Acte portant les signatures suivantes
Le Vicaire patriarcal des Syriens d'Adana.
Le Vicaire patriarcal des Syriens et Grecs Catholiques d'Adana.
Le pasteur des Arméniens protestants iïAdana.
Le Vicaire épiscopac
des arméniens d'Adana.
Vévêque des Arméniens catholiques éFAdana.
Le vicaire patriarcal des Chaldéens d'Adana.
A Sa Majesté Impériale le Sultan
(Copies ont été remises au Grand Vézirat. A la Chambre Ottomane, au patriarcat œcuménique, au Patriarcat arménien. Au Chef spirituel des Arméniens protestants, au Patriarcat des Syriens, au Vicariat Patriarcal des Syriens catholiques, au Vicariat patriarcal des Chaldéens, au Vicariat patriarcal des grecs Catholiques et au Patriarcat arménien catholique.)
Nos communautés paisibles furent privées de tout moyen de vivre : nos biens et meubles furent saccagés, et nos églises, écoles, maisons et boutiques ont été complètement brûlées, réduites en cendres, la plupart de nos citoyens ont été massacrés.
— Nous voulons du pain pour vivre, des logis pour habiter, des églises pour dire nos prières, des écoles pour élever nos enfants, des capitaux pour travailler et enfin de la justice pour nous assurer la sécurité de la vie.
La saison d'hiver approchant à grands pas les nécessités augmentent et notre misère s'accroît.
Nous regrettons fort que la noble nation ottomane se trouve (et se trouvera encore pour longtemps) dans la fâcheuse obligation de supporter le poids accablant des charges de secours, alors que toute la richesse et les meubles de nos communautés se trouvent cachés dans les maisons et boutiques et même dans les poches des pilleurs et des hauts fonctionnaires dirigeants.
Nous prions donc Votre Majesté de vouloir bien donner à qui de droit les ordres immédiats et voulus,
pour qu'un accueil favorable soit réservé à nos demandes sus-mentionnées.
Le 3 Agoustos 3325, (le 16 Août 1909).
Signé par :
Le Vicaire épiscopal
des Arméniens d'Adana.
UEvêque des Arméniens catholiques d'Adana.
Le Vicaire patriarcal des Syriens d'Adana,
Le vicaire patriarcal des Grecs et Syriens catholiques d'Adana.
Le pasteur des Arméniens protestants d^Adaria*
Acte adressé conjointement aux patriarcats et aux vicariats des différents cultes chrétiens à Constantinople et au chef spirituel des protestants de Constantinople.
Nous avons l'honneur de vous exposer ce qui suit:
La Cour Martiale d'Àdana se montre hésitante, indulgente dans ses actions et se montre incapable dans l'application de la justice et de l'équité. Elle professe une tendance marquée à cacher les événements criminels, ou s'il est même possible, elle tâche d'en atté-
nuerla gravité ou bien d'en changer le caractère véritable. Elle s'efforce de fermer les yeux pour ne pas voir la vérité ou défigure les faits complètement. Elle tâche d'innocenter tout à fait l'ex-Vali Djévad bey et le Général de division Moustafa Remzi pacha, sous prétexte que le premier était un incapable et le second un ramolli. Cependant le Vali n'était pas un incapable ; et nous sommes tous fermement convaincus qu'il permit volontairement ces actes d'atrocité en manquant de s'acquitter des devoirs d'un Vali. Le Général de Division Moustafa Remzi pacha n'était pas non plus un ramolli, mais c'était un organisateur d'événements de ce genre, même dans le passé. La preuve c'est qu'il conduisit lui-même les événements de Marache. Est-ce dans un but politique de vouloir qualifier ces gens-là, l'un de ramolli et l'autre dHnca~ pable? Nous craignons fort que la Cour Martiale, poussée par de pareils raisonnements, ne veuille bénévolement les innocenter complètement ou bien qu'elle ne se borne à leur infliger une peine insignifiante. — Et d'après ce que nous venons d'apprendre ce châtiment consisterait à ne plus les appeler au service du Gouvernement pendant quelques années. — Cependant il est à noter que les susdites personnes sont non seulement les provocateurs en chef et les organisateurs principaux des événements d'Àdana, mais aussi la cause absolue de l'extension du mouvement criminel dans les autres parties du Vilayet par les dépêches compromettantes et excitantes qu'ils lancèrent partout. Seulement le Mutessarif de Mersine et le lieutenant-colonel de Sélefké n'obéirent pas à leurs ordres. Lorsque le Mutessarif de Sélefké a montré au susdit colonel les trois dépêches qu'il avait reçues du
Vali d'Adana, lui intimant l'ordre du massacre général, le lieutenant-colonel lui répondit : Cet ordre émane de V infâme Hamid; montrez-moi un ordre de l'armée, je V exécuterai immédiatement... et comme un vrai patriote il défendit énergiquement les chrétiens de Sélefké et ne toléra point que des crimes se commettent dans la ville.
