II. — KYSTES A VÉGÉTATIONS EXTERNES ET INTERNES
Les végétations externes ne seraient que l’irruption au dehors d’excroissances papillaires de la surface interne (Peaslee). Cette opinion est exagérée, car si les végétations internes sont plus fréquentes que les externes, il n’en est pas moins vrai que celles-ci peuvent exister sans rupture du kyste; bien plus les auteurs ont rapporté quelques exemples où les végétations externes existaient seules. MM. Malassez et de Sinéty qui ont très bien étudié ces sortes de tumeurs ont toujours constaté l’existence ou bien des formations endogènes seules ou bien la présence simultanée des formations endogènes et exogènes ; ils n’ont jamais rencontré ces dernières isolément.
Les kystes à végétations internes et externes peuvent offrir un volume variable ; ils ont depuis la grosseur d’une mandarine, du poing, d’une tête de fœtus ou d’enfant jusqu'au volume des plus grands kystes de l’ovaire. Dans ces derniers, on ne rencontre, quand elles existent, que de très petites masses de végétations papillaires, sous la forme d’une petite mûre, d’une minuscule châtaigne, ou de petites papilles filiformes, mamelonnées et déchiquetées. Toutefois d’une façon générale les kystes sont plus petits ; la raison en est bien simple ; c’est que le processus qui aboutit à la formation des grands kystes est un processus de simplification, tandis que la végétation est au contraire l’indice d’une complication de texture.
L’aspect macroscopique extérieur des kystes végétants dépend et du nombre et du volume de la nature des végétations extra-kystiques. Disséminées çà et là à la surlace des kystes on trouve parfois des végétations glandulaires sous la forme de kystes séreux dont le volume varie depuis la tête d’une épingle jusqu’à celui d’un pois ou d’une noisette. On trouve ces formes de transition depuis la paroi interne, dans l’enveloppe kystique jusqu’à la surface externe.
Toutefois, c’est surtout les végétations papillaires que l'on ren-
contre à la surface des kystes ; elles ont un aspect villeux, dendritique, caverneux et présentent un volume qui varie entre celui d’une aiguille et la grosseur d’un œuf de poule et même des deux poings; elles sont sessiles, simples, disséminées ou bien pédiculées, nombreuses et grosses au point de recouvrir entièrement toute la surface extérieure des kystes ovariens. Quand elles ont acquis ce développement elles présentent une apparence toute spéciale qui les a tait désigner sous le nom de végétations en chou-fleur.
Aucune comparaison ne pourrait mieux rendre l'aspect extérieur, la configuration complexe que présentent ces sortes de néoformations.
Nous avons dit précédemment que ces végétations pouvaient exister en même temps que les végétations papillaires internes sans rupture du kyste, mais qu’elles pouvaient aussi provenir des végétations endogènes qui rompaient la poche kystique.
Dans ce cas la surface d’implantation qui était d’abord concave et correspondait à la paroi interne du kyste prend bientôt une forme convexe et les excroissances semblent s’être développées à la surface externe de la tumeur.
Supposons que des végétations papillaires existent et se développent simultanément à la surface interne et à la surface externe d’un petit kyste, qu’arrivera-t-il ?
Tout d’abord la néoformation aura bientôt fait de combler la cavité kystique et pour peu qu’on tarde à extirper le néoplasme on aura de ces tumeurs solides essentiellement végétantes, en chouxfleurs que l’on désigne sous le nom clinique de papillomes.