‹ Les Turcs, ce que fut leur empireChapitre 2 sur 31 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

De telle sorte que, par accoutumance, ces gens n'expriment jamais leur pensée véritable, même en face de personnes dont ils n'ont rien à redouter. Le chrétien se tient sur la défensive, le Turc est agressif. La vie pour l'Oriental est un perpétuel marchandage, et plus l'objet est d'importance, plus le marchandeur déploie de ruse, d'astuce, d'indifïérence apparente.

Dans le monde officiel avec lequel ambassadeurs, ministres, consuls et fonctionnaires européens de tout rang sont en contact, on ne voit que des Orientaux européanisés, ou du moins ayant toutes les apparences de l'être, se faisant une tâche de copier nos manières, de sembler penser comme nous, de parler nos langues, non seulement dans leurs termes, mais dans leur esprit; et il en résulte qu'à moins d'avoir passé de très longues années dans le même poste, d'avoir appris le parler, visité le pays dans les détails, le diplomate vit l'atmosphère du boulevard parisien et des chancelleries de nos pays, en compagnie des gens plus boulevardiers encore que lui-même.

A Gonstantinople, à Téhéran, le diplomate français est toujours à Paris, l'Anglais à Londres, l'Italien à Rome. Il se fait autour de chacun un petit cénacle, on se prête les revues et les journaux, on cause de la grande politique européenne ; mais on ne parle que bien peu des petites affaires du pays.

Les drogmans européens des ambassades et des consulats, par le fait même qu'ils parlent les langues indigènes, pénètrent plus avant dans la connaissance

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