Nous sommes fermement convaincus que tous les actes précités furent commis par le gouverneur Djévad bey, avec la connivence du général de division Moustafa Remzi pacha. D'autant plus que les massacres commencèrent par un commandement tirez et prirent fin par un autre cessez, donnés tous les deux par le Vali soi-disant incapable et par le ramolli Moustafa Remzi Pacha! Ce sont là, pensons-nous, des actes ourdis et prémédités, plutôt que des preuves d'incapacité et de ramollissement.
La cour martiale se comporte avec une indulgence inouïe et avec clémence envers les malfaiteurs et les coupables avérés ; tandis qu'elle agit avec violence, mépris et emportement envers les malheureuses victimes, les veuves et les orphelins. Quand l'assistance du Gouvernement devrait en de pareilles circonstances être réservée exclusivement aux malheureux sinistrés, c'est tout le contraire qui se passe ici, et cela encourage les malfaiteurs, en causant une grande affliction et de la consternation aux malheureux éprouvés.
Les personnes chrétiennes qui sont appelées par la Commission d'enquête de la Cour Martiale pour y porter leur déposition ou pour être interrogées sur les événements, sont menacées et insultées avec un langage inconvenable et vulgaire : « La faute nest pas
à vous, leur dit-on t mais bien au Gouvernement qui vous a gâtés à ce point-là. Vous voulez que les plus honnêtes et les plus pieux, les Radji et les Hodja musulmans soient condamnés à mort? cela vous ferait plaisir. » Si telle est la façon de procéder de la Cour Martiale d'Adana, on peut juger celle des Commissions d'enquête fonctionnant sous ses ordres dans les diverses villes du Vilayet. La Cour Martiale est en relation intime avec les musulmans indigènes ; elle ne veut pas avoir de rapports avec nous chrétiens. 11 ne lui serait pas possible d'établir la vraie justice, car elle fait reposer ses jugements sur les anciennes pièces d'enquête dressées par l'ancienne Cour Martiale, laquelle était composée de partisans de l'absolutisme, et sur de faux témoignages portés par un grand nombre d'anciens mouchards et par certains témoins chrétiens qui déposèrent sous pression et menaces ; à cause de ces faux témoignages, nombre d'innocents chrétiens furent condamnés à la potence ou aux travaux forcés. D'autres chrétiens condamnés à la détention pourraient succomber dans les cachots du fort de Payas ; d'autres sont incarcérés à Adana. Prises de peur, nos communautés vivent dans un état d'âme bien perplexe. Aujourd'hui l'innocence des arméniens est claire comme le jour ; et bien que cela soit déjà affirmé aussi par le Gouvernement impérial, les arméniens restent toujours accusés de provocation et de désordre ; et l'on voudrait que les procès des notables prévenus arméniens aient lieu partant de ce principe.
Les nommés Kibar Oglou Mohamet et Ismaïl, Azmi gendre de ce dernier, Abdulkerim et sa sœur sanguinaire Sinem, massacrèrent et firent massacrer tous
les hommes virils des villages d'Abdi-Oglou et de Missis et du bourg de Ghayirli, ainsi que ceux demeurant dans les fermes des environs d'Àdana. Or, nous venons d'apprendre qu'au lieu de condamner ces gens à mort on se contenterait d@ leur infliger provisoirement la peine des travaux forcés.
Si cette nouvelle se réalise, le séjour des chrétiens, tant à Adana que dans ses dépendances, deviendrait impossible ; ils se trouveraient alors dans la triste obligation de quitter leur pays. Des musulmans ayant massacré 40-50 chrétiens à la fois sont punis très légèrement.
Des scélérats dont les crimes se trouvent amplement prouvés, constatés par les dépositions de nombreux témoins honorables, sont laissés libres de toutes poursuites. Des assassins qui massacrèrent et ruinèrent complètement les chrétiens dans les dépendances d'Âdana, sont mis petit à petit en liberté.
Ce serait jeter de la poudre aux yeux que d'exposer, dans la cour du Konak, quelques lambeaux de vieilles hardes et de misérables morceaux de cuivre brûlés, fondus, pour faire croire qu'on retourne les objets trouvés, alors que les biens saccagés des chrétiens sont gardés par les musulmans. Des islams, qui mendiaient dix paras dans la rue, sont devenus possesseurs de grands magasins de commerce et vivent aisément ; par contre, les riches commerçants et les banquiers chrétiens sont restés sans abri, sans maison, sur la paille, et vivent moyennant des secours et la charité publique.
Pour dénicher les auteurs des massacres et les vrais agitateurs, la Cour Martiale aurait dû recourir à d'autres moyens que celui de réclamer des témoins
aux chrétiens qui, dans l'intention de sauver leur vie, s'étaient cachés danà dés trous pendant les tristes événements.
