‹ Les Turcs, ce que fut leur empireChapitre 7 sur 31 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

peuple était rompu par le régime même qu'il subissait depuis des siècles. C'est alors que peu à peu se créa, obéissant aux nécessités de chaque jour, cette diplomatie de la Porte ottomane, qui depuis deux cents ans se joue de l'Europe tout entière.

Le Tartare, le Turkoman saluent en croisant les bras sur la poitrine et en s'inclinant, c'est un geste de soumission, reste des rapports entre le maître et l'esclave dans les steppes de l'Altaï. Le Turc de Constantinople n'a pas conservé cet usage, il porte la main au cœur, à la bouche, à la tête, faisant montre d'exprimer ainsi que sentiments, paroles et pensées appartiennent à celui qu'il honore de son salut, alors qu'en réalité il ramasse la poussière à ses pieds pour s'en couvrir la face. Geste d'odieuse servitude, plus humble, plus vil que le salut du turcoman. Quelle qu'en soit l'origine, ce salut n'est que le plus affreux des mensonges, car tout individu, en Turquie, ne songe qu'à soimême; son cœur, il le garde, sa pensée il l'emploie à ménager ses propres intérêts ; la parole est son arme, il n'en fait usage que pour tromper, et la haine, l'envie dominent toutes les pensées.

Jadis les relations entre les Puissances occidentales et la Porte ottomane étaient très pénibles, les sultans, se sentant forts, infligeaient aux ambassadeurs eux-mêmes mille humiliations ; et il en était de même en Egypte, au Maroc, dans toutes les cours musulmanes. Ce n'est que très lentement et à la suite d'actes énergiques sans nombre que les Européens sont parvenus

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