‹ Les Tumeurs Malignes Primitives de l'Intestin GrêleChapitre 23 sur 48 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° Les tumeurs malignes primitives de l'intestin grêle {(duodénum excepté) sont relativement rares comparées à la fréquence de celles du gros intestin. On peut décrire deux variétés différentes de ces tumeurs : les sarcomes et les épithéliomas. Les sarcome sont: relativement beaucoup plus fréquents que les tumeurs épithéliales, ce qui est le contraire de ce que l’on observe sur le gros intestin. Les sarcomes se rencontrent surtout chez l'adulte; cependant il n'est pas rare d’en trouver chez les enfants ; au contraire, l'épithélioma est presque exclusivement signalé chez l'adulte et, le vieillard. > Au point de vue anatomo-pathologique, le sarcome peut se rencontrer sous deux formes différentes : la forme circonscrile, où il n'existe qu'une seule tumeur avec ou sans métastases ganglionnaires ou viscérales ; la forme diffuse, où l'ou rencontre sur l’intestin grêle une série de tumeurs du même type histologique. Ces formes différentes du sarcome sont bien tranchées au point de vue anatomique, mais dans la grande majorité des:cas leurs signes cliniques;se: confondent. Le sarcome primitif de l'intestin grêle envahit en général toute l'épaisseur de la paroi intestinale, mais 1l ne provoque que très rarement un rétrécissement serré ; au contraire, il produit souvent une dilatation anévrismale de l'intestin. 8° Les signes cliniques auxquels donnent, naissance les sarcomes de l'intestin grêle sont assez variables. Cependant 1l faut noter l'absence presque constante de phénomènes de sténose, bien expliquée par l'anatomie pathologique. La présence d'une lumeur, souvent volumineuse, presque toujours nettement perçue, est un symptôme pour ainsi dire constant ; elle est même quelquefois le seul signe physique de la maladie. Viennent ensuite les troubles digestifs (diarrhée, constipation), les phénomènes géné: raux de cachexie, la fièvre, et des symptômes. accessoires et moins constants : ascite, indicanurie.

LD

Le diagnostic clinique est fort difficile à cause de la rareté même de cette variété de tumeurs ;on a surtout confondu les néoplasmes avec les différentes formes de tuberculose péritonéale et intestinale, avec les autres variétés de cancer du tube digestif et, chez la femme, avec les tumeurs utéro-annexielles. Le pronostic est très grave, car la marche du sarcome de l'intestin grêle est le plus souvent très rapide (de % à 6 mois au maximum).

%° Le traitement chirurgical est justifié par quelques rares observations où l'on à pu observer unesurvie prolongée (Hahn, Mikuliez). Le traitement radical ne doit jamais être tenté dans la forme diffuse, mais réservé à la forme circonserite sans métastases trop étendues. Il consistera dans l'exérèse large du néoplasmeavec ablation simultanée des métastases mésentériques accessibles ; on rétablira ensuite la continuité de l'intestin par une entéro-anastomose latérale ou une entérorraphie circulaire. Le succès de l'opération dépendra surtout de la précocité et de la largeur de l'intervention ; le traitement palliatif sera l’entéro-anastomose de préférence à l'entérotsomie, s'il existe des accidents d'occlusion, ce qui est exceptionnel.

5° L'épithélioma primitif du jéjuno-iléon, bien plus rare que le sarcome, forme en général une tumeur beaucoup plus petite que le sarcome et de plus rétrécit le calibre de l'intestin dans la moitié des cas ; il peut former, comme le sarcome, des tumeurs multiples. Les symptômes auxquels il donne naissance sont le plus souvent des phénomènes d'occlusion aiguë ou chronique par sténose intestinale ; tous les autres signes (perception d'une tumeur à la palpation, amaigrissement el cachexie, melæna) sont secondaires el peuvent manquer. Le traitement de cette variété de tumeur maligne primitive de l'intestin grèle se confond avec celui du sarcome ; cependant, comme les phénomènes de sténose intes Uünale sont ici plus fréquents, les indications de l'opération palliauüve et en particulier de l'entéro-anastomose sont plus fréquentes. On ne peut juger des résultats éloignés du traitement radical de l'épithélioma de l'intestin grêle, c'est-a-dire de l’entérectomie avec entérorraphie consécutive, que par une seule observation favorable, celle de Schede. Va)

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