Les nommés Bochnak Salih, Guerguerli Ali, Pamoukdji Mestelli, Kassab Déli Mehmet et son fils Hussein, Dabbagh Zadé Hadji Ali effendi, Jsmaïi Séfa, Dibbanzadé Mouhammed, et d'autres notables et des Ulémas, non seulement n'ont pas été inquiétés, mais de plus, aucune poursuite judiciaire n'a été intentée contre ces grands coupables.
Nous faisons tous nos efforts actuellement pour la délivrance des innocents chrétiens emprisonnés à Adana et dans ses dépendances et nous attendons anxieusement le résultat de nos démarches.
La Cour Martiale s'abstient systématiquement d'examiner minutieusement la question, de crainte que la vérité ne soit complètement découverte. Le salut de la patrie ne saurait admettre eii aucune façon une pareille attitude de la part die la Cour Martiale. Ces actions-là sont absolument incompatibles avec la gloire de l'ottomanisme. Le salut de Ja patrie exige l'application stricte de la justice et la mise en œuvre de châtiments exemplaires.
Le 5 Aghoustos 1325.
Le 1,8 Août 1909.
(Acte signé par tous les chefs spirituels chrétiens d' Adana.)
A Son Altesse le Grand Vizir
(Copies remises aux patriarcats arménien et arménien catholique)
Bien que l'innocence des chrétiens dans les événements funestes d'Adana soit aujourd'hui définitivement établie et que la circulaire -déclaration du Gouvernement y relative soit publiée dans le journal officiel, les chrétiens accusés de provocation et de troubles se trouvent encore détenus dans les prisons ; ce qui occasionne une vive affliction et un désespoir parmi nous.
Les dispositions de la dite déclaration n'ont pas été encore appliquées à l'égard des chrétiens qui sont toujours l'objet des poursuites judiciaires et par suite infiniment tristes et accablés.
Par conséquent, nous prions Votre Altesse, au nom du Gouvernement constitutionnel, de vouloir bien transmettre le plus tôt possible et à la plus grande satisfaction de tous les ottomans, les ordres nécessaires pour l'élargissement des prévenus chrétiens et la mise en liberté de tous les prisonniers innocents.
Le 20 Aghoustos 1325.
Le 2 Septembre 1909.
(Signé par tous les chefs spirituels d'Adana.)
A Sa Majesté Impériale le Sultan
(Copies remises : Au Grandvézirat, à la présidence du Sénat, au Ministère de l'Intérieur et aux patriarcats arménien et arménien catholique.)
Nous venons humblement attirer la plus sérieuse attention de Votre Majesté Impériale sur les faits suivants :
1* La divergence existant entre le rapport dressé par la Cour Martiale et celui de la Commission d'enquête, relatifs aux événements funestes d'Adana.
2* La non découverte des fauteurs des horribles événements, qui occupent en ce moment tout le monde civilisé.
3° La non application des dispositions édictées par le Gouvernement dans sa circulaire officielle.
Or, ce serait agir contrairement à la justice et à l'équité que de soumettre aux décisions et aux résolutions d'une pareille cour martiale (partiale), une question aussi importante qui a rapport avec le présent et l'avenir du régime constitutionnel ; que de condamner à la détention les innocents chrétiens et à la potenèe quelques-uns d'entre eux, ainsi que nous venons de l'apprendre.
Aucune conscience, aucune justice ne saurait tolérer qu'après avoir subi tant de calamités, on soit encore l'objet de telles condamnations.
Nous prions donc instamment Votre Majesté Impériale de vouloir bien transmettre à qui de droit les ordres voulus afin qu'il soit procédé à la recherche des vrais coupables fauteurs des regrettables événements, ainsi qu'à la formation d'un tribunal mixte à
Constantinople, avec débats publics, ayant mission d'examiner minutieusement et dans tous ses détails cette question vitale ; que la justice et l'équité soient définitivement établies, et qu'enfin l'exécution des sentences injustes soit remise jusqu'à l'issue des enquêtes.
Le 24 Aghoustos 1325.
Le 6 Septembre 1909.
(Signé par tous les chefs spirituels d'Adana.)
(Communication adressée au Grandvézirat, au Ministère de la Guerre, au Ministère de la Justice et aux patriarcats au sujet du fonctionnement de la Cour Martiale)
C'est avec un vif regret et avec un grand désespoir que nous avons pris connaissance des jugements et sentences rendus par la Cour Martiale et de l'attitude adoptée par elle à l'égard des provocateurs et des fauteurs des regrettables événements d'Adana. Cela nous a jeté le désespoir dans Pâme et nous a surpris étonnamment.
Cette attitude inattendue de la Cour Martiale et la tactique incorrecte suivie par elle dans cette question nous paraissent trop étranges et inopportunes ; à savoir :
1° Toute accusation mensongère ou toute plainte calomnieuse portée envers les malheureux chrétiens souffreteux, a été acceptée, poursuivie avec une fié-
vreuse activité et une grande énergie, tandis que toutes les doléances et les justes* plaintes formulées par les chrétiens contre les malfaiteurs, criminels ou assassins musulmans ont été reçues avec dédain et avec une indulgence apparente et sans borne envers ces accusés. Nous croyions que l'institution d'une cour martiale, à la suite d'événements aussi graves que monstrueux, aurait eu pour but d'appliquer la justice partout en protégeant les malheureux, les souffreteux et les personnes sans soutien, sans aide, les victimes. Malheureusement, nous avons été déçus dans notre attente et dans notre espoir de voir appliquer impartialement la justice.
