CHAPITRE II
‘Traitement.
L'observation de Schede est particulièrement intéressante, car elle nous démontre que l'on peut espérer une guérison prolongée après l'extirpation d'un épithélioma primitif de l'intestin grêle,
En effet ce chirurgien pratiqua, chez son malade, âgé de 50 ans, la résection de la tumeur intestinale, adhérente à la paroi abdominale, le 18 juin 1883. Le malade guérit parfaitement ; il fut revu en septembre de la même année, ayant engraissé de 12 livres depuis l'opération.
En mars 1884, c'est-à-dire près d’un an après l'opération, il sévit voir Schede ; à ce moment il souffrait de nouveau de constipation ; iln'y avait rien d’anormal au niveau de la cicatrice. Schede se décida à faire une incision exploratrice ; il reconnut que la cause de la constipation était une bride, qui fut sectionnée. Malheureusement le malade mourut 6 jours après de broncho-pneumonie. À l'autopsie, on put constater qu'il n'y avait nulle part trace de récidive, Ainsi donc, ce fait sur lequel nous insistons, car il est unique jusqu'à présent; montre que l'on peut espérèr une survie notable
elinne guérison peut-être définitive, après l'ablation d'un cancér de l'intestin grêle: j
* Dans tous nos autres cas, ou bien la io survint du fait:de l'opération, ou bien il y eut une récidive rapide. La statistique n'est donc pas brillante jusqu'à présent. à
1883. Schede : 1 résection, 1 guérison.
1897. Hahn : 1 entéro-anastomose. Mort de cé en 10 heures.
1894. Merill Rickets : 1 résection. Mort de choc en 10 heures.
11902. Farquhär : Gurtis: 21 éséction: 1 nb opératoire; a:mois après, irécidive..s elictu a lin: ons ha ral
1900 . Kukula }: rrésection:1 ben: RATE rapide:
- 1893: Morton : Entérostomie.:. Mort 3 mois après! Lee fs
- Les:2 morts:immédiates (Halin; Merill Rickets) s! bete Lie bien paï ce fait que:les malades étaient en occlusion au moment de l'intervention; ces malades sont incapables dé ‘supporter une opération un tant soit peu longue et seule l'entérostomie ou l’entéro-anastomose, avec intervention secondaire, peuvent donner des résultats dans ces cas; Hahn n'avait cependant fait que l'entéro-anastomose, mais l'opération avait duré 1 heure un quart: or, nous croyons que bien peu de cancéreux en occlusion pourront jamais supporter une intervention aussi longue ; a fortiori, la mort était presque inévitable dans le fait de Merill Rickets, qui fit chez sa malade, en occlusion depuis 15 jours, une entérectomie avec entérorraphie immédiate. Au contraire, les 3 malades de Schede, Kukula et Farquhar Curtis, qui n'étaient pas en période d'occlusion, ont bien supporté l'intervention ; seul Ie malade de Schede guérit à longue échéance; celui de F: Curtis fut revu 5 mois après avec une réci: dive certaine ; la malade de Kukula récidiva rapidement et succomba à l'intervention secondaire complexe que lui fit subir ce chirurgien.
Il nous semble que les indications du rue peuvent ‘être posées de la façon suivante : 1°) Si le malade est en période d’oc. clusion, faire l'opération la plus courte possible : laparotomie, détermination rapide du siège de l'occlusion; l'entérostomie, ou tout au plus entéro-anastomose si le malade offre quelque résistance. Si à la suite de l'entérostomie ou de l'entéro-anastomose le malade se rétablit suffisamment, intervention secondaire et éventuellement résection intestinale et entérorraphie ; 2°) si le malade n'est pas en période d'occlusion : laparotomie, détermination du siège de la tumeur et de ses connexions; si elle est jugée inopérable, entéro-anastomose ou même .gastro-entérostomie pour.une tumeur de l'angle duodéno-jéjunal (comme dans le cas de Kukula); si, au contraire, lenéoplasme est enlevable, deux cas peuvent se présenter : si le malade est assez résistant, entérectomie avec résection cunéiforme haute du.mésentère (voyezles sarcomes), suivies soit d’enté-
rorraphie circulaire, soit de la fermeture des deux bouts et de l’entéro-anastomose latérale ; si le malade est affaibli et qu'une intervention trop longue soit jugée dangereuse, entérectomie. simple et fixation des deux bouts de l'intestin dans la plaie ; secondairement, traitement de cet amas contre nature, ceci n'étant qu'une application particulière à l'intestin grêle de la méthode préconisée par Mikulicz et Greismith pour les cancers du gros Intestin.