CHAPITRE PREMIER
RTE ‘” Anatomie pathologique. TETE
L'épithélioma primitif de l'intestin grêle se présente en général sous la forme d’une tumeur peu volumineuse (une noix, un marron, * une bague encerclant l'intestin), qui rétrécit la lumière:intestinale dans la grande majorité des cas. La s/énose que ce néoplasme peut produire est en général serrée : six fois sur dix, d’après mostobservations). Voici done un caractère différentiel très importantd'avec le sarcome, qui, nous l'avons vu, n’est qu'exceptionnellement une cause de rétrécissement de l'intestin grêle. Au contraire, ce caractère rapproche l’épithéhoma de l'intestin grêle de celui du gros intestin : 1 est vraisemblable que la production de la lésionest due à la réaction de sclérose très marquée que provoque l'épithélioma|dans Ja paroi intestinale ; si cette sclérose est annulaire, comme le vas est fréquent, le rétrécissement en virole est constitué. Le cancer primitif de l'intestin grèle est assez souvent ulcéré (3 fois sur 6): dans un cas, celui de Lubarsch (IT), l'ulcération cancéreuse, grande comme une pièce de cinquante centimes, présentait sur les bords surélevés, irrégulièrement bosselés, un fond creusé jusqu'à la musculaire el ressemblait absolument au cancer du pylore ulcéré par exemple; cependant il faut remarquer ‘que l'aspect du cancer peut être très trompeur et ressembler beaucoup à celui du sarcome : tel était:le cas dans l'observation de Kukula ;,la pièce enlevée, ce chirurgien erüt absolüment qu'il s'agissait d'un sarcome. Le néoplasme était bosselé, volumineux, de couleur blanchâtre à la coupe et ne rélrécissait. pas.le calibre de l'intestin.
L'examen histologique vint donner un démenti à-cette supposition : il s'agissait d'adéno-carcinome absolument typique,
. Le siège exact de la tumeur sur l'intestin grêle n'est pas toujours «précisé : 3 fois le cancer siégeait sur l'iléon, 3 fois sur le jéjunum ; dans les autres observations, l’auteur dit simplement « sur une anse
d'intestin grêle ».
Un fait très important, qui rapprochele cancer du sarcome, c’est que souvent aussi il est multiple: 4 fois sur. 9 dans nos observaons, soit dans 44,4 p. 100 des cas. Dans le ‘cas de Schede, il y avait 2 cancers annulaires et sténosants, situés à environ 50 centimètres l’un de l'autre ; dans l'observation de Kukula, on trouvait deux grosses tumeurs à une vingtaine de centimètres l’une de l’autre et une série de petites tumeurs placées dans la paroi de l'intestin, audessus etau-dessous des deux grosses. Dans les 2 faits rapportés par -Lubarsch, il y avait une tumeur principale grosse comme une noix tout au plus et une série de nodules disséminés dans l'épaisseur de l'intestin grêle au-dessus et au-dessous de la tumeur. Cette multiplicité possible du cancer de l'intestin grèle est une notion chirurgicale importante que l'on devra avoir présente à l'esprit si l'on opère un cas de ce genre; il sera parfois nécessaire de faire, comme Kukula, pour des tumeurs relativement peu volumineuses, une résection très étendue de l’intestin grêle (75 centimètres).
L'envahissement des ganglions mésentériques est fréquent; il est noté 5 fois sur 10. Dans l'observation de Farquhar Curtis, la présence d'un ganglion néoptasique sus-claviculaire gauche est signalée ; le ganglion aurait augmenté de volume 5 mois après l'intervention chirurgicale.
Les métastases viscérales (foie, reins) ne sont notées que dans 2 observations ; mais ce fait tient à ce que, dans plusieurs cas, il n'y eut pas d’autopsie complète et que par conséquent les métastases viscérales n’ont pas été soigneusement recherchées. |
La structure de cesnéoplasmes est toujours la même : épithélioma cylindrique atypique, adéno-carcinome, cancer alvéolaire, n'étant que des étapes différentes d’un même processus néoplasique. Lubarsch, qui a pu voirde très petits néoplasmes au début, a montré que l’épithélioma cylindrique de l'intestin grêle se développait aux dépens des glandes de Liebekühn.
Nous ne savons naturellement rien sur l'étiologie de ces épithéliomas intestinaux. Notons simplement la coexistence curieuse d'ulcérations tuberculeuses nettes (avec cellules géantes et bacilles) avec l'épithélioma cylindrique dans l'observation de Lubarsch ; nous avons déjà vu cette même coexistence signalée dans quelques observations de sarcomes primitifs (Nothnagel, Kraus). f
L'âge des malades est variable ; cependant, à part l'observation de Duncan, qui a trait à un enfant de 3 ans et demi, fait tout à fait exceptionnel pour l'épithélioma en général, ce sont plutôt les adultes ou les vieillards qui sont atteints de cancer de l'intestin grêle. Les malades avaient 66 ans (Hahn), 70 ans (Bacaloglu), 56 ans (Merill Rickets), 52 ans (Lubarsch), 50 ans (Schede), 40 ans (Kukula), 33 ans (Fasquhar Curtis) et 23 ans (Morton). Cette fréquence incontestablement plus grande de l’épithélioma chez les vieillards ou les adultes diffère donc beaucoup de la fréquence du sarcome chez les enfants ou les individus jeunes.