2° Les dépositions dignes de foi et consciencieuses portées contre les musulmans, auteurs des massacres et compromis dans les événements désastreux ont été rejetées sans examen ; par contre, les faux témoignages des mercenaires déposés en faveur de ces hauts criminels ont été admis d'embléé sans objection aucune. ^ J
Toutes les fois que les chrétiens sont parvenus à prouver que tel musulman a massacré des chrétiens dans un lieu quelconque, à chaque occasion on s'est empressé d'acquitter l'accusé en établissant un alibi par deux faux témoins (1). Citons par exemple entre mille le cas de Tchénéssize Kévork, lequel, pour avoir tué un nègre en se défendant contre une attaque dirigée sur sa personne, a été exécuté et pendu sur
(1) On sait qu'en Turquie le témoignage des chrétiens n'est pas valable. Tandis que le témoignage de deux islams, deux passants de la rue qu'on appellerait au hasard pour faire un faux témoignage (contre la remise de 3 ou 4 francs), peut faire crouler le meilleur procès d'un chrétien. Thémis!
Tunique témoignage du Moukhtar Yonouz. Tandis que ce dernier contre qui un procès avait été intenté, sous l'inculpation de massacre d'un grand nombre de chrétiens, a été complètement acquitté, ayant réussi à prouver par les faux témoignages de certaines personnes louches, que pendant les événements funestes, le susdit Moukhar, musulman, était absent d'Adana. Or, ne trouvez-vous pas étonnant que le susdit Kévork soit condamné à mort sur la déposition du Moukhtar et que, plus tard, la prétendue absence de la ville de ce dernier soit admise par la Cour Martiale, lorsqu'il s'agissait cette fois-ci d'une plainte portée contre le Moukhtar?
3° Alors qu'on condamnait les chrétiens en se basant sur des conjonctures et sur de faux témoignages, il n'en était pas de même pour les musulmans qui n'étaient pas condamnés, malgré l'existence de plusieurs témoins sérieux. Citons, par exemple, le fait suivant :
Le nommé Assadour, orfèvre arménien, a été condamné à 15 ans de prison parce qu'on avait trouvé le cadavre d'un musulman dans un lieu assez distant de sa maison. Par contre, les femmes qui s'étaient présentées pour établir l'identité des assassins qui avaient tué la femme et les enfants du malheureux Assadour, ont été chassées de la Cour Martiale. <r Qu'est-ce que vous cherchez ici P leur disait-on ; voulez-vous que nous condamnions à mort des musulmans à cause de vos maris et de vos enfants P Allez vous occuper de vos affaires. La faute n'est pas à vous, mais bien au Gouvernement qui vous a tellement gâtées. » Quelle jolie réponse et quel loyal tribunal !
4° Au cours des recherches et des constatations faites en vue d'établir les faits criminels, tandis qu'on interrogeait minutieusement les chrétiens et qu'on les accablait afin de relever des contradictions dans leurs dépositions, on faisait par contre subir aux musulmans un interrogatoire superficiel pour la forme et ridicule dans le but de les innocenter et de les élargir. Citons quelques exemples :
A une femme qui prétendait être menée par force dans une chambre où l'on avait massacré son mari, on adressait les questions suivantes : Combien de fenêtres avait-elle la chambre où l'on vous a conduite ? Avait-elle de plafond ? De quel côté se trouvait la porte ? Combien de marches comptait-il Fescalier ? etc., etc. En un pareil moment, est-ce admissible de remarquer comme il faut les dispositions des lieux, le nombre des fenêtres, le côté de la porte ou de se rappeler du nombre des marches de l'escalier, etc., etc. ?
Quelle absurdité dans les questions posées.
Etait-ce le moment d'examiner les côtés Est ou Ouest d'une maison ? Jugez-le vous-même, s'il vous plaît.
5° Quelques cadavres de musulmans ayant été trouvés dans les Hans (auberges) dénommés Menzil et Ohan-Oglou, sis à Tarsous-Capou (à Adana), les nommés Kassab Missak, Khatcho, Artine, Ohanès et Garabet, tous bouchers de leur métier, ont immédiatement trouvé la mort sur la potence. Tandis qu'aucune poursuite judiciaire n'a été exercée contre Saaded-dine ôt ses compagnons qui ont massacré nombre d'innocents chrétiens dans des quartiers commerçants de la ville, comme ceux de Yéni-Han et
d'Adjem-Han, situés dans le centre commercial de la ville. Ils n'ont pas été inquiétés du tout.
