‹ Les Turcs, ce que fut leur empireChapitre 6 sur 31 · PREFACE XIII · texte numérisé non relu

PREFACE XIII

s'avança vers l'Asie Mineure. Mais, en route, ces tribus s'étaient grossies des vaincus convertis de force à l'Islam, turquifiés, et c'est un mélange de toutes les races de l'Asie antérieure qui, sous le nom d'Osmanlis, se substitua aux Grecs chrétiens de Byzance.

Au contact des chrétiens les nouveaux venus s'affinèrent cependant dans la forme, leur parler abandonna ses gutturales du Djagathaï, Khanoum devint Hanem et les intonations dures de l'arabe furent atténuées; on dit Kalé au lieu de Q'al'ah, la politesse extérieure fit de grands progrès; mais la dissimulation ne connut plus de bornes.

Ce fut cependant un terrible recul pour la civilisation, car les maîtres eurent tôt fait de ramener aux mœurs barbares les gens que péniblement le christianisme tirait des ténèbres, et la loi de Mahomet, interprétée dans le sens le plus favorable aux appétits brutaux, permit aux Turcs de donner libre cours à leur paresse et à leurs passions.

Tant que les sultans, on peut dire tous les souverains mahométans furent puissants, leur morgue, leur audace, leur cruauté ne connurent pas de limites. Leurs empires avaient été fondés par la brutalité, étaient basés sur l'égoïsme le plus révoltant et leurs sujets ne rêvaient que l'anéantissement de la chrétienté, afin de pouvoir poser les armes et jouir de la vie. Mais du jour que la force matérielle de l'Islam fut brisée, les maîtres insolents se retranchèrent dans le mensonge, dans la perfidie et l'astuce auquel leur

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