‹ Les tumeurs du reinChapitre 93 sur 161 · CHAPITRE VII DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII DIAGNOSTIC

H est des plus dilTiciles : il suffit pour s'en convaincre de lire la liste des erreurs commises ; pas une seule fois peut-être, le véritable diagnostic n'a été porté. Presque toujours, chez les femmes, on a cru à des kystes de l'ovaire, chez les hommes à des kystes hyda tiques.

L'appréciation des caractères de la tumeur foui'nira peu de renseignements; cependant, le ventre, dit-on, serait pointu en avant plutôt qu'étalé ; la tumeur est souvent énorme, elle présente une consistance mollasse qui n'est ni celle des kystes, ni celle des tumeurs solides. Cependant son ramollissement peut être tel qu'elle donne la sensation d'une poche liquide. Mori-is a noté la lluctuation 7 fois sur 15 lipomes; Wiglesworth l'a renconlrée i fois. Lorsque la consistance est très molle, la })onction, en donnant un résultat négatif, pourrait faire songer au vrai diagnostic. La marche lente de la tumeur, Toedème des membres inférieurs, la position du côlon, seront de peu de secours, nous en avons déjà dit la raison.

Au fond, le diagnostic se fera par exclusion et se basera surtout sur l'existence d'une tumeur de la région rénale non accompagnée de modifications du côté des urines.

Les tumeurs de la paroi abdominale ne seront guère confondues en raison de leurs caractères spéciaux que nous avons signalés ailleurs.

Nous n'insisterons pas davantage sur les tumeurs du rein et le rein flottant dont il a de môme été question ; nous nous bornerons à faire remarquer que le diagnostic, souvent difficile au cours de l'opération, peut être impossible avant : il suffit pour s'en convaincre de se rappeler que les tumeurs paranéphrétiques peuvent envelopper complètement le rein, et d'autre part que des tumeurs du rein peuvent évoluer sans se trahir par aucun troulde fonctionnel. Peut-être cependant le cathétérisme urétéral pourrait-il être ici de quelque utilité. Pawlick put, grâce à lui, approcher du diagnostic dans un cas de kyste pararénal.

DIAGNOSTIC

L'erreur la plus fréquente consiste à croire à une tumeur de Covaire. Assurément elle ne sera pas commise au début, car le siège de la tumeur permettrait sûrement de l'éviter : mais, plus tard, les différences sont bien difficiles à apprécier. Chez les malades qui se sont bien observées, on peut cependant apprendre que la tumeur en grossissant est montée (kyste) ou au contraire qu'elle est descendue (tumeur paranéphrétique). Les deux genres de tumeur s'accompagnent également de douleurs, mais le siège en est plutôt lombaire pour les tumeurs périrénales, et pelvien pour les néoplasmes ovariens. De môme ces derniers s'accompagnent assez souvent de troubles de la menstruation qui n'apparaissent que plus tardivement pour les premières. Par l'examen direct, on trouve généralement les tumeurs ovariennes entourées d'une zone sonore qui manque naturellement pour celles qui se sont développées dans la région lombaire : de même la constatation de la sonorité colique est un bon signe lorsqu'on peut la constater. Enfin, lorsque la tumeur n'est pas très grosse, on peut s'assurer par le palper bimanuel de ses rapports avec les organes génitaux. Tels sont les signes qui permettront le diagnostic pour les tumeurs solides de l'ovaire. Pour les tumeurs liquides la sensation de flot permettra généralement de les reconnaître : elle existe aussi dans les kystes paranéphrétiques, mais ceux-ci sont tout à fait rares.

Les tumeurs du foie se distingueront surtout par leur continuité avec la glande hépatique ; mais il ne faut pas oublier que les néoplasmes pararénaux peuvent simuler absolument la même disposition, et que l'erreur a été souvent commise. Il sera donc utile d'analyser avec soin les symptômes et de toujours rechercher les pigments biliaires dans l'urine. Le phonendoscope pourra rendre de grands services dans ces cas difficiles.

Nous avons insisté antérieurement sui" les lunieurs de la ralc^ et indiqué les caractères que leur reconnaît Guyon ; nous n'y reviendrons pas.

Les tumeurs du mésentère sont très analogues, au début, aux tumeurs paranéphrétiques, puisque, comme elles, elles sont recouvertes par la masse intestinale; mais elles n'ont pas le contact lombaire, se développent vers l'ombilic et sont très

TUMEURS PARANÉPHRÉTIQUES.

mobiles, autant de caractères qui permettent de les reconnaître assez facilement.

En somme, on voit que la principale cause d'erreur de diai-nostic demeure la tumeur de lovaire chez la femme, le kyste liydatique, principalement celui du foie, chez l'homme. Il sera donc nécessaire de songer aux tumeurs pararénales lorsque, après avoir fait l'un de ces diagnostics, l'examen aura montré quelque particularité qui éveillera l'attention.

Page 1