6° Les musulmans, qui avaient attaqué à Tarsous le dépôt militaire et s'étaient emparés des fusils Martini, ont été condamnés de 5 à 6 ans de prison, sans qu'il soit tenu compte des massacres de chrétiens exécutés au moyen de ces armes. A Hadjine, au contraire, les chrétiens qui avaient échangé leurs fusils de chasse avec ceux des gendarmes, par le consentement même de ces derniers, ont été condamnés de 10 à 15 ans de détention.
7° A la suite d'une déposition fondée sur d'improbables soupçons, un chrétien a été condamné à 15 ans de prison, sous l'inculpation d'avoir tué un religieux musulman ; tandis qu'aucune décision n'a été prise au sujet de Fassassinat des 20 notables et instruits pasteurs protestants, qui ont été massacrés sans merci et avec une sauvagerie exemplaire à Osmanieh et à Sagh-Guétchid, d'une manière farouche et sans pitié.
8° Les massacres commis à Abd-Oglou et à Missis par les fils de Kibar (Mehmet etSuîeiman) et par son gendre Azmi, étaient terribles et pleins de cruautés.
Les actes de férocité commis à Ghayirli et dans les fermes environnantes par Abdal Kéhyassi Kérîm, sa sœur Sinem et par ses basses créatures, sont à faire boucher les oreilles et sont de nature à souiller l'humanité. Ils ont coupé en morceaux les hommes et les ont achevés par des tortures inouïes et par des drogues diverses ; ils ont brûlé les femmes et noyé des enfants dans le fleuve. Aucune poursuite judiciaire n'a été exercée contre eux» comme d'ailleurs aucune
mçsure pénale n'a été prise à l'égard des assassins qu ont massacré plus de 200 personnes dans les villages Tanghri- Verdi et Mihmandar. A quoi pourrait-on attribuer cet état de choses et d'autres semblables ? Nous n'avons pu éclaircir ce mystère.
9° Rien que dans la ville d'Adana, 6 églises, 2 écoles et des milliers de maisons et boutiques de chrétiens ont été incendiées, enduites de pétrole par les soins et par les ordres de Hussein eff., qui garde encore ses fonctions d'architecte de la municipalité. Aucune enquête n'a été ouverte à ce sujet.
Les islams dont les maisons pullulent de meubles et objets volés aux chrétiens ne sont pas encore arrêtés et l'on ne fait aucune remarque aux islams qui font ouvertement le commerce de bric-à-brac avec les meubles, biens et objets de valeur enlevés aux chrétiens.
10° Djévad bey, ex-gouverneur d'Adana, qui avait permis le massacre des milliers de chrétiens, l'incendie des édifices d'une valeur de quelques centaines de milles livres turques, et le pillage des meubles et biens (Je la valeur de quelques millions dp livres turques, a été mis, comme châtiment de ses crimes, en disponibilité par retrait d'emploi pour 5 ou 6 ans(lj.
(1) Nous yenons d'apprendre qu'on a accordé au fameux ex-vali d'Adana, Djévad Bey, trente livres turques (700 fr. environ) par mois, puisqu^il a été condamné à ne pas remplir ses fonctions pendant 6 ans, — Être bien payé pour avoir fait tuer 30.000 chrétiens, pour avoir ruiné une belle province de l'Empire Ottoman, et pour avoir même porté un préjudice moral d'une part et pécuniaire de l'autre au gouvernement ottoman, car les revenus de ladite province ont diminué sensiblement ! Voilà une punition vraiment sévère I
Quant au général de division Moustafa Remzi pacha qui disposait d'une force militaire suffisante pour réprimer l'insurrection, il a été condamné à 3 mois de prison seulement.
11° lhsan Fikri, le rédacteur en chef du journal Ittidal, qui par ses publications compromettantes avait agité les musulmans contre les chrétiens, a été frappé d'interdiction de séjour à Adana (1) et son collègue Ismaïl Séfa, qui par son article intitulé : Une terrible insurrection, avait provoqué le deuxième mouvement d' Adana qui a été encore plus terrible que le précédent, n'a été condamné qu'à un mois de prison.
12° Bagdadi-zadé Abdulkader et ses basses créatures, qui ont eu une part très sérieuse dans l'organisation et l'exécution des massacres, n'ont été l'objet d'aucune poursuite ou ont été reconnus innocents. Lors des premiers événements, Abdulkader, assis devant la fenêtre de sa maison, donnait des ordres tels que : « Tuez les hommes, leurs femmes et leurs biens vous appartiendront,.. » Ce fait ayant été constaté par les dépositions de plusieurs témoins, nous ne pouvons nous expliquer pour quelle raison il a été acquitté et comment ses créatures n'ont pas été soumises à aucun interrogatoire ?
