VILAYET D'ADANA
Au cours du récit des tristes événements qui ont ensanglanté 3a Cilicie, nous avons eu maintes fois l'occasion de citer le nom de villes et de villages qui ont terriblement souffert du carnage des Tuics. Il nous a donc semblé nécessaire de faire un peu de géographie pour éclairer le lecteur sur la position de ces malheureuses agglomérations, leur importance commerciale et leur passé historique. Une carte géographique placée au début de ce livre complétera ces renseignements.
Le Vilayet d'Adana, centre de la Cilicie, la province la plus commerçante et prospère de l'Empire Ottoman, est situé au Sud-Ouest de l'Asie Mineure, vers les rives septentrionales de la Méditerranée ; il est encadré des vilayets d'Alep, de Konia et d'Angora.
Ce vilayet est divisé en cinq Sandjaks (arrondissements) .
1° Sandjak de Mersine.
2° — d'Adana.
3° — - de Djebel-Bereket.
4° — de Kozan.
5° — de Séléfké.
Population 403400 habitants. — Superficie 40000 kilomètres carrés, divisé en 5 Sandjaks, 19 Cazas et 23 Nahiés.
A. - SANDJAK DE MERSINE.
Le Sandjak de Mersine est subdivisé en deux Cazas. 1° Le Caza central de Mersine.
2° — de Tarsous.
Les arméniens n'ont pas de localités spéciales dans le caza de Mersine. — Dans celui de Tarsous, ils habitent à Koz-olouk, et pendant la saison d'été à l'endroit dénommé Ne7?iroun, (ancien Lampron) et à Gulek (Gouglu) qui signifie Cilicie.
Mersine (ancien Zéphirion) . Est un beau petit port de mer de grand avenir, sur les côtes de Cilicie et sur la Méditerranée. Tête de ligne du chemin de fer (Mersine — Tarsous — Adana, il est appelé à être relié avec Le chemin de fer de Konia-Bagdad en construction. Il est déjà en rapports commerciaux avec l&s villes de l'intérieur de l'Asie Mineure, tel que Tarsous, Adana, Césarée de Cappadoce, etc., etc.; il fait l'exportation des produits de FAnatolie. — Elle possède environ 1200 maisons, dont 600 arabes et grecques d'Anatolie, 300 arméniennes et le reste musulmanes.
Cette ville est restée presque indemne pendant les événements, grâce à l'initiative de son gouverneur Essad Bey.
Tarsous (ancien Darson, (Tarse) était la capitale delà dynastie royale arménienne Roupinian. — Construite aux bords de Tarsous-Tchaï (l'ancien Cydnus) par les Grecis, d'autres prétendent par Sardanapale, roi éé V Assyrie, ont dit aussi qu'elle date de Sémkamis; elle est pleine de vestiges antiques. — Le roi
LES fCRCS ONT PASSÉ LA.
arménien fcéon II y Ht sacré. Il y existe des mines d'un arc de triompha édifié par Hétoum L Une pierre a été enlevée de là et conservée dans l'Eglise arménienne, elle porte l'inscription Hetoum, Roi d'Arménie. — On remarque également dans le crypte de l'Église le sarcophage de la reine Isabelle (Zabel) fille de Léon II et femme de Hétoum. — Patrie de Saint-Paul, apôtre. Ville située sur le Chemin de fer Mersine-Adana, aux bords du Djihoune. Elle existait déjà au temps de Ciéopâtre d'Égypte ; l'histoire fait mention d'un voyage qu'elle y avait fait.
Elle possède une population de 5000 maisons dont 500 arméniennes. — Ces 500 maisons eut été entièrement incendiées pendant les événements ; cependant les boutiques n'ont pas été mises à sac. Il y eut 50 à 60 tués arméniens.
L'églke historique de eette œmmun&uté qui était renommée par sa construction massive en pierre et par les richesses qu'elle contenait a été détruite par la horde vandale, les statues brisées,, les autels saccagés.
Koz-olouk, 8 ou 10 heures en voiture, était habité par les arméniens. Air suave, eau salubre, situé au milieu des bois (400 habitants) ; 80 % ont été massacrés, les maisons ont été incendiées, le bétail enlevé et le village complètement dévasté.
Nemroun (ancien La mprori), village situé à 10 ou 12 heures de voiture de Tarsous, à une altitude de 1700 mètres du niveau de la mer. C'est ici qu'est né le grand évêque arménien, Nersès de Lampron, célèbre par ses cantiques ecclésiastiques et ses dévotions. — ■ * C'est une station estivale par excellence pour les habitants de Tarsous» avec environ 150 à 200
maisons. — Une partie a été brûlée par les brigands pillards pendant les événements, une autre partie a été sauvegardée par les musulmans du village même.
Gulek (Gorges de Cilicie) Boghazi. (1) — Passage de l'Anatolie en Cilicie à travers les monts Taurus, célèbre dans l'histoire ; les petits villages qui se trouvent à proximité de ce passage portent le nom de Gulek (Cilicie). — En hiver, il n'y a presque pas d'arméniens dans ces parages ; cependant pendant la saison d'été quelques milliers d'arméniens viennent ici du côté de Mersine, Tarsous et Adana pour respirer l'air de la montagne. Toutes les maisons des chrétiens ont été brûlées et tous les arméniens massacrés.
— Aux environs de Tarsous se trouvent encore d'autres villages, tels que.
Mezar-olouk, Damlali, à 4 heures de distance.
Chakir-Pacha, (Station du Chemin de fer, entre Mersine et Tarsous).
Gueuvlek, (Station du Chemin de fer, entre Tarsous et Adana).