un kyste du rein; celle de Ilohne : mère 40, fille 20 ans. Enfin la série des faits si curieux de Steiner. Les malades les moins âgés de cette série sont ceux de Steiner dont les plus jeunes avaient 10 ans. On ne saurait nier dans ces cas qu'il ne s'agisse d'une maladie kystique congénitale. Il faut donc bien admettre que la maladie peut se transmettre d'une génération h l'autre sous ses deux formes en apparence distinctes. Il y a là un argument de premier ordre en faveur de l'unicité de ces deux formes.
Ln ce qui concerne le point de départ des kystes, nous savons que tous les auteurs, y compris Vircbow, s'accordent à considérer que chez l'enfant comme chez l'adulte, les kystes se produisent presque exclusivement aux dépens des cavités préexistantes : capsules de Bowmann et tubes urinifères; cette identité d'origine vient encore en faveur de l'identité de nature.
L'étude histologique des tumeurs montre également leur grande similitude : chez l'adulte comme chez l'enfant, il v a