‹ Les tumeurs villeuses du rectumChapitre 23 sur 29 · PERSONNELLE · texte numérisé non relu

PERSONNELLE

Tumeur villeuse en voie de dégénérescence secondaire. — Echec de la radiothérapie. — KFractionnement de la tumeur par la fulguration. — Persistance après trois ans d'un moignon purement néoplasique et métastase récente sur la paroi opposée du rectum. — Troubles fonctionnels modérés. — Etat général satisfaisant.

M. S.., âgé de 60 ans présente depuis 1922 quelques troubles rectaux qu'il néglige : envies fréquentes d'aller à la selle, garde-robes striées de sang et suivies de l'évacuation d'un liquide glaireux ; pas de constipation ; bon état général (69 Kkg.).

Le malade est vu pour la première fois à la consultation du Docteur Bensaude (hôpital Saint-Antoine) le 31 octobre 1924. L'examen rectoscopique décèle entre 14 et 19 cm.,sur la paroi antérieure et débordant latéralement, une tumeur du volume d’un œuf de poule, d’aspect végétant, de consistance molle et saignant facilement.

Depuis cette époque jusqu’au dernier examen (mars 1927) on ne constatera aucune modification ni de l’état général qui reste satisfaisant, ni des signes fonctionnels qui ne s’aggraveront ni ne s’amenderont. Par des examens rectoscopiques successifs on sera frappé par l'immobilité des lésions locales qui se montreront particulièrement résistantes aux thérapeutiques employées et qui ne présenteront également aucune tendance à l'extension.

Fulguration (le 19 novembre 1924). — L'opération est rendue délicate en raison du siège élevé de la tumeur ; on procède à un étincelage à travers-le restoscope introduit jusqu’à 25 cm. Cette intervention n’est suivie d'aucune modification des troubles fonctionnels.

Examen rectoscopique (24 février 1925). — La tumeur a certainement diminué de volume et présente dans sa partie gauche et inférieure des traces de fulguration. On voit à droite, au delà de 15 cm., une exulcé- ? ration d’un demi em. de diamètre et sur la paroi postérieure, aux alentours de 13 em., une petite plaque d’aspect diphtéroïde. Il s’agit là, ou du reliquat de petites tumeurs villeuses aberrantes, abrasées par l’étincelage, ou plus vraisemblablement de traces de brülures sur une muqueuse saine, la fulguration ayant été aveugle à travers le tube rectoscopique.

En septembre 1925 le malade est soumis à huit séances de te

rapie profonde (D' Solomon) : irradiation sacrée gauche et droite ; distance focale, 30 cm. ; étincelle équivalente, 40 cm. — 7.000 R. en trois heures d'irradiation totale —. Plusieurs examens rectoscopiques (15 et 31 octobre, 1° décembre 1925) permettent de constater une diminution notable de la tumeur ; il ne reste que quelques petites végétations, rouge-vif, saignant facilement, sur un placard irrégulier et bosselé, infiltrant la muqueuse qui a perdu sa souplesse.

Devant ces résultats favorables on renouvelle le traitement radiothérapique en décembre 1925 et en mars 1926 (13.000 R. et 14.000 R.). Mais ces deux dernières séries restent totalement inefficaces. Les examens rectoscopiques pratiqués à intervalle régulier montrent que la tumeur, réduite par la première série à un placard légèrement saillant de consistance un peu dure mais non cartilagineuse, ne diminue plus de volume, pas plus qu’elle ne s’étend.

Malgré de nouvelles fulgurations et des séries de radiothérapie profonde, l’état local reste inchangé jusqu’à la date du dernier examen (août 1927), l’état général du malade restant satisfaisant et les troubles fonctionnels modérés. On constate à cette date une métastase à caractères purement néoplasiques sur la paroi rectale opposée.

Examen histologique. — La tumeur a été étudiée par des biopsies successives. Sur la première le dessin des villosités, qui seules avaient été abrasées, apparaît au faible grossissement tout à fait normal. Les villosités sont régulières, bordées d’un épithélium unicellulaire, non bourgeonnant. Mais à un grossissement plus fort certaines cellules de revêtement apparaissent très atypiques : cylindro-cubiques, noyaux volumineux, vacuolaires, mitoses nombreuses ou anormales. Ces indices de malignité se limitent à certaines fractions du revêtement épithélial qui partout ailleurs est normal, fait de hautes cellules cylindriques prenant fortement les colorants.

Une deuxième biopsie fournit une image assez particulière. Une couronne de villosités, régulières dans leur dessin, entoure un centre de végétations adénomateuses. À un examen plus minutieux on trouve également par place des signes cellulaires de dégénérescence maligne, autant sur les villosités périphériques que sur les images glandulaires centrales.

Des biopsies ont été pratiquées après le traitement radiothérapique. Les villosités superficielles sont totalement abrasées. Les pseudo-acini néoplasiques persistent dans la profondeur du stroma, moins nombreux et enserrés dans un tissu de sclérose épais. Les cellules qui bordent leur lumière offrent l’image de l'évolution carcinomateuse la plus typique. On voit par larges zones un tissu d'apparence angiomateux, fait de nombreux capillaires dans un tissu conjonctif jeune.

La biopsie de la métlastase récente a révélé un épithélioma cylindrique glandulaire sans la moindre structure villeuse,

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