‹ Les tumeurs osseuses dysgénétiques (ou ostéomes) du sinus frontalChapitre 10 sur 36 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Exostose du sinus frontal. MM. Mourer et DEJEAN

(Rev. dO.N.0., vol. IV, n° 8, pages 585-602, 1926)

Ch... Joseph, 36 ans, à Taurynia (Pyrénées-Orientales). Entre au service d'’oto-rhino-laryngologie le 25 octobre 1925, envoyé par le Docteur Devèze, de Perpignan, pour crises épileptiformes par exostose intra-cranienne.

Opéré en avril 1923 par le Docteur Espinouze, de Perpignan, qui constate les faits suivants : OD et OG : milieux et fond d'œil normaux. OG exophtalmie inféro-externe extrême. Le globe oculaire est exorbité à cause de la présence d’une tumeur volumineuse occupant la moitié du rebord orbitaire interne, la moitié interne et les 2/3 antérieurs du plafond de l'orbite, de la paroi latérale interne de la cavité orbitaire. Elle présente une large base d'implantation intéressant la moitié de l’étendue du frontal, la moitié antérieure et les 2/3 supérieurs de la paroi latérale interne de l'orbite. Elle fait corps avec le sinus frontal correspondant, au point que le sillon du bord orbitaire supérieur est à ce niveau totalement inexistant.

L'ablation en masse rendue impossible, la loge orbitaire à pu être dégagée par l’ablation au ciseau et au maillet de larges fragments osseux plongeant dans la cavité.

Le malade fait débuter son affection en 1915. À cette époque, traumatisme de la région frontale gauche par un éclat d’obus.

Dans la suite le malade observe que l’œil gauche pleurait de temps en temps et que la conjonctive rougissait.

Ces troubles, au lieu de disparaître, vont en s’accentuant. En 1918, il constate que l’œil fait saillie ; un gonflement apparaît à l'angle supéro-interne de l’orbite.

L'exophtalmie s’accentuant, le malade consulte le Docteur Espinouze, de Perpignan, en 1923 (février). Ce dernier propose une intervention qui est acceptée (avril).

Après l'opération, tout rentre dans l’ordre ; pas d’exophtalmie, pas de larmoiement, pas de diplopie. Quelques céphalées passagères, diffuses et peu intenses, seulement.

En août 1925, les céphalées reprennent plus intenses. Pas de vertiges, pas de vomissements, mais perte de la mémoire, irritabilité. Au début d'octobre 1925, crises d’épilepsies généralisées semble-t-il. Accès très rapprochés pendant trois jours.

Le malade entre dans le service le 25 octobre.

Antécédents. — Rien d’important à noter.

Etat actuel. — Le malade répond très mal à l’interrogatoire. Mémoire diminuée. Céphalées diffuses. Pas de vertiges. Pas de vomissements. Température : 37°.

Examen général. — Réflexes normaux. Sensibilité normale. Colères fréquentes. Affectivité diminuée.

Examen local. — Légère tuméfaction dure, lisse de l’angle supéro-interne de l'orbite gauche. Pas de paralysie oculaire, pas de diplopie. Vision normale.

Rhinoscopie. — Rien de pathologique dans les fosses nasales.

Examen ophialmologique. — Exophtalmie considérable. déviation en bas et en dehors ; pas de diplopie. VOD = I: VOCAL

Milieux et fond d’œil normaux des deux côtés.

Ponction lombaire. — Liquide clair, hypertendu.

Wassermann négatif.

Analyse chimique : albumine 0 gr. 45 par litre. Chlorure : 76 par litre.

Examen cytologique : 4 éléments.

Ops. 3. — Fig. 1. — Aspect de l’ostéome enlevé : face antérieure.

Os. 3. — Fig. 3. — Microphotographie, coupe de l’ostéome à la limite de l’os compact et de l’os spongieux.

O8s. 3. — Fig. 4 — Microphotographie, coupe de l'os compact montrant la présence de canaux de Havers abondants,

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