‹ Les Tumeurs Mixtes de la Parotide (Nature Histologique et Pathogénie)Chapitre 18 sur 48 · NT EE · texte numérisé non relu

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entièrement inelus sous le premier arc. Ces débris tégumentaires formeront des tumeurs qui sembleront être développées dans la profondeur de la parotide. Ce sont les tumeurs mixtes parotidiennes. à

En bas, la première fente branchiale disparaît: l’are maxillaire inférieur se soudant à l’arc hyoïdien. Cette fente disparaît par déplissement dans certains cas par enclavement dans d’autres, les téguments de la première fente restant inclus par cette union. Les débris tégumentaires inclus forment des épithéliomas branchiaux et les tumeurs mixtes de la glande sous-maxillaire.

Les études de Veau ont été faites sur des embryons de 9 millimètres, 45, 50, 80, 90, 12 centimètres, 18 centimètres.

Cette théorie explique les rapports des tumeurs mixtes avec la glande, leur siège à son contact plutôt qu’à l’intérieur et la présence de tissus multiples puisque l’appareil branchial est constitué d’épithélium pavimenteux stratifié, cylindrique et d’un axe conjonctivo-vasculaire, Peaucoup d’auteurs se sont ralliés à cette théorie. Reclns en 1903, Le Dentu en 1905 et parmi eux Chevassu a été et reste encore un de ses plus fidèles défenseurs. C’est qu’en effet de graves critiques ont été formulées contre l’origine branchi:le des tumeurs du cou par l’Ecole de Montpellier, s’appuyant sur les travaux embryologiques du professeur Vialleton. Les recherches du professeur Vialleton sur le « rôle topographique des arcs viscéraux et la formation du cou » (1908) et l’article des professeurs Forgue et Massabuau sur les tumeurs branchiogènes du cou (1908), montrent que cette théorie, si séduisante qu’elle soit ne peut vas être acceptée d’une façon absolue. Le professeur Vialleton en effet s’est élevé contre la notion de l’are branchial admise jusqu’en 1908, faisant de cet arc un tout bien différencié avec épithélium pavimenteux stratifié, épithélium

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cylindrique et axe conjonctivo-vasculaire, répondant à des parties du cou comme l’ont voulu démontrer les schémas faux de Cusset, de Sutton. L’entité de ces arcs viscéraux est absolument arbitraire, d’abord parce que ces ares branchiaux sont très éphémères et que nous n’avons que des ébauches, des rudiments d’arcs branchiaux. « Chez l’homme, Soulier et Bardier ont montré qu'ils ont déjà disparu sur des embryers de 14 millimètres alors que les carti'ages ne fort leur spparition qu’au £stase de 19 millimètres ». De plus, de bonne heure, les parties constituantes de ces arcs se disloquent chez les amniotes. « Le cou, disait M. Vialleton, dans une communication à la Société des sciences médicales de Montpellier (décembre 1907) est une néoformation produite par l’étirement d’une zone de substance intercalée chez les mammifères entre le troisième et le quatrième arc aortique: cet accroissement a écarté ces deux arcs, l’un de l’autre et déterminé la formation de la carotide primitive. Le troisième arc aortique est ainsi porté assez haut dans le cou tandis que le quatrième

passe dans le thorax. Cet accroissement succède à la pé-

riode dans laquelle les arcs branchiaux perdent leur forme extérieure tandis que leurs parties constituantes (are aortique, poche branchiale, et axe mésodermique}) s’écartent les unes des autres de sorte que l’arc se disloque et perd son individualité ».

ette nouvelle conception de la formation du cou et du rôle topographique des arcs branchiaux ébranle considérablement la théorie de Veau qui a pour base des constatations faites sur des embryons de plus de 14 millimètres, stade auquel les ares ont disparu en tant qu’arcs distincts. Elle compromet aussi la théorie générale des branchiomes puisque la partie antérieure du cou, depuis l’hyoïde à la clavicule est une formation étrangère aux arcs branchiaux.

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Mais il y à plus: s'appuyant sur les recherches de M. Vialleton, MM. Forgue et Massabuau ont montré que le premier arc viscéral ne peut pas venir se souder à la masse | proto-vertébrale par dessus le deuxième au niveau de la région parotidienne et qu’il ne peut y avoir d’enclavement du premier sillon branchial qui puisse donner naissance aux tumeurs mixtes de notre région. Les auteurs donnent trois raisons pour réfuter la conception de Veau:

1° La partie centrale du premier sillon, celle qui fait suite à la fente auditive (et il ne peut être question que de celle-là), est trop éloignée de la région proto-vertébrale trop antérieure pour qu’une union soit possible.