13° Assaf Bey, le Mutéssarif d'Erzine, qui par ses dépêches compromettantes avait provoqué les ravages et meurtres commis dans le Sandjak de Djébéli-Béréket, ainsi qu'il est déjà explicitement exposé dans
(1) lhsan Fikri, est mort à Beyrouth en 1910, emporté par la phtisie. a trouvé dans cette mort rapide la punition de ses horrible forfaits.
le rapport officiel de la Commission d'enquête ; le dit Assaf, disons-nous, a été complètement acquitté, comme d'ailleurs ont été successivement mis en liberté la plupart des gens qui avaient exécuté ces massacres et crimes dans le ferme espoir d'exterminer la partie mâle de la population chrétienne tant à Adana que dans toutes ses dépendances.
14° Est-ce que les faits que nous venons de citer sont bien au-dessous des faits ordinaires, pour qu'on n'y attache aucune importance sérieuse ? La Cour martiale professe visiblement une tendance à acquitter absolument les grands coupables ou à ne les condamner qu'à l'interdiction de séjour ou bien à un emprisonnement de courte durée.
Nous venons donc humblement rappeler à Votre Excellence, que les châtiments infligés ne sont pas à la hauteur des crimes commis. Votre Excellence n'ignore pas que cet état de choses servirait à encourager l'audace des malfaiteurs et assassins, au grand malheur de la population chrétienne dont il rendrait le séjour impossible en cette contrée.
15° En résumé, les jugements précités sont non seulement incompatibles avec la gloire et la dignité du gouvernement ottoman, mais ils sont aussi préjudiciables pour l'avenir de la patrie. Et comme nous craignons fort, d'autre part, qu'ils ne provoquent le renouvellement de crimes et massacres de même genre et comme nous désirons le salut et le bonheu r de notre pays, nous protestons énergiquement contre lesdits jugements, et nous prions Votre Excellence, au nom de l'ottomanisme et du réel patriotisme, de vouloir bien faire procéder à la formation d'un tribunal mixte extraordinaire chargé de reviser les sen-
tences sus-mentionnées afin d'établir définitivement la justice et l'équité.
(Signé par tous les chefs spirituels d'Adana.)
Le 8 Eiloul, 1325.
Le 21 septembre 1909.
Cet acte a été envoyé à Constantinople , le 11/24 septembre 1909.
Takrir adressé à la Chambre des Députés, aux représentants de la noble nation ottomane.
Messieurs,
La population chrétienne d'Adana a été. à deux différentes reprises, abandonnée au feu, au pillage et aux massacres pendant 5 jours entiers, au commencement du mois d'avril dernier.
Des milliers de personnes de nos communautés ont été massacrées sans aucun motif plausible ; leurs meubles et objets valant quelques centaines de mille livres turques ont été pillés, saccagés et leurs maisons, boutiques, églises et écoles ainsi que leurs fermes et vignes ont été incendiées exprès au moyen du pétrole. Le vilayet d'Adana, ravagé complètement, est devenu un cimetière pour la population chrétienne. Comme vous le savez déjà, honorables Messieurs, chaque effet doit avoir sa cause, et cette cause doit être en proportion de l'effet. Cependant, nous ne voyons aucune cause plausible pouvant justifier les tristes évé-
nements d'Adana. La seule chose qui aura pu attirer ces malheurs sur nous chrétiens, serait supposonsnous, notre religion d'abord, notre tendance au progrès, notre joie excessive lors delà proclamation de la Constitution; mais ce ne sont pas là des fautes. Certains fonctionnaires de l'Etat veulent attribuer ces événements à la volonté divine, ou au hasard, pu bien à un mouvement fortuit, soudainement éclaté ; mais ces idées nous paraissent absurdes. Car nous ne pouvons pas nous imaginer que des actions aussi éminemment criminelles comme celles d'Adana soient ordonnées ou tolérées par le Tout-Puissant créateur, qui est la source même de bonté et de miséricorde. Cela est absolument impossible. Ces événements ne sont pas non plus l'effet du hasard, ni le résultat d'un mouvement imprévu. Ce n'est pas le hasard, disons-nous, parce qu'on y remarque certains indices graves de préméditation. Ce n'est pas non plus un mouvement imprévu, spontané, parce qu'on ne voit ce cas que dans des phénomènes d'ordre physique, tel le tremblement de terre.
D'autres, plus intelligents, en attribuent la cause aux ennemis de la Constitution, ou à l'ignorance complète de la basse classe, ou bien au fanatisme de la race . Pour ce qui est de la marche contre la Constitution, celle-ci, disons-nous, n'était pas une question concernant les chrétiens. La cause du nouveau régime ottoman intéresse au même degré les Jeunes-Turcs, le comité Union et Progrès, l'armée d'opération, ainsi que tout vrai ottoman. Il ne serait donc pas juste que nous périssions nous seuls chrétiens, pour la défense de la Constitution Quant aux autres motifs invoqués, tels que l'ignorance du peuple et le fana-
tisme de la race, ils ont effectivement existé de tout temps dans ces parages, sans toutefois, qu'un pareil ravage en soit jamais résulté.
