‹ Les tumeurs osseuses dysgénétiques (ou ostéomes) du sinus frontalChapitre 11 sur 36 · EE · texte numérisé non relu

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Radiographie. — On note que la tumeur fait corps avec la paroi du sinus.

Intervention le 13 novembre 1925.

Anesthésie éther-chloroforme.

Incision longeant le sourcil et se prolongeant en bas sur l’os propre du nez. Elle passe par la cicatrice de l'intervention antérieure. Décollement des tissus et rugination. On tombe sur la tumeur osseuse. Recherche du plan de clivage que l’on trouve ; on dégage le pourtour à la gouge pour l’énucléer. Cette énucléation de la tumeur est impossible, car elle est adhérente en bas dans la masse latérale de l’ethmoïde, en dedans elle fait corps avec la cloison intersinusale, en arrière elle se confond avec la paroi postérieure du sinus. La cavité sinusienne est presque complètement occupée par la tumeur, il persiste seulement une cavité à l’angle externe du sinus.

L'ablation en masse étant impossible, on la fragmente au moyen du ciseau et du maillet. La cloison intersinusale étant enlevée, on curette le sinus du côté opposé ; en arrière la méninge cérébrale est dénudée sur une large étendue (3 à 4 cm). En bas, on parvient à énucléer un fragment assez volumineux qui plongeait dans l’ethmoïde.

Nettoyage de la cavité. Attouchement des méninges dénudées à la teinture d’iode. Mèche frontale et mèche nasale (iodoformée). Pas de suture. Pansement.

Suites opératoires.

Le 14 novembre 1925 : Pas de fièvre. Pas de vomissements. Le malade à très bien supporté l’intervention.

Le 21 novembre 1925 : Sutures secondaires. Drainage naso-

frontal.

= Suites normales. Amélioration au point de vue psychique. Pas de crises d’épilepsie depuis l'intervention.

Le malade quitte le service le 22 janvier 1926, bien cicatrisé ; état général et local satisfaisants.

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — La tumeur est formée de plusieurs petites masses osseuses. Après fixation dans l’alcool durant plusieurs jours, elles sont plongées dans une solution d'acide ni-

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trique à 5, dans l'alcool à 70°, pour décalcification. Ce n’est qu'au bout de 6 à 8 jours qu’elles furent assez molles pour être coupées. Après traitement habituel par alcool et xylol, les pièces sont incluses en paraffine et débitées en coupes. Les colorations utilisées pour l'étude des préparations ont été l’hématéine éosine, le picro-noir naphtol, l’hématoxyline phosphotungstique et l’éosine orange bleu de toluidine.

On observe dans les coupes deux zones différentes par leur densité et leur dureté ; l’une plus sombre est formée d'os compact ; l’autre, plus claire, est de l’os spongieux. La figure 6 représente une coupe située à la limite de ces deux tissus. Les deux tiers supérieurs de la coupe sont constitués par des travées osseuses courant au milieu d’une substance médullaire ; elles sont anastomosées entre elles et avec les saillies de la zone compacte. Le tiers inférieur est occupé par du tissu osseux compact typique avec lamelles osseuses serrées, juxtaposées autour de canaux de Havers. Les canaux sont arrondis si la coupe est perpendiculaire à leur axe, allongés si elle est oblique ou tangentielle. La structure est analogue à celle de la diaphyse des os longs, sauf pour l'orientation des canaux de Havers, qui n'est point régulière et ne paraît obéir à aucune systématisation. Sur une même coupe on rencontre côte à côte des sections perpendiculaires, tangentielles et obliques de ces canaux. L'irrégularité se poursuit dans l’architecture des lamelles osseuses qui très souvent ne sont pas concentriques autour des tubes vasculaires, mais suivent toutes sortes de directions, comme s’il s'agissait d’un os mainte fois remanié.

Les corpuscules osseux sont disposés le long des travées d'osséine comme dans le tissu normal. On distingue par endroit leurs innombrables prolongements canaliculaires sous forme d’une très fine striation.

Les travées osseuses de la zone spongieuse (fig. 7) ont une structure à peu près analogue à la précédente, sauf absence de canaux de Havers. Les lamelles osseuses sont presque toujours orientées parallèlement à la surface voisine. Elles renferment des ostéoblastes allongés dans le même sens.

Les lacunes médullaires occupent dans la portion spongieuse une plus grande surface que l’os lui-même. La moelle contenait une forte proportion de issu adipeux, disparu sous l'influence des réactifs. Il reste un réseau de tissu conjonctif avec nombreux vaisseaux, des globules rouges, quelques leucocytes, surtout des osiéoblastes tout le long des travées connectives.

La couche fibreuse située au contact des travées osseuses est particulièrement dense. On observe facilement dans les préparations colorées au picro-noir-naphtol les faisceaux des fibres collagènes qui la forment, dont quelques-uns sont tellement adhérents à l’os sous-jacent qu'ils paraissent engagés dans sa substance. De nombreux ostéoblastes, tantôt globuleux, tantôt aplatis comme les cellules osseuses, sont rangés en file parmi les faisceaux conjonctifs. Il s’agit là d’un tissu ostéogène. Les travées osseuses s’accroissent par leur pourtour et gagnent progressivement en étendue sur les aréoles médullaires. IT'est donc probable que la portion compacte est la plus ancienne ; la portion spongieuse est plus récente, et tend à devenir compacte. Cette hypothèse est vérifiée par la constatation suivante : les travées osseuses sont d'autant plus épaisses qu'elles sont plus rapprochées de l’os compact.

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