INTRODUCTION
maintenant, les caractères anatomo-cliniques essentiels que tous les auteurs s'accordent à attribuer à la tumeur villeuse du rectum et qui nous ont servi de critérium dans notre diagnostic.
Trois faits différencient nettement ces tumeurs villeuses des autres néoformations rectales, et en particulier de l’adénome et du cancer. Etiologiquement elles sont presque exclusivement l'apanage de l’âge adulte et de la vieillesse. Macroscopiquement elles doivent leur physionomie très particulière au fin chevelu de villosités qui forment leur surface, lesquelles sont tantôt mobiles comme les franges d'une anémone de mer, tantôt agglutinées par un mucus visqueux ; et si ce caractère échappe à l'observation clinique, il attire l'attention des le premier examen microscopique, les fines proliférations villeuses, insérées sur un stroma conjonctif, constituant parfois à elles seules toute la tumeur. Cet aspect macroscopique avait d'ailleurs frappé tous les auteurs, aussi la dénomination de tumeur villeuse créée par Holmes en 1858 est-elle restée classique. Ajoutons enfin un dernier caractère histologique : ces végétations demeurent longtemps purement superficielles, sans pénétrer dans les couches sousjacentes. Ce sont ces deux dernières particularités anatomiques que Quénu et Landel ont voulu mettre en valeur en proposant le terme d'épithélioma superficiel végétant.
Avant de terminer cette courte introduction nous voudrions eæprimer à nos Maîtres qui nous ont facilité cette étude, toute notre reconnaissance. Nous aimerions que M. le Docteur Bensaude qui nous a inspiré cette thèse, considérât ce travail comme le témoignage de notre profonde gratitude et de notre très respectueuse affection. M. le Professeur Lecène a enrichi notre documentation et nous a guidé de ses conseils dans notre étude histologique et dans notre exposé thérapeutique ; nous lui en sommes infiniment reconnaissant ej nous le remercions très respectueusement d’avoir bien voulu présider notre thèse. Enfin que notre Maître et Ami, M. le docteur Cain, à qui nous devons un grand nombre de nos préparations histologiques, soit assuré ici de notre cordial attachement et de nos vifs: remerciements pour le concours amical qu'il a bien voulu nous
prêler.
Les tumeurs villeuses partagent avec les autres affections du rectum (hémorroïdes, rectites, cancer) un syndrome rectal commun, dont les hémorragies, les modifications des selles, les écoulements, les phénomènes douloureux constituent les éléments essentiels. Cependant, comme à chacune de ces affections, il st quelques symptômes qui lui sont plus propres et dont l’importance, la persistance ou le caractère particulier doivent attirer l’attention et orienter l’examen. À ce titre il en est trois qui semblent présenter une importance spéciale, les écoulements muco-glaireux, le prolapsus et, beaucoup plus rarement, l’élimination spontanée de fragments de la tumeur. On insistera plus longuement sur ces points.
Dans un chapitre ultérieur on verra ce qui, dans cette symptomatologie, s’applique plus exactement à chacune des variétés de tumeurs villeuses et on étudiera l’évolution particulière à chaque forme. Dans les lignes qui vont suivre, on ne présentera donc qu’un exposé analytique de tous les signes qui peuvent traduire la présence d’une tumeur villeuse à son début et à la période d’état,.
ETIOLOGIE
Ces néoformations se développent exclusivement chez l’adulte et le vieillard : le tabieau suivant met bien ce fait en relief :
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(1) Empruntées au Traité de Quénu et Hartmann, aux Thèses de Monod et de Galard.
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Près de 85 % de nos observations ont donc trait à des sujets de plus de 45 ans. La tumeur villeuse apparaît ainsi à l’âge du cancer, et, comme elle constitue, bien après ce dernier d’ailleurs, la tumeur rectale la plus fréquente, on conçoit que de ce fait le diagnostic se pose souvent entre ces deux affections.
Il est une autre remarque qu’appelle cette constatation; la tumeur villeuse commence à peine à survenir lorsque est déjà dépassé l’âge de l’adénome. Quénu et Hartmann apportent en effet l'observation d’une tumeur villeuse chez une jeune femme de 28 ans et un cas d’adénome chez un sujet de 26 ans. Ce sont là des cas extrêmes. Notre plus jeune malade avait 38 ans. Cette différence mérite d'être notée dès maintenant, et nous aurons à la rappeler lorsqu'on étudiera plus loin les rapports de la tumeur villeuse et de l’adénome.
Le sexe ne paraît Jouer qu’un rôle très secondarre. Notre statistique concerne 22 hommes et 15 femmes, proportion que nous avons retrouvée approximativement dans l’ensemble des observations où le sexe est mentionné. Sans admettre avec G. Gant un rapport du simple au double, on peut estimer qu'ici également, comme pour le cancer et l’adénome, l’homme est plus souvent touché que la femme.
Nous ne parlerons pas des causes prédisposantes, l’étiologie des tumeurs villeuses partageant l’obscurité qui entoure l’origine des tumeurs en général. Aucun des facteurs occasionnels qui ont été invoqués tour à tour, hémorroïdes, rectite, constipation, ne paraît avoir une constance suflisante pour qu’on soit autorisé à en tenir compte.