‹ Les Tumeurs Mixtes de la Parotide (Nature Histologique et Pathogénie)Chapitre 22 sur 48 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Fibro-myxome ‘avec travées nettement épithéliales. Cellules d'aspect malpighien. Cordons cellulaires à type d'épithélioma à cellules basales,

La tumeur est constituée par deux sortes d’éléments: 1° un stroma conjonctif polymorphe; 2° des travées de cellules d’aspect épithélial.

Le stroma conjonctif est principalement constitué par du tissu fibreux. En certains points, ce tissu subit une sorte d'infiltration ædémateuse qui aboutit à des zones d’aspect myxomateux constitué par des cellules étoilées et un réticulum très serré au sein d’une substance fondamentale amorphe. Pas de cartilage.

Les travées d’aspect épithélial constituent l'intérêt fondamental de la tumeur. Elles se présentent d’abord sous la forme d’amas cellulaires compacts qui présentent la structure suivante: les cel-. lules ont une forme assez régulièrement polygonale et leurs dimensions sont à peu près égales. Le noyau occupe le centre de l’élément. Il est bien coloré présente un fin réticulum chromatique. Le protoplasme prend aussi parfaitement les colorants. Bien que n’ayant pas de membrane périphérique, les cellules sont distinctes les unes des autres. Ce sont là des amas de cellules dites « indifférentes » qui ont été considérées par les divers auteurs tantôt

Dre comme des cellules endothéliales tantôt comme des oies épithéliales néoplasiques d’origine glandulaire.

Dans certains de ces cordons “cellulaires, les éléments peuvent

présenter diverses modifications. En certains points, les cellules de ces travées ont bien le type polygonal assez régulier que nous venons d'indiquer, mais les cellules périphériques, celles qui reposent Sur le tissu conjonctif ambiant et qui forment la limite des masses cellulaires, prennent un aspect un peu allongé ou cubique. Dès lors, ces amas cellulaires ressemblent tout à fait aux cordons que l’on rencontre dans les épithéliomas pavimenteux dits « épithéliomas à cellules basales ».

En d’autres points, au sein des amas épithéliaux se dessine une cavité arrondie dans laquelle se trouve une matière muqueuse ou des détritus cellulaires et qui est limitée par des cellules qui ont une forme cubique basse et étalée de telle sorte que la présente formation prend l’aspect d’un tube glandulaire. En réalité, il s’agit là incontestablement d’un pseudo-tube glandulaire dû à l’aplatissement et à la disposition des cellules des travées autour d’une petite masse dégénérée.

Un autre point est encore à signaler: dans certaines travées voisines du stroma conjonctif œdémateux, il se fait une véritable dissociation des éléments cellulaires polygonaux qui apparaissent séparés les uns des autres par de petits espaces linéaires caractéristiques. Dans ces espaces intercellulaires, en maints endroits, on constate l'existence de filaments protoplasmiques multiples réunissant deux éléments cellulaires voisins et qui rappellent les ponts protoplasmiques des cellules malpighiennes de la peau.

Dans d’autres travées enfin, particulièrement étroites, les celjules se sont aplaties et forment des éléments allongés, encastrés les uns dans les autres, mais en aueun point ces éléments n’ont subi de dégénérescence cornée ni ne se disposent sous la forme de globe épidermique.

A la périphérie de certains cordons cellulaires, les cellules se dissocient et s’isolent dans le tissu conjonctif. Elles perdent même leur caractère régulièrement polygonal pour prendre un aspect un peu étoilé qui pourrait, au premier abord, les faire prendre

pour des cellules conjonctives. Mais ces dernières se reconnaissent toujours à leur forme plus allongée et à la coloration moins vive de leur noyau et de leur protoplasma.

En résumé, la nature épithéliale des cellules des travées, nous paraît ici indubitable. En aucun point on ne peut trouver la genèse des éléments cellulaires aux dépens des cellules épithéliales ou des cellules conjonctives.

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