2° Pendant la plus grande partie de l’existence des arcs branchiaux, la première proto-vertèbre reste bien au-dessous de la région qui répond au premier arc viscéral (voir ‘es figures de l’Atlas de Kollmann, fig. 194, 195, 201). Sur . un embryon de 15 millimètres, il n’y a pas de sillon parotidien,- celui-ci apparaît ultérieurement chez le fœtus déjà âgé et est le résultat de la saillie de la branche montante du maxillaire inférieur.

3° Enfin, entre le maxillaire et la masse proto-verté- ‘brale, s’interpose le muscle sterno-mastoïdien.

Il semble qu’à la suite de toutes ces attaques, les restes branchiaux ne devaient pas prendre le rôle prépondérant que ses auteurs et ses défenseurs lui donnent dans les tumeurs embryonnaires du cou. [Il n’en est rien car elle rallie à l’heure actuelle encore beaucoup de partisans. Chevassu répondant aux objections que nous venons de résumer, reconnaît fort bien que l’interprétation des figures de Veau peut être diseutée et que l’appareil branchial a une existence très éphémère chez l’homme, mais il n’en persiste pas moins à croire que l’appareil branchial, si précocement qu’il disparaisse, peut laisser des débris dans

M TL diennes de l’intimité de ces éléments ; en. de nombreux points des éléments épithéliaux à disposition glandulaire semblent donner naissance sans discontinuité à des amas d’aspect typiquement malpighien. En d’autres, des globes épidermiques se trouvent noyés au milieu d’un tissu d’aspect tout différent formé de cellules indifférentes comme le montre notre figure n° I. Comment attribuer à des éléments différents l’origine de tissus si intimément confondus (comme le veut la théorie branchiale faisant dériver les éléments épithéliaux cylindriques de l’entoderme des arcs, les éléments épithéliaux pavimenteux de leur ectoderme). Et l’hypothèse d’une commune origine dans des cellules qui donnent naissance aux deux formes de tissus ne satisfait-elle pas mieux l’esprit. | ‘ Les théories nodale et blastomérique s’inspirent, il est vrai du même principe. Les cellules nodales sont des cellules en puissance de plusieurs tissus. Mais, comme nous le développons plus loin, pourquoi faire remonter au premier stade du développement embryonnaire où aucun organe n’est encore formé, un vice de développement qui porte seulement sur une région bien précise. Nous trouvons qu’à la conception de la tumeur mixte, tumeur d’une région, régionome de Nadal, que nous admettons d’ailleurs entièrement, convient peu une origine si précoce, une « défectuosité architectonique » du stade nodal ou blastomérique. Dans ce dernier cas, pourquoi n’aurions-nous pas des tumeurs mixtes dans toutes les régions de notre organisme et ne les rencontrerait-on pas plus souvent dans la nomenclature de nos tumeurs? Nous préférons, au contraire, supposer au régionome une origine locale, régionale si l’on peut dire, et réserver à la pathogénie des tumeurs embryvonnaires plus complexes un trouble de développement nodal ou blastomérique.

La théorie des germes glandulaires embryonnaires adop-

EN 60 Lou tée par beaucoup d’auteurs n’est pas spéciale anx tumeurs mixtes salivaires. Nous avons vu qu’elle avait été invoquée pour les tumeurs du rein, du pancréas, de la thyroïde. Elle vient d’être démontrée à propos de certains adénomes de l’ovaire, de certaines tumeurs mixtes du testieule. Wilms et Lecène l’adoptent pour expliquer la genèse des tumeurs mixtes de la glande mammaire. On sait que l’ectoderme de la paroi thoracique donne naissance à des bouræeons embryonnaires aux dépens desquels se développera la glande mammaire. Si quelques éléments de ces bourgeons restent inutilisés, ils fourniront en proliférant plus tard des tumeurs à tissus complexes (éléments épithéliaux plats, tubes glandulaires, éléments conjonctifs). Wilms explique ainsi la genèse de bien des adénomes du sein. Aucune critique grave n’a été formulée contre cette vieille théorie des germes glandulaires embryonnaires qui est la conception d’un auteur français en 1897, reprise plus tard en 1902 par un auteur allemand et plus amplement développée et elle nous paraît à l’heure actuelle être l'hypothèse la plus rationnelle tendant à expliquer la pathogénie des tumeurs mixtes parotidiennes.

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