‹ Les tumeurs végétantes de l'ovaireChapitre 8 sur 21 · III. — TUMEURS VÉGÉTANTES PRESQUE EXCLUSIVEMENT SOLIDES · texte numérisé non relu

III. — TUMEURS VÉGÉTANTES PRESQUE EXCLUSIVEMENT SOLIDES

11 existe une variété de carcinome primitif de l’ovaire qui affecte la forme du papillome ; dans ce cas la masse papillomateuse est entièrement et essentiellement solide, tandis que dans les papillomes résultant de la dégénérescence cancéreuse de kystes ovariques on peut souvent rencontrer une portion de la poche primitive. Nous avons dit plus haut que les masses végétantes intrakystiques trop volumineuses pour la poche qui doit les contenir rompent ces barrières, perforentlesparoisetfontirruptionau dehors sous formes de masses végétantes en chou-fleur ou de champignon qui peuvent acquérir un

volume considérable. Les végétations sont molles grisâtres, d’aspect encéphaloïde, pressées les unes contre les autres et dichotomisées à l’infini.

Dans son traité des « Maladies des organes génitaux de la femme », page 452, Schrœder donne une gravure qui représente admirablement l’aspect que présentent ces sortes de néoplasmes. L’ovaire droit est le siège d’un énorme papillome, 1 ovaire gauche présente seulement quelques petites végétations; quelques productions du même genre se rencontrent au niveau du péritoine voisin.

Les papillomes résultant de la dégénérescence des kystes de l’ovaire ne se rencontrent guère que chez les femmes qui sont dans la période de la vie génitale, par conséquent toujours après la puberté; tandis que le carcinome primitif de l’ovaire à forme papillomateusç survient à tout âge et peut se montrer avant la puberté et chez l’enfant.

Nous avons dit plus haut que cette dernière forme est rare, aussi nous expliquons-nous cette phrase de M. Poupinel (1) : « Danscertains papillomes énormes de l’ovaire, ayant l’aspect de superbes chouxfleurs implantés sur l’un des ovaires ou plus souvent sur les deux les végétations externes peuvent, il est vrai, attirer toute l’attention, mais en y regardant de plus près on finit toujours par trouver au niveau des points d’implantation des choux-fleurs une ou plusieurs cavités kystiques plus ou moins considérables présentant toujours des végétations internes plus ou moins abondantes ; donc il n’y a pas de tumeurs végétantes solides non kystiques ».

Au point de vue anatomo-pathologique dans les kystes proliférants glandulaires le revêtement épithélial envoie dans le stromades masses épithéliales tubulées comme les canalicules d’une glande (aspect adénoïde) ou des bourgeons épithéliaux pleins qui donnent à la tumeur tous les caractères microscopiques des carcinomes (aspect carcinomateux). Ces dernières tumeurs sont aussi malignes que tous les can cers, certains cas présentent une effrayante malignité (2).

Dans les kystes végétants papillaires et les papillomes le stroma conjonctif vasculaire se développe isolément et parfois d’une façon con-

(1) G. Poupinel. Remarques sur l’anat. path. et le pronostic des kystes mucoïdes de Povaire. Revue de chirurgie, 1887.

(2) Ernst Cohn. Les tumeurs de mauvaise nature de Povaire (. Zeitschrift fur Geburtsclùlfc und Gynœhologie. Heft. 1.)

siclérable et donne naissance à des végétations papilliformes. Ces végétations d’après Coblentz présentent souvent un appareil vasculaire complet, ce sont de véritables papillomes.

« Toutefois cette séparation des kystes végétants glandulaires et papillaires ne peut s’appliquer à la description anatomo-pathologique du plus grand nombre des kystes de l’ovaire. Cette description peut rendre de grands services pour l’étude de l’évolution des tumeurs en question, mais en réalité les formes kystiques glandulaires ou papillaires pures sont tout à fait exceptionnelles.

« Le plus souvent un épithélioma kystique de l’ovaire est extrêmement compliqué dans sa texture. La constitution habituelle de la plus grande partie de la tumeur est celle des kystes mucoïdes ordinaires, mais en certains endroits de ta paroi on trouve l’aspect adénoïde, en d’autres et souvent au voisinage des précédents l’aspect des coupes sera celui du carcinome et d’ordinaire les végétations ne seront pas purement conjonctives, leur structure sera mixte. »

« En définitive les différentes parties constituantes d’une tumeur épithéliale de l’ovaire peuvent évoluer simultanément et également, ou l’une de ces parties peut acquérir une certaine supériorité sur les autres. On peut ainsi interpréter la diversité d’aspect et de composition que présentent macroscopiquement et microscopiquement ces tumeurs » (1).

Histologiquement les tumeurs végétantes de l’ovaire sont des adénomes, des papillomes ou des carcinomes.

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