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loïdes. On fit la kélotomie; mais on ne put réduire l'intestin hernié, qui n'était d'ailleurs pas étranglé; à l'autopsie, on vit que la cause de l’obstruction était une tumeur sarcomateuse qui siégeait sur l'anse herniée et exerçait une forte pression sur le mésentère correspondant. Enfin, remarquons que dans l'observation de Sternberg (Obs. XXIV), où l’autopsie montre l'existence de deux invaginations intestinales causées par des sarcomes polypiformes, il n'y avait eu pendant la vie que de vagues symptômes (diarrhée rebelle, douleurs abdominales, amaigrissement notable et tumeur abdominale perçue à la palpation), qui ne permettaient guère de faire le diagnostic clinique d'invagination intestinale.
En résumé, les complications d'occlusion aiguë ou chronique, quelle qu'en soit la cause, sont rares au cours de l'évolution des sarcomes de l'intestin grêle ; ceci nous est expliqué suffisamment par l'anatomie pathologique : le sarcome polypiforme, qui peut donner, lui, facilement naissance à une invagination, est très rare (2 observalions sur 66 faits); d'autre part, comme la tumeur envahit en général toute la circonférence de l'intestin grêle en le dilatant, elle a peu detendance à provoquer un volvulus comme dans le cas unique de Quensel; enfin, comme le sarcome de l'intestin grêle ne produit que rarement un rétrécissement serré, ou comprend la rareté relative de l’obstruction chronique, comparativement si fréquente dans les petits carcinomes du gros intestin.
Il en est de même pour la périlonile par perforation: elle n’est rapportée que dans deux observations, celles de Genersisch et de Libman ; à l'opération ou à l'autopsie, on trouva une grande quantité de pus et de gaz dans l'abdomen ; la masse sarcomateuse était perforée librement dans la cavité péritonéale. On voit done que cette perforation de la tumeur est rare, bien que, très souvent nous l'avons vu à l'anatomie pathologique, le sarcome soit ulcéré. De même, la périlonile par propagation n’a été observée qu'une seule fois, dans le cas de Hammer ; à l'autopsie on trouva dans le péritoine une grande quantité de liquide purulent (sans gaz cependant), avec des traces évidentes de péritonite récente ; malgré l'examen le plus attentif, on ne trouva pas trace de perforauon intestinale; mais le sarcome était largement. ulcéré, ce qui suffit à expliquer l'existence d'une péritonite suppurée diffuse. Le
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liquide purulent examiné montra la présence de streptocoque pur.
Evolution. — Nous voyons ainsi que c’est par cachexie progressive que le sarcome de l'intestin grêle provoque la mort dans la grande majorité des cas: 23 fois sur 26, soit 89 p. 100. Les accidents tels qu'obstruction intestinale, occlusion aiguë ou péritonite par perforation ou propagalion, amenant la mort du malade, sont l'exception.
Quelle est la duréé moyenne de l'évolution du sarcome ? Il est difficile de donner des chiffres précis : en ne comptant que les cas non opérés nous trouvons qu'il s’est écoulé en moyenne 4 mots entre le début de la maladie et la mort du malade, au moins pour les cas de sarcome globo-cellulaire; pour les sarcomes fuso-cellulaires, la durée de la maladie est un peu plus longue, 8 à 10 mois en moyenne. Il semble donc que le sarcome fuso-cellulaire a une marche moins rapide et un pronostic moins immédiatement grave que le globocellulaire ou le Iympho-sarcome.
En tous cas, il-faut retenir que la marche du sarcome primitif de l'intestin grêle est en moyenne très rapide; il s'agit ici d'une tumeur extrêmement maligne qui, dans certaines observations, a tué le ma- Jade de cachexie progressive en 2 mois, 2 mois et demi ou 3 mois.
Diagnostic. — Il est intéressant de voir quels ont été les diagnostics posés avant l'intervention chirurgicale dans les cas de sarcome de l'intestin grêle. Tout d'abord, remarquons qu'une seule fois, on fit le diagnostic exact : sarcome de l'intestin, c'est dans l’observation II de Westermark; mais il faut noter que cet auteur avait observé peu de temps auparavant un autre exemple de sarcome de l'intestin grêle, qui avaitévidemment attiré son attention de ce côté. A part ce cas de Westermark, jamais le diagnostic exact ne fu ‘posé ; on ne saurait d’ailleurs s'en étonner: il s’agit Ià d’une variété exceptionnelle de tumeur abdominale et il est toujours bon, en clinique, de ne pas penser aux maladies rares lorsque l'on porte un diagnostic; nous voyons qu'on formula les diagnostics suivants :
1° Chez l'homme :
Rein flottant (Hahn); Péritonite circonscrite tuberculeuse (Baltzer) ; Carcinome du côlon transverse (Baltzer) ;