I. — KYSTES A VÉGÉTATIONS INTERNES
Ce groupe de kystes peut présenter plusieurs variétés : ou bien les j végétations internes sont exclusivement glandulaires et Ton a affaire > aux kystes proliférants de Paget, ou bien des néoformations glandu- j laires et papillaires se rencontrent côte à côte dans la cavité du i kyste.
A. — Kystes à végétations internes glandulaires. — Dans cette va- j riété on trouve à la surface interne des loges kystiques une foule de petites végétations lisses, unies en passe de devenir des kystes. Ceux- ; ci proviennent des tubes glandulaires de nouvelle formation dont les orifices s’obstruent et se ferment tandis qu’à leur extrémité opposée qui se termine en cul-de-sac ils se dilatent et se distendent. Ces végétations glandulaires ont des formes et un volume très variables ; très petites et paraissant presque solides, elles sont situées à côté d’autres j plus volumineuses, plus molles et présentant l’aspect de petits kystes séreux. Sur une coupe d’ensemble la tumeur est remarquable par l’abondance de matériaux solides qui la constituent, tandis que les ! cavités kystiques peuvent être très petites et parfois même nécessiter j l’emploi du microscope pour être aperçues.
Cet aspect macroscopique est surtout l’apanage des kystes à végétations glandulaires complexes. Dans ce cas on trouve des productions endogènes sessiles et sphériques rappelant plus ou moins les carac- ! tères du kyste qui leur a donné naissance et une seconde forme de > kystes pediculés, petits, en grappes et à parois minces (1).
On rencontre une foule d’autres végétations glandulaires, formes ï de transition entre les petits kystes simples, sessiles et les kystes coin- i plexes, pédiculés, arborescents.
Hunter a préparé un kyste type de la première forme. Large, avec des parois dures, épaisses, lamelleuses, ce kyste présente à sa surface interne beaucoup de petits kystes sessiles de différentes grosseurs et : diversement groupés ; ceux-ci remplissent complètement la cavité çlu
(1) Paget. Lecture on surgical pathology, p. 420.
kyste primitif; beaucoup d’entre eux sont sphériques ou déformés par une compression réciproque et dans l’intérieur de beaucoup d’entre eux on trouve des kystes de troisième ordre, mais à parois beaucoup plus minces. Ici les kystes endogènes proliférant à l’intérieur paraissent avoir rempli presque complètement la cavité du kyste primitif, parfois même ce remplissage est complet. D’autres fois il ne reste plus au milieu qu’un espace étroit limité par les kystes endogènes, implantés sur toute la paroi du kyste et s’accroissant en convergeant.
Dans le second type à kystes endogènes petits, à parois minces, pédiculés et en forme de grappes on voit la paroi interne complètement couverte par une couche épaisse et serrée de vésicules transparentes piriformes, pressées l’une contre l’autre et superposées; c’est là une variété simple de ce groupe dont les plus compliquées sont composées de kystes par milliers et groupés en de grandes masses dendritiques, verruqueuses qui remplissent presque complètement la cavité du kyste.
On trouve aussi des formes mixtes dans lesquelles le kyste primitif porte en un point des kystes membraneux sphériques ou ovoïdes, développés dans l’épaisseur même de la paroi, au voisinage de la surface interne repoussée à l’intérieur où elle fait une légère saillie. En d’autres points de ce même kyste on trouve des groupes de petits kystes en forme de feuilles, suspendues à un pédicule mince.
A côté de ces mêmes végétations glandulaires ou bien sur un autre point de surface interne on peut rencontrer des végétations papillaires ou bien l’on ne rencontre que ces sortes de végétations, les formes glandulaires manquant.
B. — Kystes à végétations internes papillaires. — Tantôt la surface interne de ces kystes ne présente que quelques rares végétations verruqueuses, simples, disséminées, de faible volume; parfois ce sont des granulations extrêmement fines, tantôt au contraire la néoformation conjonctive prolifère activement et donne naissance à des excroissances papillaires très complexes, dichotomisées à l’infini et présentant une foule de découpures. Ces productions vont rapidement en augmentant et tandis que dans une poche kystique on ne rencontre que quelques fines végétations papillaires, dans une autre on trouve des amas de végétations serrées les unes contre les autres W. 2
au point de combler entièrement la cavité kystique. Dans d’autres kystes voisins la poche est rompue en plusieurs points, et les papilles font saillie à la surface sous la torme de choux-tleurs plus ou moins volumineux. La nature des choses nous amène ainsi à les étudier.