Quelques agitateurs s'efforcent de présenter ces événements sous la forme d'un mouvement révolutionnaire ou d'une insurrection ou émeute, ou bien sous celle d'une aspiration d'indépendance. Cependant, il n'y a rien de plus absurde et insensé que de qualifier les chrétiens de révolutionnaires ; toute personne raisonnable ne saurait l'admettre, Car, méconnaître les bienfaits et les avantages du régime constitutionnel serait le comble de l'absurdité de la part des chrétiens.
En ce qui concerne l'insurrection et l'aspiration à l'indépendance, nul n'ignore que ce sont là des prétentions irréalisables, des utopies tant au point de vue moral que politique. Or, toute action vile tentée dans ce but par les chrétiens est inadmissible, comme d'ailleurs il est ridicule de leur imputer une calomnie mensongère. Nous sommes heureux de voir que ces calomnies ont été démenties aussi par la déclaration circulaire du gouvernement même.
Dans ces conditions, la vraie cause de ces événements constitue un mystère impénétrable pour nous et nous espérons que les députés de la nation voudront bien résoudre cette question et établir ainsi les vrais motifs des massacres d'Adana.
Nous prenons la liberté de vous exposer ci-après, Messieurs, nos observations et nos convictions personnelles au sujet de cette question, dans l'espoir qu'elles pourraient servir de base aux délibérations qui seraient entreprises par la Chambre à l'effet d'éclairer et d'établir les vraies causes de la situation.
1° Pour pouvoir commettre des ravages et déprédations aussi colossales que terribles à Adana et dans ses dépendances, les autorités locales et la plupart des notables musulmans se sont entendus pour agir d'accord.
2° Un tas de traîtres qui sont les ennemis acharnés du pays et de la nation et les adversaires terribles des chrétiens, ont lancé des dépêches calomnieuses à l'égard des Arméniens, au Gouvernement central de Constantinople.
3° La coïncidence des événements funestes d' Adana avec le mouvement réactionnaire de Constantinople prouverait l'existence d'un rapport entre les deux.
4° Au commencement des regrettables événements d'Adana, le concours et l'intervention absolue des autorités locales ont été tout à fait en faveur des pilleurs et des massacreurs en général.
5° Le fait que les massacres et les ravages et pillages ont commencé en même temps par tout le vilayet et qu'ils ont été exécutés dans les mêmes circonstances, prouve amplement que les événements étaient organisés et étudiés d'après un plan conçu d'avance.
6 e Les massacres et désordres renouvelés les 12 et 13 avril à Adana, ont été commis, en majeure partie, par des soldats turcs intentionnellement trompés, et abusés par la populace de la ville (1).
7° Les Autorités locales n'ont fait preuve d'aucune énergie dans la recherche des objets et meubles pillés
(1) Voilà encore une preuve établissant que les soldats arrivés le 12 avril à Adana ont tiré sur la population chrétienne et qu'ils ont commis des désordres. C'était l'armée de la Constitution même, arrivée pour réprimer les massacres et pour rétablir l'ordre public.
aux chrétiens dans leurs magasins et dans leurs demeures ; et pour le retour des biens à leurs propriétaires.
8° Les Cours Martiales n'ont pas agi sévèrement et avec la vigilance nécessaire pour trouver et punir comme ils le méritent les coupables, les criminels et les assassins ; par conséquent, elles n'ont pas été à la hauteur et se sont montrées incapables et injustes mêmes.
9° Les fonctionnaires qui avaient protégé les chrétiens se trouvant dans leurs quartiers, ont été destitués et remerciés.
10° Aucune populace n'oserait exécuter des désastres aussi monstrueux que ceux d'Adana et de ses dépendances, sans qu'elle soit adossée à une force supérieure, la garantissant contre toutes les éventualités.
Etant donné toutes ces circonstancès, nous nous demandons quelles peuvent être les causes des massacres d'Adana et quels en sont les facteurs et les organisateurs ? Nous vous soumettons tous les détails qui précèdent, pour qu'ils soient l'objet de Vos mûres réflexions.
Bien qu'à la suite des événements d'Adana, nombre de Cours Martiales se soient constituées un peu partout dans la province, elles ont été toutes imparfaites, incapables, et ont péché au point de vue de l'énergie et de l'équité... Elles se sont occupées de quelques assassins ordinaires, sans se livrer à la recherche des causes et des fauteurs principaux des événements. Elles ont condamné des innocents chrétiens èt acquitté des musulmans coupables avérés. Elléë ont, ou acquitté complètement ou puni légère-
ment, l'ex-gouverneur Djévad bey, le Général de division Moustafa Remzi pacha, le Mutéssarif d'Erzine Assaf bey, Ihsan Fikri le rédacteur en chef du journal Ittidal, Bagdadizadé Abdulkader, ainsi que ses acolytes. Les Cours Martiales n'ont pas réfléchi qu'en protégeant les assassins et les criminels elles entraîneraient la ruine du pays et mettraient en danger l'avenir de la Constitution. 11 serait agir contrairement à Féquité et à la justice que de passer si légèrement sur les événements criminels d'Adana qui ont souillé la Constitution ottomane et qui sont devenus pour elle une tâche accablante. Cet état de choses encouragerait l'audace des musulmans, au détriment de la population chrétienne désespérée. L'attention de tous les vilayets ottomans est fixée sur Adana. Tout le monde veut voir des actes justes à Adana. Le Tout-Puissant demande que la justice soit pleinement appliquée. Nous aimons à croire que tous nos espoirs ne seront pas déçus, et que nos demandes ne resteront pas lettres mortes.
