‹ Les tumeurs osseuses dysgénétiques (ou ostéomes) du sinus frontalChapitre 7 sur 36 · EX · texte numérisé non relu

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liers dans leur orientation et coupés dans toutes les directions.

Les deux masses osseuses doivent donc être considérées comme un ostéome compact dont le point de départ ne peut être déterminé à coup sûr. On peut cependant supposer avec beaucoup de vraisemblance qu'il s’est développé aux dépens du périoste fronto-orbitaire.

La région la plus intéressante au point de vue anatomopathologique est certainement l’angle supéro-interne de l’orbite. Les masses d’os mou ou fongueux que l’on a trouvées au cours de l’opération dans cette zone et jusqu’à l’intérieur de l’ethmoïde d’une part et à la dure-mère de l’autre, ont l’aspect général d’un ostéome spongieux. La figure 5 représente une parcelle de ce tissu néoformé. De nombreuses travées osseuses sillonnent la masse dans tous les sens ; mais la substance médullaire qui les sépare en occupe la plus grande étendue. Les travées sont formées de lamelles osseuses juxtaposées et orientées presque toujours suivant la plus grande longueur. Au sein de ces lamelles apparaissent de nombreux corpuscules osseux aplatis suivant la direction des lamelles ovalaires, ou bien même arrondis comme des cellules cartilagineuses. Parfois les prolongement canaliculaires leur donnent l'aspect étoilé de l’os normal. Il n’y à pas de canaux de Havers dans les travées osseuses.

La substance intermédiaire aux travées qui correspond à la moelle de l’os spongieux normal n’est pas ici une véritable moelle. C’est un tissu fibreux dense (fig. 5 f, d) formé de faisceaux conjonctifs très serrés, coupés tantôt en long, tantôt en travers. Des vaisseaux sanguins plus où moins volumineux parcourent ce tissu ; leur situation de prédilection est le voisinage immédiat des travées osseuses. En divers points ils ont donné naissance à des épanchements sanguins importants, où l’hémorragie a parfois disséqué les fibrilles.

Le tissu fibreux n’est cependant pas partout aussi compact ; on rencontre, en certains points (fig. 5 {, c), un réticulum conjonctif à mailles arrondies renfermant aussi parfois des épanchements sanguins Les mailles de ce réseau ne peuvent

CAUSSE

LAIT être confondues avec des cellules adipeuses à cause de leur faible dimension. En réalité, il n’y a nulle part, dans cette moelle, de tissu adipeux. Nulle part elle ne revêt le type classique de la moelle rouge, ou gélatiniforme, ou adipeuse, ou même fibreuse, car ici les éléments constituants de la moelle ont totalement disparu pour faire place à un tissu fibreux très dense et pour ainsi dire fibromateux. Nulle part de cellules médullaires, point d'’ostéoblastes, ni de leucocytes, ni de myéloblastes ; les fibres emplissent tout l’espace.

Le point de contact entre ce tissu fibreux et les travées osseuses ne présente pas les signes d’une évolution quelconque de l'os adjacent. Il n’y a point certainement de formation ostéoplastique, car on n’observe pas un seul ostéoblaste. Il n'y à pas davantage de résorption osseuse, car les ostéoclastes ou les lacunes de Howship sont totalement absents. Ici la formation osseuse est donc ancienne et ne subit plus aucune évolution. S'agit-il d'une ossification antérieure d’un tissu déjà fibreux ou de la transformation complètement fibreuse d'une moelle chroniquement irritée ?

Cette lésion est comparable à ces exostoses spongieuses qui prennent naissance au cours d'ostéites chroniques, la moelle ayant subi dans la suite une transformation fibreuse. Le voisinage immédiat d’un volumineux ostéome exerçait évidemment une irritation mécanique constante sur l'os spongieux de cette région. Cet os a réagi finalement par une organisation fibreuse totale de sa moelle qui constitue dans ce cas un véritable tissu cicatriciel fibreux. Enfin l’absence d'infection expliquerait la pauvreté en éléments cellulaires et l’évolution si particulière de cette moelle.

OBSERVATION III MM. Mourer et DEJEAN

(Soc. d'O.N.O. du Sud-Est, séance du 6 nov. 1926, Montpellier ; Rev. d'O.N.O., t. V, pp. 138-141, fév.-mars 1927)

G... Ernest, 38 ans, employé à la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. à Nîmes, vient consulter, le 8 août 1926, au cabinet du Professeur Truc. L'un de nous l’examine et constate les signes évidents d’une tumeur de l'orbite droite, exophtalmie considérable et irritation des paupières et de la “cnjonctive de ce côté. Le malade est hospitalisé.

À son entrée à la Clinique ophtalmologique, il est examiné par M. Villard. Il se plaint de déformation de la région orbitofrontale droite, et de baisse de l’acuité visuelle de l’œil droit.

Comme antécédents on note que sa mère est morte paralysée. Lui-même a eu la fièvre typhoïde dans sa jeunesse. Pas de traces de syphilis.

Il fait remonter son affection à novembre 1925 et l’attribue à un accident survenu quelque temps auparavant : chute sur le bord d’une portière de wagon et lésion de l’arcade sourcilière gauche, En novembre 1925, sa famille remarque une saillie exagérée de l’œil droit. Le 23 février 1926, il consulte un oculiste de Nîmes, qui prescrit un traitement spécifique. 11 absorbe successivement de l’élixir d’Eret, de l’iodone Robin et subit des injections de Novargyre et d’Enésol. Il continuait ce traitement durant son service normal à la Compagnie et ne voulait pas l’interrompre pour des motifs d’intérêt personnels. Mais devant l’inefficacité absolue du traitement, et l’aggravation progressive du mal avec œdème des paupières depuis deux jours, il vient consulter à Montpellier.

Etat actuel. — Sujet petit, assez amaigri, bon état général.

ŒŒil droit. — Exophtalmie considérable ; le globe est dévié en bas et en dehors. Paupières tuméfiées par un œdème inflammatoire. La conjonctive est infectée.

La palpation indique une tuméfaction dure, nettement perceptible au doigt, entre le rebord orbitaire et le globe, dans l’axe supéro-interne. Dans cet espace, l’index, conduit de haut en bas, sent un ressaut sur une saillie dure. La pression du globe n'obtient aucune réduction de l’exophtalmie. Pas de pulsation ; pas de thrill ; pas de bruit de souffle à ce niveau. Le tonus oculaire est normal.

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