OBSERVATION V
Fibro-myxo-chondro-ostéome. Ligures d’épithéliomas à cellules basales. Glolbes épidermiques. Tubes pseudo-glandulaires. Tissu à aspect chorio-épithélial. Pseudo-endothéliomes.
La tumeur est constituée par un stroma mésodermique formé de tissu fibreux, de tissu muqueux bien caractérisé et de larges plaques de cartilage hyalin. En un point même, il existe quelques travées de tissu osseux.
Les éléments cellulaires de la tumeur se présentent ici comme “dans les autres tumeurs mixtes sous la forme de cordons cellu-
laires et d’amas cellulaires qui présentent les divers aspects suivants: En certains points, ces tissus sont constitués par des cellules assez régulièrement polygonales, bien colorées, nettement séparées les unes des autres et qui répondent au type maintes fois décrit de cellules indifférentes. Mais dans certaines zones l’aspect des cellules se modifie: elles deviennent plus petites et plus serrées les unes contre les autres, les mytoses atypiques apparaissent, le polymorphisme cellulaire devient plus considérable et en certains points à la limite des travées, les séparant plus ou moins du tissu conjonctif, on note la présence de cellules cubiques rappelant les cellules basales de l’épiderme. La morphologie de ces cordons est celle des épithéliomas pavimenteux appelés épithéliomas à cellules basales.
En d’autres points et notamment dans certains petits îlots disséminés au sein du tissu cartilagineux ou du tissu muqueux, on trouve fréquemment des cellules pavimenteuses à type malpighien qui ne laissent aucun doute sur la nature des proliférations cellulaires de la tumeur. On peut même voir dans certains amas des amorces de sphérules épidermiques.
Ailleurs, nous retrouvons dans les cordons cellulaires les figures de dégénérescence habituelle de ces tumeurs mixtes c’est-à-dire que l’on voit apparaître des cavités dues à des dégénérescences cellulaires. Ces cavités sont revêtues par des cellules néoplasiques qui prennent une forme cubique ou aplatie, l’ensemble constituant un tube pseudo-glandulaire.
Nous devons signaler en un point de la tumeur, notamment au niveau et à la périphérie de certains îlots de cartilage, l’existence de tissu extrêmement riche en vaisseaux, contenant de véritables lacunes vasculaires gorgées de sang. Au contact de ces vaisseaux et dans leur voisinage, existent bien isolés des autres éléments cellulaires, de grandes plaques protoplasmiques à contour irrégulier, de volume variable et renfermant des noyaux multiples. À côté de ces plasmodies véritablement isolées dans le tissu conjonètif, nous trouvons, au contact des vaisseaux, des bandes protoplasmiques allongées, multinuclées et qui présentent un aspect syncitial bien caractéristique. Il s’agit ià de tissu d’aspect chorio-épithélial très rarement signalé dans les tumeurs mixtes des-glandes salivaires,
Au sein du tissu cartilagineux et du tissu muqueux et surtout à la limite des placards, on trouve des formes allongées, véritables fissures lymphatiques dans lesquelles on peut observer les dispositions suivantes: quelques-unes sont bourrées de cellules épithéliales néoplasiques, disposées plus où moins en file indienne dans la fente étroite, celle-ci ne présentant aucun revêtement endothélial reconnaissable. Dans d’autres points, ces fissures lymphatiques sont remplies encore par des cellules néoplasiques, mais on distingue à côté d'elles et revêtant la cavité, des cellules endothéliales augmentées de volume et hyperplasiées. Enfin il existe quelquesune de ces fentes qui sont vides et dans lesquelles on ne perçoit que l’endothélium de revêtement hypertrophié. On ne peut songer à voir dans ces figures le point de départ endothélial des cellules de la tumeur. Il s’agit, comme nous l’avons vu souvent, de la propagation par infiltration des cellules néoplasiques dans les fentes Jymphatiques dont l’endothélium irrité par cette invasion prolifère et s’hypertrophie plus ou moins, se mélangeant ou non aux cellules épithéliales proprement dites.
A signaler encore qu’en certains points existe une véritable dissémination des cellules épithéliales de la tumeur, isolées au sein du tissu cartilagineux ou muqueux. Mais ik est toujours possible par leur volume et leur coloration de distinguer et dissocier ces éléments avec les cellules conjonctives proprement dites.
En résumé, il s’agit ici de tumeur mixte indubitable dont les caractères principaux sont:
1° Présence de cellules pavimenteuses typiques ;
20 Existence en un point de tissu d’aspect chorio-épithélial rare dans ce genre de néoplasme ;
3° Existence de figures montrant très nettement que les proliférations endothéliales que l’on peut trouver dans ces tumeurs, ne sont pas le point de départ des proliférations cellulaires néoplasiques.