En France, l'affaire de Dreyfus a duré des années entières. Le fils de feu Midhat pacha tâche de prouver l'innocence de feu son père. Pourquoi ne pourrait-on pas procéder à la revision de la question d'Adana en vue d'établir définitivement la vérité et la justice? Cette revision s'impose surtout pour que les différents éléments qui composent l'Empire Ottoman, puissent vivre en bonne intelligence et dans l'union désirée. Il faut attacher une grande importance à ces événements afin d'assurer le présent et l'avenir de la patrie. Le seul moyen de faire oublier les conséquences de cette fâcheuse question serait d'appliquer largement la justice et de faire preuve d'énergie. L'application de
la justice à Adana produirait son effet dans tout l'Empire, ainsi que toute injustice commise ici servirait à corrompre et ruiner tout notre avenir. L'événement criminel d'Adana met au front de la Constitution ottomane un stigmate persistant et une plaie incurable ouverte au cœur de notre chère patrie. Le seul remède efficace, c'est l'application de la justice et l'impartialité. Aucun autre moyen ne pourrait amener le résultat tant désiré. Nous demandons par conséquent, au nom de l'ottomanisme, qu'on applique l'équité et la justice pour tous et qu'on fasse preuve d'activité dans son exécution. Bref, nous supplions et nous attendons de la loyauté intègre de la Haute Chambre, l'adoption des mesures suivantes :
1° L'institution d'un tribunal mixte extraordinaire ayant mission de reviser minutieusement la question d'Adana et d'établir la vérité et l'équité et d'appliquer la justice dans toute son étendue.
2° La pendaison (pour servir d'exemple aux autres), de 40, 50 agitateurs principaux pendant les événements funestes d'Adana.
3° L'indemnisation des pertes subies par les chrétiens, moyennant le produit des amendes à infliger à tout musulman ayant participé en personne aux massacres, pillages et incendies, ou ayant permis les dits ravages par son indifférence ou par son influence.
4° La création des moyens nécessaires à l'alimentation et pour pourvoir à la sûreté des milliers de sinistrés, veuves ou orphelins, restés sans soutien à la suite des événements cruels d'Adana.
5° La prise en considération de la situation déplorable de nos commerçants et de nos fermiers, et l'a-
doption des mesures efficaces et convenables à leur égard, pour que tout le Vilayet d'Adana ne tombe pas dans une inextricable situation économique dont la réparation serait impossible pïus tard.
6° L'élaboration d'une loi, frappant de la peine de mort tout fonctionnaire civil ou militaire qui permettrait ou qui ne s'efforcerait pas à réprimer, comme l'ex-gouverneur Djévad bey et Moustafa Remzi pacha, tout massacre et pillage pouvant se produire dans le ressort de ses attributions. Cette mesure servirait à ce que les Valis, les Généraux, les Mutessarifs et Caïmakams connaissent et apprennent qu'ils ne sont pas seulement là pour toucher des allocations, mais qu'ils sont aussi des employés responsables prêts à servir le pays et la nation et même à sacrifier leur vie en cas de besoin.
D'après nos informations, l'ex-Vali Djévad bey et le Général de division Moustafa Remzi pacha, ont profité de l'absence d'une pareille loi pour s'échapper. Nous ne voulons pas que d'autres périssent comme nous. Le Vilayet d'Adana a été détruit, il ne faut pas que d'autres vilayets aient le même sort.
7° Nous nous faisons un devoir de vous exprimer notre excessif contentement et de vous faire parvenir nos remerciements infinis pour le concours prêté jusqu'à ce jourpar la Chambre Ottomane, et nous vous prions instamment de vouloir bien nous faire parvenir le plus tôt possible, le montant nécessaire pour la reconstruction de nos églises et écoles, et pour pourvoir aux besoins des malheureux sinistrés, pendant la saison d'hiver ; étant donné que les secours déjà accordés ne suffisent même pas aux strictes nécessités.
En soumettant toutes ces observations et ces demandes à vos décisions loyales, nous avons le ferme espoir que vous voudrez bien étudier et élucider toutes ces questions d'une manière conforme à l'Ottomanisme, à l'équité et à la justice, et nous combler ainsi, en même temps que tous les Ottomans, d'une reconnaissance infinie.
Le 13-25 novembre 1909.
Au nom de toute la population chrétienne douée d'un patriotisme ardent et désirant le bonheur et la prospérité de la patrie, et de la part de tous les chefs spirituels d'Adana.
(Signé par tous les chefs spirituels d'Adana.)